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Kinktober 2017

Chapter Text

            1 - Clothes

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166570592827/kinktober-day-1-clothes-bàs-cahir-from-our

            Pas de spoils sur la Dame qui devint Amertume en dehors de ceux présents avec l’image

 

            Parfois, Cahir se trouvait un peu trop à l’aise. Il avait été un gardien toute sa vie, habitué à dresser l’oreille au moindre bruit suspect, et à n’être à l’aise qu’au milieu de ses pairs – et il y avait plus discret qu’une armure de plate. Bàs ne faisait pratiquement pas de bruit lorsqu’il se déplaçait. Il aurait dû éveiller tous les instincts du chevalier, mais celui-ci s’était tout simplement trop habitué à sa présence.

            Il ne tressaillit même pas lorsque les bras de l’autre homme se glissèrent autour de sa taille, lorsque son menton se posa sur son épaule tandis que le Slùagh semblait chercher de regard ce qui avait captivé l’attention de Cahir. Avec un sourire, le chevalier chercha la main de son amant, la prenant dans sa paume gantée.

            ― Je ne regardais rien de particulier et je ne suis pas triste.

            ― Oh. Tant mieux, alors. Tu prends juste un air mélancolique pour être plus séduisant, c’est ça ?

            Le Sidhe daoine eut un petit rire.

            ― Peut-être, oui…

            ― Dans ce cas, il est de mon devoir de t’informer que ça marche… souffla le Slùagh, ses lèvres à quelques millimètres du l’extrémité sensible de l’oreille de Cahir.

            Le chevalier envisagea un bref instant de lui dire qu’il pouvait l’embrasser, que s’il s’en sentait capable, il pouvait le toucher, parce que la barrière de tissu entre eux était insupportable. Il avait envie du voleur autant que ce dernier avait envie de lui, et la possibilité que Bàs puisse encaisser la douleur était une tentation agonisante.

            Cahir noua la main dans les cheveux noirs du Slùagh, et tourna la tête, mais au lieu de chercher ses lèvres, il souffla.

            ― Fais attention…

            ― Je fais toujours attention… répondit Bàs sur le même ton, tandis que sa main dérivait le long du flanc du chevalier.

            Même à travers le tissu, Cahir pouvait sentir qu’elle était fraîche, presque froide, mais si cela avait pu le dérouter les premiers temps, ce n’était plus le cas depuis longtemps, et tout ce qui lui importait c’étaient ces doigts agiles qui flattaient ses muscles, qui massaient sa base de son sexe sans même l’effleurer, tandis que l’autre remontait le long de son torse pour venir taquiner un téton, le contact rugueux du tissu presque plus excitant que celui de la peau nue.

            ― Bàs… gronda-t-il tout de même.

            ―Hmh ? répondit le Slùagh, occupé à mordiller la chair tendre de son cou à travers son col.

            ― Tu te rappelles qu’il y a une fenêtre ici ?

            ― Il faut faire attention à ce que tu dis, dans ce cas.

            ― Pardon ?

            ― Quand tu dis « fais attention », ça veut bien dire « continue ce que tu fais mais en faisant attention, non ? »

            Cahir soupira.

            ― D’accord, fais attention et pas devant la fenêtre.

            Le Slùagh se contenta de sourire et de se détacher du chevalier, qui regretta immédiatement d’avoir fait le malin, du moins jusqu’à ce que l’autre homme ne le fasse pivoter et ne le pousse vers son lit – à une distance raisonnable de la fenêtre. Ses genoux buttèrent sur le rebord du matelas, et il se retrouva sur le dos, les yeux fixés sur le Slùagh, qui entreprit d’enlever avec une lenteur pécheresse sa ceinture, puis sa tunique. Lorsqu’il souleva la chemise qui se trouvait en-dessous, Cahir dévora du regard chaque centimètre de peau laiteuse découverte, s’arrêtant un instant sur la cicatrice qui barrait son torse avant de revenir à ses tétons, durcis par l’excitation. Le chevalier passa la langue sur ses lèvres, frustré de ne pas pouvoir l’embrasser, vénérer chaque once de son épiderme pâle, mais se redressa, laissant ses mains gantées de cuir parcourir le chemin qu’il aurait aimé faire suivre à ses lèvres. Il flatta les muscles bien définis de ses flancs, laissa ses pouces explorer les lignes de son estomac ferme, remontant, presque avec timidité, stimulés des mamelons qui n’attendaient que ça, sous le regard, à la fois amusé et embrumé de désir de son amant. Il aurait aimé embrasser ses lèvres, boire les soupirs qui s’en échappaient. Il aurait aimé le vénérer de sa langue, l’attirer contre lui, mais la peau nue de Bàs le rendait trop vulnérable à la malédiction de Cahir.

            Avec un petit rire, le Slùagh le repoussa finalement, gentiment, pour le laisser retomber sur le lit.

            ― Pas d’impatience, messire chevalier, cette princesse aime se faire désirer.

            ― Tu n’as rien d’une princesse, grogna Cahir, tandis que le voleur se baissait pour se débarrasser de ses bottes.

            Le chevalier laissa son regard se perdre, fasciné, sur les mouvements félins des muscles du dos large de son amant. Il aurait aimé le serrer contre lui, le griffer tandis qu’il le possédait, ou qu’il se faisait posséder, sentir ses épaules rouler contre ses paumes sous le rythme des coups de reins, il aurait aimé lui faire l’amour comme il le méritait, et Bàs ne méritait pas, ne mériterait jamais de souffrir pendant l’amour. Donc tout cela devrait rester au stade de fantasme, et il devrait se contenter de boire du regard chaque parcelle de peau qui se découvrait tandis que, après s’être débarrassé de sa ceinture, le Slùagh laissait tomber pantalon et sous-vêtement, enjambant son pantalon en tas autour de ses chevilles pour venir s’asseoir, entièrement nu, sur les genoux de Cahir.

            Un autre que lui aurait peut-être été repoussé par la vulnérabilité inhérente à cette position, mais ça n’avait jamais dérangé Bàs. À défaut de pouvoir faire l’amour à son amant, il lui avait toujours librement offert la possibilité d’explorer son corps à loisir. Cahir aurait aimé être capable de faire de même, mais il avait peur de la malédiction, peur de l’imprudence de Bàs. Lorsqu’il n’avait que son visage de découvert, il pouvait contrôler ce que son amant touchait.

