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Puissance 4.

Chapter Text

- Non mais tu n’en as jamais assez ma parole ! S’énerve Yann.
- J’ai fait ce que je pensais être le mieux.
- Et manquer de briser un couple ? Bravo c’est réussi. Ce n’est pas parce que je suis ouvert d’esprit que tout le monde l’est Martin ! Bertrand ne semblait pas très bien ce soir, et je pense que tu es responsable de ça.
- Camille va bien s’occuper de lui.
- Tu lui a lancé à la figure que tu avais couché avec son compagnon ! Ne fait pas l’idiot par pitié ! Bertrand a assez souffert comme ça avec les dessous sombres de la télévision, il a aussi le droit à la belle partie et ça implique de ne pas le malmener avec tes regards charmeurs.
- Il est bon aussi dans ce jeu…
- Arrête de vouloir avoir raison bordel ! S’emporte l’animateur. Et tu as pensé à moi ? Tu as de la chance, peut-être trop de chance, qu’on ne se soit pas mis à trois pour te coller une baffe ou un coup de poing.
- Tu n’es pas contre l’idée de te taper Camille non plus, je ne suis pas le seul à sermonner.
- Sauf que je ne l’ai pas fait ! Et je respecte leur couple, et j’aimerais que tu fasses pareil ! Tu as des excuses à faire, à Bertrand, à Camille et à moi-même. Tu as dépassé les bornes cette fois, tu as rompu ta promesse… Va dormir chez toi pour cette nuit s’il te plait.

La sentence laisse Martin sans voix. Il se sent terriblement con. Non pas qu’il se trouve plus fin à profiter de son physique et de ses façons de faire, mais parce que pour une fois il a perdu. Il a perdu la confiance de Yann et l’estime de Camille et Bertrand. Son jeu ne fonctionne plus, et même pire il s’est retourné contre lui.

- Et va t’excuser !

L’ordre est la dernière phrase que Yann adresse à son compagnon, il connait ses travers et il l’en a souvent réprimandé. C’est aussi une des raisons qui l’a poussé à céder à ses avances, entre ses bras Martin ne devait plus pouvoir retomber dans ses jeux de séduction. C’était sans compter sur l’apparition soudaine de Bertrand dans sa vie. Martin n’était pas mauvais dans le fond, simplement influant et influençable, trop sûr de lui et particulièrement beau.

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« Hey ! Faudrait qu’on boive un verre tous les deux un de ces jours, tu as des dispos ? »

Le sms de Martin est tout ce qu’il y a plus banal et sans surprise, mais pourtant son simple envoi provoque en lui des sentiments contradictoires. Déjà deux jours que Yann le tanne pour qu’il s’excuse et deux jours que Bertrand évite consciencieusement ses messages ou appels. Cela ne l’étonne pas beaucoup, mais à force de réfléchir il s’est lui-même convaincu qu’ils devaient parler face à face. Les choses seraient seulement un peu plus faciles si le niçois se décidait à répondre.

- Tant pis pour toi Chameroy !

« Salut Camille, c’est Martin Weill. J’aimerais m’excuser auprès de Bertrand mais il évite tous mes messages. Tu pourrais lui en toucher deux mots s’il te plait ? »

La réponse est quasiment immédiatement et plutôt inattendue.

« Je dois le retrouver ce soir au Social Bar vers 20h, je vais avoir une bonne heure de retard ;) »

Le rendez-vous était pris, et dès le soir même. Martin s’est préparé à cette retrouvaille mais maintenant une légère angoisse lui serre la gorge. La dernière fois qu’ils s’étaient retrouvé en tête à tête ils avaient fini dans son lit. Ce soir une chose était certaine, Bertrand serait bien plus à distance.

Le Social Bar est un lieu trop bruyant, trop chaud, trop sombre. Un lieu où personne ne fait attention à personne et c’est la raison pour laquelle Camille et Bertrand s’y retrouvaient le plus souvent, passer incognito. Et quand Martin entre il ne sent aucun regard sur lui, aucun murmure, juste une envie de boire. Une bière à la main il repère Bertrand à quelques tables de lui, plongé dans ton téléphone.

- Cette place est libre ? Entonne Martin sans certitude.
- J’aurais dû me douter que tu allais finir par passer par Camille. Et je suppose que oui la place est libre.
- Je n’ai pas trop de temps, Camille ne va sûrement pas tarder.

