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Fuis-moi et je te poursuivrais

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Les traits turquoise s'emmêlaient avec ceux bleus clairs et blanc formant des arabesques et des courbes pour former une fleur d'hibiscus et sa feuille. Le tatouage s'étalait sur la nuque d'Iwaizumi, dépassant sur les côtés du cou, beaucoup plus que la zone de marquage habituel. Oikawa n'arrivait pas à détacher ses yeux de la fleur, arrivant à peine à y croire. C'était sa marque à lui qui était dessinée là, sa marque qui signalait aux autres que l'oméga était pris. Hajime était le sien, pour de vrai et non plus comme un rêve.

D'une main hésitante, comme s'il avait peur que soudain le tatouage disparaisse, il le caressa du bout des doigts, faisant violemment frissonner son, désormais, compagnon.

-Oikawa ! Averti le noiraud en se retournant pour le fusiller du regard.

-Tu es à moi, murmura-t-il savourant le sens de ces mots.

Sans donner la moindre réponse Iwaizumi se retourna vers la table basse pour reprendre sa lecture, cachant ses rougeurs et exposant de nouveau à son regard la marque. Il ne restait déjà plus rien de la morsure sanglante, la peau s'était refermée et colorée. Tooru pris d'une impulsion se pencha et embrassa la nuque. Sa langue caressa la peau goûtant le goût légèrement sucré typique des omégas et une saveur propre à Hajime. Il fut agréablement surpris, il ne s'attendait pas à ce que la nuque goûte encore comme son ami d'enfance. Maintenant que sa marque, s'y étalant, devait dégager son propre parfum prévenant qu'il était l'alpha l'ayant réclamé. Qu'il était celui avec qui le plus petit s'était accouplé.

Dans ses bras Iwaizumi frissonnait incapable de faire le moindre mouvement, laissant filtrer un faible et bas gémissement et se laissait aller contre lui. Il ferma les yeux et nicha son nez dans le creux du cou du plus petit dans un soupir de bien heureux. Tout se sentait parfait pour la première fois depuis longtemps. Il allait avoir Hajime à ses côtés et ils formeraient bientôt une vraie famille tous les trois, bientôt quatre. Il fallait juste trouver un nouvel endroit ou habiter et y déménager. Oikawa était tellement impatient, c'était tout ce qu'il avait toujours voulu en dehors du volley. Il aurait même foiré son second genoux volontairement si ça avait pu lui assurer de fonder une famille avec son ami d'enfance.

Sa famille avait accepté avec joie son projet quand il leur avait annoncé la veille, même son beau-frère assez calme d'habitude avait commencé à planifier une cérémonie. Sa sœur n'allait pas le louper quand il allait leur dire que c'était trop tard pour ça, bien qu'il les ait prévenus. Enfin il fallait qu'il dépose les papiers qu'Hajime avait signés et tous deux seraient légalement mariés. Une assurance de plus de le garder auprès de lui.

Finalement l'oméga se dégagea de son étreinte pour se remettre à lire les annonces, provoquant chez Tooru une sensation de manque. Il savait que c'était exagéré, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir repoussé et de se demander si ça ne voulait pas dire qu'il allait encore une fois se faire abandonner. Il embrassa la nuque en reprenant l'autre dans ses bras pour se rassurer que oui il était là contre lui et qu'il ne s'en irait pas. Sauf que les pensées parasites ne voulaient pas partir.

– Oikawa, grogna le noiraud en avertissement. Laisse-moi lire.

Il ne l'écouta pas, continuant de déposer des baisers et resserra sa prise. Et si Iwaizumi décidait de s'enfuir encore une fois, malgré qu'il l’ait marqué ? Après tout Hajime ne se contentait pas de ne pas correspondre à l'image typique de l'oméga, il ne se comportait pas comme tel non plus. Il était indépendant, parfois un peu violent et ne savait pas cuisiner. Tooru ne correspondait pas toujours non plus à l'image typique de l'alpha quand il geignait et boudait comme un enfant. Malgré cela ils c'étaient avoués s'aimer, et il se demandait si c'était suffisant.

– Oikawa ça suffit maintenant !

Le coup de coude dans son estomac lui coupa le souffle. C'était le genre de réaction typique d'Iwa-chan, mais il aurait dû être plus docile maintenant qu'ils étaient accouplés. Et cela effraya Tooru, parce que du coup son oméga pourrait très bien partir encore une fois.