            Sans discuter, sans lui faire l’embarras de le remercier, le chevalier prit donc ce qui lui était offert, laissant ses mains dériver sur le corps nu, effleurant les cicatrices qui le couvraient, savourant la ligne dure de ses muscles à défaut de pouvoir profiter du grain de sa peau. Il chercha le regard de son amant alors que l’une de ses mains retournait taquiner un téton, et que l’autre se perdait à l’intérieur de ses cuisses, caressant, flattant, sans pour autant toucher son sexe à demi érigées.

            Bàs lui sourit, et une fois de plus Cahir se dit que c’était certainement l’une de ses visions préférée, ce sourire, ces yeux embués de désir, et ces lèvres humides, entrouvertes… Il avait envie de l’embrasser, de le retourner, de le posséder.

            Il garda ses distances, stimulant plus fort le mamelon qu’il malmenait, prenant dans sa main le sexe dur et gonflé, le sentant grossir encore contre sa paume. Il but les gémissements de Bàs, à défaut de pouvoir savourer ses lèvres, alors qu’il stimulait avec des gestes brusques son pénis, jusqu’à ce que, haletant, le voleur ne le pousse à nouveau, gentiment, jusqu’à ce qu’il se retrouve allongé sur le lit.

            ― Pense un peu à toi, Cahir… murmura-t-il avant de poser la paume à plat sur l’érection du chevalier.

            Le tissu était de trop, épais, rugueux, et pourtant, avec une expertise remarquable, Bàs parvenait à le stimuler, à lui donner du plaisir, le prenant du mieux possible dans sa main pour stimuler son sexe sur toute sa longueur, laissant son pouce jouer avec le gland, le taquinant de petits mouvements circulaires, et c’était presque, presque comme s’il touchait sa peau nue.

            ― Par les Esprits, Bàs… grogna Cahir.

            À nouveau, Bàs sourit, le plus beau sourire du monde, puis il s’allongea sur le chevalier, insinuant une cuisse entre les siennes pour la faire reposer complètement contre son sexe, exerçant dessus une pression divine, insupportable.

            Et il bougea le genou. Les muscles durs jouèrent de tout leur long contre le sexe prisonnier du chevalier et la pression était si forte, si présente que Cahir ne put retenir un cri, attrapant de pleines poignées de cheveux de son amant pour l’attirer plus près, mais pas trop près. Le genou du Slùagh bougea à nouveau et le chevalier se cambra, cherchant plus de friction, plus de contact. Le rire de Bàs résonna, heureux, et, fugacement, Cahir se demanda comment un homme si profondément triste pouvait être un amant aussi joyeux. Il serra plus fort les mains dans ses cheveux, l’attirant plus près, décalant la tête pour le prendre contre son torse, mais la pression de la cuisse du Slùagh ne diminua pas, continuant de le stimuler, sans merci.

            Sentant l’orgasme monter, de plus en plus vite, de plus en plus fort, Cahir insinua une main entre leurs deux corps pressés l’un contre l’autre pour venir stimuler le sexe de son amant, rapidement, brutalement, comme il savait qu’il l’aimait, et les gémissements de Bàs étaient une symphonie à ses oreilles, suffisante pour le faire jouir dans un cri étouffé.

            Alors qu’il sentait encore le sexe dur de son amant contre sa paume, il l’attira vers lui et, sans vraiment y réfléchir, il l’embrassa avec passion.

            La douleur fit trembler tout le corps du Slùagh et pourtant, immédiatement, il jouit dans la main du chevalier.

            Haletant, Cahir se sépara de lui.

            ― Je suis désolé…

            ― Je te l’ai dit, Cahir… Je peux supporter la douleur.

            Lorsque Bàs sourit, Cahir se rappela qu’il était bel et bien la personne la plus triste qu’il ait jamais connue, et il se promit qu’un jour, il chasserait définitivement cette tristesse.

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            2 — Chains

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166635428907/late-kinktober-day-02-chains-featuring-isra

            Disclaimer : l’univers dans lequel Isra et Florian ont évolué quand nous les avons créés est celui de Dragon Age, que je vais utiliser ici. Il ne m’appartient donc pas.

           

Les Orlésiens étaient fondamentalement des personnes vaines et ennuyeuses, et la plupart du temps même leur côté débauché ne les sauvait pas aux yeux d’Isra. Mais parfois, rarement, il devait concéder qu’il y avait des choses qu’ils faisaient bien. Les bijoux, par exemple.

Et même si l’homme était odieux, arrogant, qu’il cultivait un peu trop le mystère et qu’il jouait bien trop volontiers le Jeu, Isra devait également concéder que Florian, duc de Ghislain, avait un goût très sûr en matière de bijoux. Avec un sourire, il ouvrit l’écrin que lui tendait l’autre homme, puis émit un petit rire de gorge dont il savait qu’il ferait son effet en sortant les chaînes en or.

            ― C’est très vulgaire…

            Le chevalier sourit à son tour et récupéra de l’un des bijoux tandis qu’Isra se tournait. Le noble lui passa, l’un après l’autre, les deux chaînes autour du cou, puis se saisit d’une troisième, caressant du bout des doigts les flancs du Dieu.

            ― Un bijou vulgaire pour la reine des catins, souffla Florian à son oreille, et Isra frissonna de plaisir, et d’un sentiment de manque qu’il n’avait pas ressenti depuis… des siècles.

            Ignorant la seconde sensation, il se concentra sur la première alors que le noble enlevait d’une main trop experte pour être honnête les anneaux qui ornaient les tétons d’Isra et les remplaçait par ceux qui ornaient la lourde chaîne, la laissant ensuite pendre, brillante, indécente, contre le torse nu et hâlé du Dieu. Isra était certain de faire un spectacle magnifiquement obscène, mais pour l’heure le chevalier ne s’arrêta pas pour le contempler, se saisissant du dernier bijou pour le passer autour de sa taille, accrochant cette fois l’ornement au nombril percé du Dieu. Cela fait, il le tourna vers le miroir, caressant du regard, à travers la surface réfléchissante, le corps brun et paré d’or d’Isra. Souriant, satisfait, l’intéressé prit la pose, s’appuyant lascivement sur le torse large et nu du chevalier, tournant la tête pour embrasser sa joue, sa mâchoire.