Bertrand soupire et se replonge dans son propre verre. De toute évidence il n’allait pas lancer la conversation. Mais Martin a connu bien plus dur que lui, il sait comment s’engager, même dans les pires situations.

- Je ne vais pas passer par quatre chemins. Je tenais à m’excuser. Pour l’autre soir, ce n’était pas bien de ma part.
- C’est peu dire.
- Je sais que tu as dû découvrir une partie de moi un peu sombre, mais je te jure que ce n’était pas contre toi, je te le promets.

Le regard de Bertrand se relève quelques secondes, il sonde celui de son collègue mais il ne sait pas y déceler le mensonge ou la sincérité. Il reste muet, incitant Martin à continuer.

- Je dévie de temps en temps, normalement Yann me retient à temps, mais il était quelque peu déconcentré par quelqu’un d’autre.
- C’est bon, j’ai bien compris que Yann en pinçait pour Camille et inversement, sauf que lui sait se tenir.
- Justement ! J’aurais dû faire comme lui, mais le mal est fait. Mais nous sommes des adul…
- Tu crois que Yann pourrait faire craquer Camille ? Demande brusquement Bertrand. S’il sort avec toi après tout c’est qu’il a quelque chose de spécial. Quelque chose qui peut faire craquer tout le monde, même toi.
- Yann ne fera rien si Camille ne fait rien non plus.
- Mais si comme moi il se laisse aller alors…
- A deux doigts du plan à quatre.

L’éclat de rire de Bertrand clos la remarque, toute la pression retombe d’un seul coup, comme si c’était la phrase qu’il fallait. L’idée saugrenue que les deux couples puissent se mélanger. Pourtant l’idée ne semble pas déplaire les deux jeunes hommes, ils n’osent simplement pas l’imaginer.

- Je vais y allez, Camille va prendre ma place. J’espère juste que tu ne m’en veux pas.
- Considère que les choses sont claires. Nous nous reverrons de toute façon.

Martin sourit à la remarque et se lève enfin, son verre à peine entamé. Il ne l’a pris que pour faire bonne figure. Il quitte le bar non sans espérer que Bertrand le retienne, mais rien ne se passe. Sur le trottoir un épais groupe de fumeur rend difficile sa progression ; il ne voit qu’au dernier moment Camille qui arrive, mais il n’a pas le temps de l’aborder qu’il est déjà entré, soucieux de rester invisible jusqu’à retrouver Bertrand. Le reporteur n’insiste pas, il le voit juste s’embrasse tendrement depuis la vitre et fils jusqu’à l’appartement où Yann l’attend très certainement avec beaucoup de question.

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- Et donc Hugo tu as fait comment ? D’accord Pana ça semblait facile, il était jeune et tout, mais Hugo ce n’est pas le même gabarit.

Un cocktail approximatif à la main, Bertrand ne perd pas une miette des anecdotes de Martin. Cela fait bien une heure qu’il est assis sur le canapé, sans avoir la moindre volonté d’en bouger tant que son ami n’a pas fini son histoire.

- Hugo c’était plus compliqué, j’avoue Yann m’a presque aidé sans le savoir. On était tout jeune pour LPJ, encore frais. A force de devoir travailler ensemble dans un même bureau de 8 mètres carré ça créer des liens. Je l’ai eu à l’usure en fin de saison, je me demande s’il n’a pas fini par accepter pour que je le laisse enfin en paix.
- Tu es un mordu toi en fait !
- Tu parles, jusqu’à ce qu’il parte de Quotidien il n’a pas dit non à me revoir quand sa copine miss France n’était pas là.

Bertrand ne relève pas le fait que c’est sûrement la raison pour laquelle Yann l’a viré, mais le poids qui pesait encore un peu dans sa poitrine a définitivement disparu. Martin a certes un peu profité de lui, mais son approche n’était pas la même que pour les autres, personnalisé.

Après leur dernière rencontre au bar ils n’ont plus reparlé, même Camille a cessé toute illusion. Un petit peu comme si rien ne s’était passé. Mais un matin ils avaient reçu tous les deux un sms de Yann leur proposant un « retour d’apéro » chez lui et Martin. Camille était parfaitement pour, mais il avait laissé la décision à Bertrand, qui a finit par accepter.

- D’ailleurs ils sont où les deux ? Relève Bertrand.

Perdu dans leur discussion ils ont oublié la présence de leur propre compagnon, jusqu’à les perdre de vue dans un appartement pourtant pas si grand. Un large sourire se dessine alors sur les lèvres de Martin, sans oser le dire trop vite. S’ils n’étaient pas dans le salon, ni dans la cuisine visible depuis leur place, ni sur le balcon juste derrière eux ; il n’y avait plus qu’une pièce.