– Ne disparaît plus jamais, souffla-t-il dans sa panique faisant l'autre se retourner vers lui les yeux écarquiller de surprise. Je ne supporterais pas que tu me fuies une fois de plus.

Il s'accrocha à son compagnon et l'embrassa désespérément, Hajime se laissa faire sentant ses peurs, se calant même un peu plus dans ses bras. Il enfouit son nez dans les courts cheveux en fermant les yeux pour mieux se concentrer sur son odorat. L'odeur de son ami d'enfance lui rappelait les moments qu'ils avaient passés ensemble blotti l'un contre l'autre. Ils avaient surmonté tellement d'épreuve ensemble avant qu'il ne se retrouve mis à l'écart.

– Promets-moi de toujours rester à mes côtés, exigea-t-il.

– Tant que tu veux de moi, marmonna le plus petit, les joues légèrement roses, sans le regarder dans les yeux.

– Je voudrais toujours de toi, avoua-t-il avant de préciser. Uniquement et seulement toi.

– Je te le promets. Alors laisse-moi lire ce que tu m'as apporté, ordonna l'oméga cassant un peu l'atmosphère le faisant geindre.

– T'es censé être docile envers moi maintenant, se plaint-il en gonflant les joues.

Iwaizumi se retourna totalement sec d'un mouvement rapide pour le fixer incrédule.

– Tu es sérieux là ? J'ai pourtant l'impression de passer mon temps à te céder ! s'insurgea l'autre. Tu n'as pas la moindre idée combien il m'est difficile de ne pas franchir les limites avec toi.

– Tu n'as qu'à pas poser des limites stupides aussi.

– Je pouvais pas savoir qu'au lieu de me détester ça t'allumerais.

Oikawa souris et l'embrassa sur la joue, le plus petit n'avait pas contredit le fait que ses limites étaient stupides.

Il comprenait maintenant les réactions de son ami d'enfance. Certes il resterait une certaine peur d'être abandonné au fond de lui pendant un moment, même s'il n'y avait plus de raison. Après tout il savait. Iwaizumi ne c'était jamais douté un instant à quel point il l'aimait déjà à l'époque, alors il était incapable d'imaginer que non il n'allait pas être dégoutté. Bien au contraire.

– Je t'aime, avoua-t-il encore une fois.

– je t'ai…

– On est rentré !

Le cri de Minoru avait coupé Hajime dans son élan et Tooru put le voir pâlir. Un coup d’œil au canapé le laissa aussi gêné que son amant. Ils avaient légèrement oublié de trouver de quoi cacher les taches. C'était vachement gênant, maintenant qu'il n'était plus axé sur un point bien précis et qu'il était complètement redescendu de sa haute.

– Hé bien je suis sûr que ta grand-mère savait que son canapé finirait taché, rit-il nerveusement.

– Tais-toi et fait quelque chose, bakawa.

La porte du salon coulissa. Trop tard, pour faire quoi que se soit.


 

Bonus :

Bien sûr Oikawa avait voulu l'accompagner et bien sûr il avait fallu qu'ils croisèrent l'alpha qui détestait les oméga. Et forcément ça avait fini par Oikawa prenant sa défense, même s'il n'en avait pas besoin.

– Tooru laisse le je lui ai déjà casser le nez la semaine dernière si en plus tu lui fous un œil au beurre noir, soupira Iwaizumi.

Son alpha relâcha sa prise sur le col de l'autre et lui jeta un dernier regard noir.

– Tss pauvre plouc, grogna l'autre comme si la minute d'avant il ne venait pas de se faire plaquer contre un mur.

Personne eut le temps de réagir que Minoru cria :

-Sale Ushijima !

Le silence parcourut tout le hall, et si tous les yeux n'étaient déjà pas fixés sur eux c'était désormais le cas. Hajime lui fixait son fils les yeux rond. Avait-il bien entendu ?

– Oh mon Dieu, explosa de rire Oikawa. Il faut trop que je raconte ça à Maki et Matsun. Ils ne vont pas le croire.

Il fallait vraiment qu'il fasse comprendre à l'enfant qu'Ushijima était un nom de famille et pas une insulte. Merci Oikawa pour ça.