            ― Tu aimes ce que tu vois, monsieur le Duc ?

            ― Il n’y a plus de Ducs. Les titres ont été abolis par l’Empereur Drakon, tu te rappelles.

            ― Je ne me souviens jamais de ce qui ne m’intéresse pas. Et ton empereur ne m’intéresse pas. Je suis plus intéressé par ton gros…

            Les doigts du Dieu dérivèrent sur les cuisses musclées du chevalier, remontant vers son sexe qu’il saisit d’une main ferme et caressante.

            ― … titre, conclut-il néanmoins.

            Florian rit, et ses longs doigts calleux se remirent à parcourir le torse hâlé d’Isra, jouant avec les chaînes, tirant un peu sur celle qui pendait des anneaux ornant ses tétons, les stimulant délicieusement, arrachant un gémissement à Isra. Pendant ce temps, son autre main descendait, plus bas, flattant ses cuisses, se glissant à l’intérieur pour caresser la peau douce, suivre le trajet de sa veine fémorale. En évitant, bien sûr, le sexe dressé du Dieu.

            Soupirant de plaisir, Isra se saisit néanmoins de la main qui venait de délaisser les chaînes sur son torse, la prenant entre les siennes pour la porter à ses lèvres, embrassant, suçant ses doigts avec une indécence parfaitement maîtrisée, savourant le contact des ongles courts de son amant qui s’enfonçaient dans la peau fragile de ses cuisses.

            ― Vous êtes un animal, monsieur le Duc, fit-il remarquer d’une voix basse, à la sensualité soigneusement dosée.

            ― Je ne sais pas résister à une bonne catin… répondit le noble, sans relever cette fois l’emploi du titre.

            Riant, amusé, Isra pencha la tête en arrière pour murmurer à l’oreille de son amant.

            ― J’ai un cadeau pour toi aussi…

            Le chevalier haussa les sourcils et Isra fit apparaître du néant un fil rouge, qu’il noua au petit doigt de Florian, puis au sien, le laissant pendre avec un certain mou et chatouiller leur peau nue.

            ― C’est… Mignon… fit le noble, perplexe.

            ― Si tu me baises comme il faut, ce sera mieux que mignon…

            ― Si cette chose casse facilement, ça ne va pas être particulièrement pratique…

            ― Je suis sûr que tu trouveras une solution…

            Le chevalier marqua une pause, sembla hésiter, et finalement, sans prendre la peine de répondre, embrassa la nuque du Dieu, la ligne de sa colonne vertébrale, descendit le long de ses omoplates, laissant une traînée de baisers sur sa peau sensible. Isra s’appuya sur le montrant du miroir, cambrant plus encore le dos, pour mieux sentir le poids des chaînes sur ses tétons, sur son nombril, pour laisser plus de place à Florian, plus de liberté de mouvement si d’aventure il choisissait de cesser de jouer et de passer aux choses sérieuses. Il aurait voulu sentir le torse de son amant contre son dos tandis qu’il le dominait totalement, qu’il le prenait comme une bête, parce que c’était quand même ce qu’il faisait de mieux. Au lieu de quoi, il sentit soudain l’air froid sur ses reins, et la caresse légère des grandes mains calleuses sur ses cuisses.

            Il allait se tourner, protester qu’il n’avait pas l’intention de bouger et rappeler au noble que s’il ne voulait pas casser le fil il avait intérêt à ne pas trop s’éloigner, mais ses remontrances s’étranglèrent dans sa gorge lorsqu’il sentit une langue brûlante se glisser entre ses fesses. La prise des mains sur ses cuisses s’affermit et il laissa échapper un « oh » surpris lorsque le membre humide le pénétra, jouant avec son intimité avec une dextérité qui suggérait que le noble était beaucoup plus débauché qu’il voulait bien le laisser croire.

            ― Voilà qui est vraiment très, très vilain, monsieur le Duc. Je vous pensais beaucoup plus correct…

            Pour toute réponse, le chevalier changea l’angle de pénétration de sa langue, cherchant sans aucune pudeur ou gêne à augmenter le plaisir de son amant et pour…

            ― Oh… Oui, là ! gémit Isra alors que le noble stimulait sans merci le point en lui qui lui faisait voir des étoiles. Oui, comme ça, c’est… Oui, OUI !

            La main du chevalier venait de se poser sur son sexe, en rythme avec sa langue, le menant à une vitesse indécente à l’orgasme. Mais aussi agréables que soient ces préliminaires, il n’était pas question pour Isra de se laisser aller à jouir avant le plat principal.

            ― Un peu de merci pour moi, monsieur le Duc, haleta le Dieu. Je veux sentir toute la puissance de votre titre maintenant… Monsieur le Duc.

            Et si Isra était une catin tout court, il était clair que Florian était une catin de l’autorité, parce qu’il frissonna, et obtempéra sans discuter. Cette fois, son torse large épousa le dos du Dieu, et il pesa sur lui de tout son poids considérable — mais Isra avant connu pire, ou mieux, suivant le point de vue. Les mains du chevalier se saisirent de ses hanches, brutales, autoritaires, et il le força à lever le bassin un peu plus. Isra gémit, et Florian rit.

            ― Tu as toujours été une véritable chienne en chaleur, Isra. Tu prétends aimer la liberté, mais ce que tu désires vraiment, c’est te soumettre.