- Viens !

En toute discrétion Martin longe le couloir, Bertrand sur ses talons, commençant doucement à comprendre. De là ils peuvent entendre le bruissement des draps, et les murmures étouffés de deux hommes. Par la porte entrouverte le reporteur passe une tête, juste assez pour apprécier un spectacle brûlant de sensualité.

Derrière lui Bertrand ne saisit pas encore tout du spectacle, mais Martin lui cède sa place avec un clin d’œil. Il vient se glisser dans le dos du niçois, le sentant frissonner à la vue de son compagnon nu dans les bras de Yann. Il n’y a aucune colère, aucune traitrise, simplement du désir. Son souffle est plus rauque, mélangé entre l’idée de rester silencieux et de se mêler aux ébats devant lui.

Les mains de Martin cèdent rapidement à l’envie de profiter lui aussi. Sans le surprend il glisse ses doigts le long du ventre du cadet, soulevant son t-shirt à la recherche de sa peau halée. Bertrand le laisse faire, mordant sa lèvre pour retenir son soupire. Les hanches du journaliste se plaquent contre les siennes d’un coup sec, les laissant ressentir tous les deux le désir qui monte doucement. La main de Martin est déjà passée sous la ceinture de son jeans, jouant avec l’élastique de son boxer.

Prisonnier de l’étreinte et de la crainte de se faire remarquer Bertrand ne peut rien faire. Il a plaqué ses lèvres contre son bras et le mur, espérant retenir ses soupirs et son autre main agrippe le pantalon de Martin, le tirant plus encore contre lui. Mais quand les doigts du reporteur se referment sur son sexe ave vigueur, il manque de défaillir et par automatisme sa main essaye de le retenir contre la porte, l’ouvrant en grand sur un spectacle semblable.

Cette intrusion n’arrête en rien les attentions de Yann, assis à même le bas du dos de Camille, ses lèvres font rougir chaque parcelle de peau. Une autre main s’est glissée entre les draps, jouant elle aussi avec le désir de Camille qui ne peut retenir ses gémissements. Quand la porte s’ouvre son regard hagard tombe sur un Bertrand aussi hébété. Ils se sourient, conscient de ce qui est en train de leur arriver.
Martin ne se fait pas prier pour entrer une bonne fois pour toute dans la chambre. Sur le chemin il fait voler le haut de Bertrand, puis son pantalon, laissant les mains tremblantes du niçois s’attaquer à son polo. Par envie le jeune homme capture les lèvres fines de Martin, sentant le regard inquisiteur de Yann sur sa nuque. Mais le compagnon de ce dernier sait comment faire monter la pression.

Du regard il incite Yann à poursuivre ses ébats avec Camille, leur tournant le dos. L’animateur plonge ses lèvres dans le cou du montagnard, puis glisse sa langue le long de sa colonne vertébrale, jusqu’à la naissance de ses fesses. La sensation fait cambrer le corps du rouquin, lui offrant son postérieur par envie. Mais alors que les doigts de Yann passent lassement autour de son antre, il sent dans son dos un corps se plaquer contre lui.

Sur les genoux Bertrand peut ressentir la chaleur de la peau de l’animateur, ainsi que son cœur qui bat trop fort dans sa poitrine. Mais sa concentration est rapidement détournée par le nouvel assaut de Martin sur son membre, non plus avec les mains mais avec ses lèvres. Un gémissement plus fort que les autres résonne dans la pièce, arrachant un sourire à Camille. Ce dernier imagine le visage alangui de son compagnon sous les attentions de Martin. Attentions qu’il retrouve dans les gestes de Yann, alors que sexe vient se glisser entre ses fesses.

Pour soutenir son plaisir Bertrand a trouvé appui sur la cuisse de Yann et les cheveux de Martin. Il peut alors sentir les premiers va et viens doux de l’animateur contre Camille. Comme un concerto bien dirigé les deux hommes cèdent au plaisir presque en même temps.

Mais quand Martin se relève du bord du lit et que Camille se redresse au-dessus des oreillers leurs regards se croisent enfin, ils savent qu’ils auraient pu prévoir e qui est en train de se passer ; mais au lieu de se demander si cela est bien ou mal ils cèdent aux baisers du compagnon de l’autre et replongent sur les draps.