            Une vague d’irritation submergea le Dieu. Comment ce petit mortel se permettait-il de…

            Florian le pénétra, d’une poussée ample, délicieuse, parfaite, et l’un de ses doigts calleux tira doucement sur la chaîne qui pendait sur sa poitrine, stimulant ses tétons alors que les reins du chevalier se mettaient à balancer à un rythme soutenu, intense, et Isra était obligé d’admettre que c’était vrai, qu’il aimait se soumettre à ce genre de brutalité, mais ce n’était pas une raison pour…

            Les dents du chevalier s’enfoncèrent dans sa chair, et il accentua encore le rythme, fichant douloureusement les doigts dans les hanches d’Isra pour se donner une meilleure prise, y mettant toute sa force, toute la fougue de sa jeunesse triomphante, et son entraînement guerrier, et c’était magique, c’était parfait, c’était…

            ― Ah, oui, encore, encore !

            ― Rassure-toi, tu es la meilleure des catins…

            La voix du noble était basse, rauque, son souffle était brûlant dans son cou et son pénis le pénétrait toujours plus fort, plus profond, plus brutal.

            ― Oui, oui, OUI !

            Isra eut à peine la présence d’esprit de donner son cadeau à son amant, projetant à travers le lien ses sensations, et le plaisir qui l'envahit alors qu’il jouissait sur le poing du duc, qui n’avait pas cessé de stimuler son sexe.

            Avec un hoquet de surprise, Florian se répandit à son tour, profondément enfoui en Isra, submergé par les sensations transmises autant, le Dieu n’avait aucun doute à ce sujet, que par le plaisir qu’il venait de lui procurer.

            Même si ses jambes tremblaient, il n’eut pas à lutter pour se maintenir debout, et Florian le souleva sans effort dans ses bras puissants pour le porter vers le lit.

            ― Qui es-tu… ? souffla Isra, cherchant les yeux gris sans âge du chevalier.

            Il ne pouvait pas se débarrasser de cette impression de familiarité, blotti contre la poitrine de l’Orlésien, et c’était vraiment, vraiment étrange.

            Florian sourit, l’embrassa.

            Et, bien sûr, ne répondit pas.

 

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            3 — Nicknames

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166675725072/late-kinktober-day-3-nicknames-featuring

            Deux personnages originaux dans le setting de Wasteland, un jeu de rôle frenchie.

           

            Le jeune soldat glissa un doigt mal assuré sur le bras de métal. Il était froid, lourd, étrange. Peu naturel. Peut-être pas parfait, mais suffisamment bien, après des années de… D’inexistence.

            D’une main un peu tremblante, il se saisit de celle, d’acier glacial, de son supérieur – non, plus son supérieur, il n’y avait plus d’armée. Juste de son amant. Doucement, il posa ses doigts sur les siens.

            ― Tu sens quelque chose ?

            ― La pression, c’est tout. Ça m’évite d’écraser ce que je touche. Pour le reste, il n’est pas si sophistiqué…

            Le grand homme haussa les épaules avant de continuer.

            ― Je t’avais dit que ça ne valait pas tous les sacrifices…

            Liam grogna, attrapa les deux poignets de son amant – celui, chaud, familier, de son bras gauche, et l’articulation dure, métallique, de l’autre – et les plaqua sur ses fesses nues, encore humides de la douche qu’il venait de prendre.

            ― ça, ça les vaut… fit-il en regardant de biais, rougissant, avant de s’attaquer à la ceinture de l’ancien noble, ancien colonel, ancien débile suicidaire, et de faire glisser son pantalon de toile sur ses hanches larges, dévoilant son sexe vers lequel se dirigèrent immédiatement ses mains.

            Les doigts de Stéphane — ses dix doigts, ses dix putains de doigts, comment ça pouvait être aussi bien d’avoir dix doigts — se crispèrent sur ses fesses, ses ongles s’enfonçant dans la chair de Liam à droite, le métal froid exerçant une pression presque douloureuse à gauche. À bien y réfléchir, le contraste était peut-être encore meilleur que si ç’avaient été deux mains identiques. Mais il ne pouvait pas vraiment juger, puisque cet abruti de Stéphane avait décidé de ne s’intéresser à lui qu’après avoir perdu son bras, parce que c’était un débile comme ça.

            Avec un glapissement assez peu digne, il se laissa soulever, lâchant un peu malgré lui le sexe qui grossissait déjà entre ses paumes pour nouer ses bras autour du cou épais de son amant, se laissant porter vers le lit où son ancien supérieur se laissa tomber comme une masse.

            Maintenant à califourchon sur ses hanches, il se redressa, posant les mains sur ses épaules, avant de se pencher pour embrasser ses lèvres, se frayant de la langue un chemin à l’intérieur de sa bouche pour batailler avec la sienne. Il ondula du bassin pour frotter son propre sexe à demi-érigé contre l’estomac plat et musclé de son ancien officier. Derrière lui, contre ses fesses, il sentait la verge de son amant, de plus en plus dur alors que leur baiser se faisait plus sauvage, plus brutal.

            ― Tu es un animal, grogna-t-il finalement inglais, à bout de souffle, lorsque leurs lèvres se séparèrent.

            ― Je ne suis pas celui qui s’est jeté sur la bite de l’autre… répliqua Stéphane dans le même idiome, son accent du Malroyaume, râpeux, donnant une sonorité dure aux syllabes de la langue natale de Liam.

            Stéphane parlait peut-être inglais avec un accent ignoble, mais il le parlait, il faisait l’effort de le faire pour Liam, et ça faisait toujours son effet. C’était ridicule, c’était mièvre, c’était un aveu de faiblesse et Liam n’aimait pas être faible, aussi préféra-t-il recentrer ses pensées sur des points beaucoup plus concrets, et présents, et il se saisit du sexe de l’autre homme, le pompant brusquement dans sa main.

            ― Tu devras t’habituer à ton bras, vieil homme, je ne te pardonnerai pas si tu l’écrases en te branlant, grogna-t-il.

            ― Parce que ma bite c’est tout ce que tu aimes chez moi. Je sais.

            Contente-toi de ne pas l’écraser.

            ― Aucun risque. Je t’ai dit que je sentais la pression. Tu veux voir ?

            Liam frissonna, déglutit péniblement, crispa les doigts sur les épaules de son amant — toutes les deux valides, elles, au moins. Comme il ne répondait pas, Stéphane sembla décider qu’il consentait, et la main de métal quitta sa fesse pour venir se refermer sur son sexe, réchauffée par le contact de sa peau, mais toujours fraiche. Liam frissonna, se mordit la lèvre, et, presque sans y penser, commença à onduler des hanches, faisant glisser son sexe entre les articulations en acier froid, baisant le poing de métal qui s’était immobilisé, savourant le contact du pénis lourd et érigé contre ses fesses lorsqu’il se retirait, de l’alliage frais lorsqu’à nouveau il faisait glisser son sexe contre la paume artificielle.

            ― Je suis sûr que c’est meilleur que si, je sais pas… s’ils t’avaient fait repousser un bras… souffla-t-il, les yeux clos.

            Stéphane eut un rire amusé et remua sous lui. Toutefois, son poing artificiel ne bougea pas, et il laissa sans broncher Liam continuer à utiliser sa main pour se donner du plaisir, de plus en plus vite, de plus en plus fort.

            L’orgasme le frappa comme la foudre, violent, sans merci, et il se répandit contre le métal froid dans un cri. À nouveau, le rire de Stéphane résonna, indulgent, amoureux.

            ― Ce dont je suis sûr, c’est que le sperme n’est pas un lubrifiant homologué pour les jointures.

            Liam rouvrit les yeux et le fusilla du regard, mais son irritation s’envola alors que l’ancien officier déboucha une bouteille de lubrifiant tout ce qu’il y a de plus traditionnel dans un « pop » à peine audible.

            ― Puisqu’on parle de lubrifier, je pense que tu préféreras ça à la graisse pour piston…

            ― Tu es dégoûtant… grogna Liam, mais la remontrance manquait de force alors que ses yeux étaient rivés à la main — de chair — de son amant, sur les doigts de laquelle Stéphane versa une généreuse quantité d’huile.

            Liam se lécha les lèvres, hypnotisé par le jeu de reflets provoqué par la lumière sur ses doigts lubrifiés, déglutit avec difficulté lorsqu’elle passa à côté de lui, derrière lui. Il gémit lorsque l’index glissa sur son sillon, taquina son anus, le pénétrant légèrement, juste une phalange, avant de sortir, de le stimuler de petits mouvements circulaires.

            ― Putain Stéphane, arrête de jouer !

            ― De quoi tu te plains encore ? Je ne veux pas te faire de mal.

            ― Tu ne me fais jamais mal, et là je ne sens rien du tout !

            Menteur…

            ― Je m’endors, vieux croulant… Je veux ta bite et je la veux maintenant !

            Stéphane rit à nouveau, de ce rire de gorge sensuel, excitant, indécent. Deux doigts pénétrèrent alors Liam. C’était beaucoup, ils étaient gros, agiles, stimulant immédiatement sa prostate tandis qu’ils l’étiraient, le préparaient, et l’ancien soldat se prit à haleter en rythme avec les allées et venues de la main de son amant en lui. Stéphane le connaissait parfaitement, il savait jouer de son corps comme personne, il savait le rendre fou. Liam était à nouveau dur comme la pierre, et il sentait la jouissance monter, encore et toujours.

            ― Putain, Stéphane, Stéphane, s’il te plait, s’il te plait, donne-moi ta bite, je veux ta…

            Les doigts le quittèrent et il gémit, il se sentait vide, et frustré, mais il en voulait plus, et lorsque Stéphane se versa plus de lubrifiant sur la main, lorsqu’il se tourna pour le voir en enduire son sexe, sa grande main allant et venant sur sa verge gonflée, Liam ne put s’empêcher de geindre. Il voulait son pénis et il le voulait maintenant.

            Bientôt, trop vite, pas assez vite, les deux paumes furent sur ses fesses, une brûlante, une glacée, crispées, possessives, et l’ancien officier l’aidaient à descendre sur son sexe, doucement, le gland épais forçant son passage avec une lenteur insupportable, et les mains étaient un étau qui l’empêchaient de le prendre plus vite, plus fort.

            ― Allez, vieil homme… protesta Liam.

            Stéphane sourit, répondit de sa voix basse, grave, débordante d’amour et de désir à l’état brut.

            ― C’est mon bon garçon… Ne sois pas impatient, Liam, tu es parfait.

            Liam grogna, essaya à nouveau de bouger les hanches, peine perdue, et se résigna à sentir chaque millimètre de la chair gonflée le pénétrer lentement, si lentement, trop lentement. Lorsqu’enfin Stéphane fut entièrement en lui, il prit quelques secondes pour savourer la sensation de son sexe en lui, de ses mains, ses deux putain de mains sur ses fesses, puis il tapa sur les bras de son amant.

            ― Lâche-moi, vieillard. Si tu es pas capable de me baiser comme il faut, je le ferai moi-même.

            J’aurais dû me douter que c’était un problème d’avoir un amant plus jeune…

            Les mains quittèrent ses fesses, remontant le long de ses flancs, et comme une bête à qui l’on aurait lâché la bride, il chevaucha la verge gonflée de son amant, savourant la friction, la sensation de se remplir, encore et encore de lui, de son désir. Il cambra le dos en gémissant lorsqu’une main se posa sur chacun de ses tétons durcis, les roulant entre ses doigts, brûlants, glacés, ses deux putains de mains. Il cria lorsque la stimulation se fit plus pressante, jura lorsque la bouche, si chaude, de Stéphane remplaça sa main artificielle, lorsque ses dents taquinèrent le mamelon, mordillant, juste assez fort pour que la douleur devienne excitation.

            ― Putain, Stéphane, Stéphane.

            L’ancien officier mordit à nouveau, plus fort, et se saisit du sexe de Liam. Le métal s’était réchauffé, mais le contraste était toujours important, et il était dur, si dur, et il allait et venait fort, vite, brutalement sur la verge de Liam.

            ― Allez, Liam, allez, sois un bon garçon… murmura Stéphane contre la peau moite de sueur du torse de l’ancien soldat.

            Le monde devint blanc autour de Liam, qui jouit dans un cri. Il sentit Stéphane éjaculer en lui quelques secondes plus tard, de longs jets de semence l’emplissant, encore et encore, de la meilleure des façons. Il se laissa tomber, haletant, contre le torse large de Stéphane.

            ― Ça valait le coup. Définitivement, ça valait le coup.

            Stéphane rit, mais cette fois, il ne démentit pas.

 

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            04 - Roleplay

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166714651802/late-kinktober-day-04-roleplay-featuring

            Le setting est celui de Dragon Age, les personnages sont originaux.

           

            ― Vous êtes sûr de vous ? demanda l’Elfe avec une moue dubitative.

            ― Puisque je te le dis… répliqua le noble, à mi-chemin entre amusement et agacement.

            ― Vous devez concéder que votre requête est pour le moins inhabituelle, compte tenu de nos positions respectives.

            ― « Tu ». C’est « tu », pour le moment… Maître…

            L’Elfe grogna, mais, finalement, haussa les épaules et se laissa aller en arrière contre la tête de lit, s’installant confortablement dans les coussins, parfaitement à l’aise avec sa nudité, comme si c’était la tenue la plus naturelle au monde. Et si Vilhelm avait eu le moindre doute sur les origines nobles de son amant, il n’en avait plus, à voir la morgue que Falco avait plaquée sur son visage.

            ― Déshabille-toi, laissa-t-il tomber d’un ton froid, presque distrait.

            Si le tevintide n’avait pas su que l’Elfe était également un espion, et s’il n’avait pas fait lui-même les frais de ses talents de menteur, il aurait peut-être été déstabilisé par son changement total d’attitude. Mais Falco était accoutumé à jouer un rôle, et il se pliait avec brio à la suggestion de l’ambassadeur.

            Pour être parfaitement honnête, Vilhelm devait concéder qu’il trouvait les yeux froids de l’Elfe plutôt excitant. Il le déshabillait sans aménité du regard. Un désir coupable faisait d’ailleurs trembler ses mains alors qu’il défaisait les attaches de sa tunique et la passait au-dessus de sa tête.

            ― Plus lentement, claque la voix de l’Elfe. Mets-y du tien. On ne te demande pas d’aller te coucher, et il n’y a rien d’excitant dans ton attitude.

            D’accord, c’était vraiment déstabilisant, et Vilhelm était à deux doigts de répliquer, avant de se rappeler que c’était son idée, que c’était lui qui l’avait voulu, et que l’Elfe avait émis son lot d’objections. Puisqu’il ne pouvait pas remettre Falco à sa place, le tevintide allait devoir plaire à son maître.

            Lentement, il défit les boutons de sa chemise d’une main, caressant la peau qui se découvrait de l’autre, la dévoilant centimètre par centimètre. Lorsqu’enfin il eut terminé, il en écarta les pans petit à petit, continuant à se toucher, laissant deux doigts s’attarder sur un mamelon déjà durci par le regard froid de l’Elfe – de son maître.

            Rivant ses yeux à ceux de Falco, il délaça l’avant de son pantalon, cessant ses caresses pour le faire glisser le long de ses jambes, petit à petit, dévoilant son sexe déjà à demi dressé, ses cuisses musclées, le galbe qu’il savait parfait de ses mollets. Il eut la satisfaction de voir le regard de l’autre homme s’assombrir de désir alors qu’il enjambait son pantalon maintenant au sol, lui présentant sa nudité glorieuse et sans complexes.

            L’Elfe passa sa langue sur ses lèvres, mais ne cilla pas, ne bougea pas, semblant ne même pas prendre note de l’érection qui pointait entre ses cuisses. Tout juste se contenta-t-il de parcourir le corps offert de Vilhelm du regard.

            ― Qui t’a dit de t’arrêter, Valerian ?

            Vilhelm ne broncha pas à l’emploi de son nom tevintide – après tout, Falco n’avait pas de raison de savoir à quel point il le détestait. Il se contenta de baisser humblement la tête et de demander.

            ― Mais je suis déjà nu, maître…

            ― De te toucher. Personne ne t’a dit d’arrêter de te toucher. Continue.

            Le noble rougit légèrement, chercha le regard de l’Elfe — de son maître —, mais, n’y trouvant pas l’once d’un doute ou quoi que ce soit qui laisse à penser qu’il n’était pas sérieux, il obtempéra. Sa main gauche retourna s’aventurer sur son torse, caressant la peau rendue plus sensible par l’air frais des Tréfonds — et par le regard lourd comme du plomb de Falco — pour venir s’attarder sur le téton qu’elle avait déjà malmené. Il le pinça, le fit rouler entre ses doigts, arquant le dos pour se donner en spectacle, pour plaire à son maître.

Prudemment, il laissa son regard remonter vers le lit, vers son occupant dont l’excitation devenait plus que manifeste, à son érection, mais pas à son attitude toujours aussi composée. Décidé à le faire craquer, Vilhelm laissa son autre main dériver plus bas, vers sa cuisse dont il caressa l’intérieur du bout des doigts. Il lui sembla sur l’Elfe retenait sa respiration, aussi accentua-t-il la caresse, remontant lentement plus haut jusqu’à enserrer la base de son sexe.

Rivant son regard dans celui, ambré, de son maître, il demanda d’une voix volontairement rauque et tendue.

― Puis-je ?

Falco hocha la tête d’un geste sec et méprisant, à la fois parfait et totalement irritant. Vilhelm se saisit de son sexe, l’enveloppant lentement de sa paume avant de commencer à le stimuler, avec des mouvements délibérés et langoureux, le laissant grossir, le dévoilant presque entièrement avant de le couvrir à nouveau, le caressant avec lenteur et application jusqu’à ce qu’il devienne rouge de plaisir, laissant échapper des gémissements parfaitement pornographiques.

La respiration de Falco s’était faite plus saccadée, plus lourde, il en était certain, et le tevintide le regarda à travers ses cils baissés, lui demanda d’une voix basse, rauque de désir et de besoin.

― Cela vous convient-il, maître ?

― C’est bien, Valerian. Tu peux continuer.

Sa respiration était définitivement plus hachée, sa voix plus grave, et Vilhelm poussa sa chance.

― Dois-je jouir pour vous plaire, maître ?

Falco le fixa longuement, et un sourire naquit finalement à la commissure de ses lèvres.

― Non. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment envie de toi, et je ne veux pas que tu jouisses si je ne suis pas satisfait.

C’était un mensonge. Ils savaient tous les deux que l’Elfe était excité et qu’il avait envie de Vilhelm, son érection apparente en était la preuve, mais cela faisait partie du jeu, alors l’ambassadeur s’y plia.

― Dans ce cas, maître, puis-je m’agenouiller pour vous ?

― Fais donc, répondit l’Elfe d’un ton qu’il parvint presque à rendre indifférent.

S’exécutant, le tévintide écarta largement les jambes et, continuant à stimuler son sexe, il porta sa main à sa bouche, suçant ses doigts de la façon la plus lascive qu’il connaisse, mimant très acceptablement une fellation particulièrement indécente jusqu’à ce que la respiration de Falco se fasse plus irrégulièrement encore.

Il délaissa alors sa bouche pour faire descendre sa main le long de son flanc, de son estomac, laissant une trainée humide. Il caressa fugacement son érection du bout des doigts avant de se passer entre ses cuisses et, avec un soupir, de faire glisser son index et son majeur en lui, cherchant sa prostate, se donnant en spectacle sans quitter des yeux l’Elfe allongé. Il vit ses mains se crisper sur les coussins et se retint de sourire, continuant plutôt à se stimuler, à gémir comme une catin en chaleur, jusqu’à ce que Falco n’y tienne plus et, d’un geste sec, tapote ses cuisses.

― Dois-ah je vous rejoindre, ah, maître… demanda-t-il de sa voix la plus indécente.

― J’ai décidé que j’allais te baiser, oui. Je t’écoute, Valerian.

Cessant ses caresses et se redressant sur ses genoux un peu tremblants, Valerian inclina la tête humblement.

― Merci, maître.

― C’est bien.

Bêtement, le compliment fit frissonner l’ambassadeur, pris à son propre jeu, et ce fut avec une certaine presse qu’il rejoignit son maître sur le lit, s’installant à califourchon sur son bassin.

― Je t’autorise à me prendre en toi, Valerian, fit Falco d’une voix remarquablement composée, et Vilhelm frissonna, d’excitation, d’envie de briser son masque, de désir.

Docilement, il écarta les genoux, saisit le sexe de son maître et le guida en lui. Une fois pénétré par la tête du sexe de l’Elfe, délicieusement épaisse, il posa les deux mains sur les montants du lit et s’abaissa sur lui, d’un mouvement ample et sûr, pour le prendre entièrement. Il était large, brûlant, présent, et surtout, il était immobile. Vilhelm releva à nouveau les hanches et geignit devant l’inflexibilité de l’Elfe.

― Maître, s’il vous plait…

― Que veux-tu, Valerian ? Tu as été sage alors je me sens d’humeur à te passer quelques caprices.

― Maître, j’aimerais que vous ayez envie de moi…

L’une des mains de l’Elfe vint se poser sur sa cuisse, caressante, et il ondula légèrement le bassin, si légèrement que c’était à peine perceptible, mais son sexe bougea en Vilhelm et c’était parfait, et il voulait plus.

― Mais j’ai envie de toi, fit Falco de sa voix calme.

― Est-ce que… Oh…

Falco venait de bouger les reins à nouveau, imperceptiblement, lui faisant un instant perdre le fil de ses pensées, et il avait retrouvé son immobilité de statue, sa main reposant doucement sur la cuisse de l’ambassadeur. S’empalant un peu plus sur le sexe dressé, Vilhelm reprit.

― Est-ce que vous voudriez bien me prendre, vous, vous faites ça tellement mieux que moi, s’il vous plait…

Falco sourit, remonta la main le long de la jambe de Vilhelm pour se saisir brutalement de sa hanche, et il ondula du bassin, franchement cette fois, s’enfouissant jusqu’à la garde avant de se retirer, pas complètement, suffisamment.

― Oh, maître, laissa échapper Vilhelm dans un cri, oui, oui maître !

L’Elfe le prit d’un nouveau coup de reins, plus sec, plus ample, et Vilhelm gémit à nouveau.

― Oui, maître, encore, merci, oh, maître, merci…

Ses paroles devinrent bientôt une litanie inarticulée, rythmée par les mouvements erratiques de Falco, et le plaisir montait en lui, puissant, inexorable, sans merci.

― Maître, maître, j’ai besoin de jouir, laissez-moi jouir, s’il-vous-plait maître, supplia-t-il.

― Attends encore un peu, grogna l’Elfe, j’y suis presque.

Et Vilhelm mobilisa toutes ses réserves de volonté pour retarder sa jouissance, et c’était dur, insupportable, surtout quand il sentit son maître se tendre, lorsqu’il le sentit jouir en lui, s’enfouissant profondément pour le posséder, et il gémit, désespéré de trouver son propre plaisir.

― Maître, oh, maître, s’il-vous-plait, s’il-vous-plait maître…

― Tu as été un bon garçon, Valerian. Tu peux jouir.

Il n’en fallut pas plus à l’ambassadeur, qui se répandit dans un cri sur l’estomac de l’Elfe, avant de se laisser tomber à côté de lui, épuisé.

Le silence s’abattit sur la pièce, uniquement troublé par le bruit de leurs respirations laborieuses, et l’ambassadeur laissa ses mains dériver sur le torse hâlé de Falco avant de finalement briser le silence.

― Je préfère qu’on m’appelle Vilhelm, lâcha-t-il.

― D’accord, fit l’Elfe.

Il ne posa pas de questions. Vilhelm lui en fut reconnaissant.

             

 

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            05 - Suits

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166726430482/late-kinktober-day-5-suit-vintage-suits

            Personnage originaux, encore, dans le setting du RPG Victoriana

           

            ― Non, Nicholas, c’est très indécent ! protesta le comte.

            À son grand déplaisir, cela ne fit que tirer un rire amusé à son âne bâté de secrétaire, qui se pencha sur lui et lui mordilla l’oreille.

            ― Nicholas, il suffit ! Vous… vous m’oppressez !

            Cette fois, le comportement de l’autre Eldren passa dans l’autre extrême et il recula, le rouge aux joues, l’air désolé, toute trace de sourire disparue, et s’il y avait une chose que Christian n’aimait pas, c’était que Nicholas cesse de sourire. Nicholas souriait tout le temps, et même dans les circonstances les plus inappropriées. Le sourire de Nicholas était Nicholas.

            Christian fit la moue tandis que le mage reculait, et lui fit signe d’arrêter.

            ― Quoi encore ? protesta-t-il. J’ai dit quelque chose d’offensant ?

            Nicholas hésita avant de répondre.

            ― Non, mais je ne veux pas vous oppresser.

            ― Ah. Oui. C’est ennuyeux. Disons que… Allons au lit, Nicholas ? Il est juste à côté. Nous pourrons discuter et avoir ce rapport sexuel que je suis tout à fait disposé à avoir.

            Le sourire revint, et Christian se sentit très malin : un succès complet, puisque son interaction sociale s’était soldée par une réussite. Il devenait bon à ce petit jeu. Se gargarisant de ses exploits, il ne comprit pas ce qui avait pu ne pas fonctionner lorsque son secrétaire répondit.

            ― Ou alors nous pouvons avoir un rapport sexuel ici.

            ― Mais enfin, Nicholas… Il n’y a pas de lit ici, même pas de canapé ou de… fauteuil.

            Il frissonna à la pensée très dévergondée de pratiquer l’acte sexuel dans un fauteuil et, bravement, continua son explication.

            ― En sus, nous sommes encore habillés.

            Sur cette démonstration imparable, il attendit que Nicholas obtempère, et se dirige vers le lit qui, franchement, n’était pas si loin, il exagérait un petit peu.

            Le sourire du mage s’élargit et Christian estima que c’était une victoire totale, ils allaient copuler comme des personnes civilisée, et…

            Nicholas se mit à genoux et ouvrit le pantalon du comte, ce qui aurait été très bien, même si Lakshan, lui, n’éprouvait pas le besoin de se mettre à genoux pour lui ôter ses vêtements, si cela avait bien été le but de son secrétaire, seulement Nicholas, non content de ne pas faire plus que d’ouvrir sa braguette, sortit cavalièrement le sexe du noble de ses sous-vêtements, ce qui n’était pas du tout la marche à suivre pour déshabiller quelqu’un. Christian s’apprêtait à lui rappeler cette évidence lorsque le démonologue le prit dans sa bouche, entièrement, d’un coup.

            ― Nicholas ! couina le comte. Nous étions d’accord pour attendre que nous soyons allongés et nus pour que vous me prodiguiez une fellation.

            L’autre Eldren grogna, et Christian frissonna à cette sensation, mais ne s’arrêta pas pour autant.

            ― Mais enfin, Nicholas, tout ceci est singulièrement dévergondé !

            Le mage recula donc la tête, et un filet de salive coula de façon très inappropriée à la commissure de ses lèvres, sans paraître le gêner, lorsqu’il répondit.

            ― Je ne suis pas d’accord avec vous. Ça ne me parait pas très dévergondé.

            ― Parce que vous êtes un débauché, Nicholas ! Mais je suis…

            ― Si ça ne vous convient pas, vous n’avez qu’à invoquer Lakshan, le coupa l’impertinent démonologue.

            ― Je ne vais pas mêler Lakshan à tout cel-ah ! Nicholas !

            Ses protestations ne rencontrèrent que le silence, l’autre Eldren s’employant de nouveau à sucer son sexe, le prenant sans efforts au fond de sa gorge, une aptitude que Christian avait encore des difficultés à maîtriser, et qui, il devait le concéder, était bien agréable, nonobstant le fait que le lit était à peine à quelques pas, et que Nicholas était vraiment le dernier des feignants de refuser obstinément de s’y rendre.

            Bien sûr, il suffirait au comte d’appeler son majordome, et ce serait une affaire réglée, mais il n’était pas certain de ne pas avoir envie que son secrétaire continue à sucer son sexe, parce qu’il fallait lui concéder qu’à défaut d’avoir une attitude convenable, Nicholas pratiquait de très bonnes fellations. Et pas que des fellations.

            Christian décida donc de lui concéder le rapport oral. Il se faisait confiance pour le raisonner ensuite afin qu’ils terminent leur rapport sexuel dans le lit. Après tout, ils étaient toujours habillés.

            La pression de la bouche de son amant sur son pénis se fit plus importante, ses crocs effleurèrent légèrement, très légèrement la peau sensible de sa verge, et le comte se retrouva soudainement bien incapable de réfléchir correctement, du moins il parvenait difficilement à réfléchir à autre chose qu’à l’homme qui se trouvait à genoux devant lui, à sa bouche sur lui, autour de lui, à ses cheveux qui filaient entre les doigts de l’aristocrate, couleur de feu contre ses gants blancs. Christian, fasciné, regarda son sexe aller et venir entre les lèvres du mage, incapable de rationaliser le plaisir, perdu dans ses sensations, les jambes tremblantes, les reins brûlants du besoin de jouir.

            ― Nicholas… appela-t-il. Nicholas, il faut que vous cessiez… Nichol-AH !

            Maudit démonologue ! Etait-il donc incapable de prêter attention à ce qu’on lui disait ?! Ce fut cela dit sans broncher qu’il accueillit la semence de Christian lorsque l’aristocrate jouit dans sa bouche, ses mains sur les hanches du noble permettant à ce dernier de ne pas s’effondrer sur ses jambes flageolantes.

            Fort heureusement, Christian eut tout de même la présence d’esprit de repousser son amant lorsque celui-ci tenta de l’embrasser.

            ― Non ! fit-il fermement. C’est dégoûtant.

            Sans paraître s’offenser, mais Christian avait depuis longtemps renoncé à essayer de comprendre ce qui offensait Nicholas, le démonologue eut au contraire un rire amusé, et essuya les quelques gouttes de semence qui coulaient au coin de sa bouche.

            ― D’accord, d’accord… concéda-t-il, et son sourire se fit carnassier. Mais j’ai tout de même des plans très… hmh… dévergondés.

            Le comportement de son secrétaire se faisait de plus en plus inconvenant, et Christian le sentit plus qu’il le vit ouvrir son propre pantalon alors qu’il embrassait le cou de l’aristocrate, le mordant très légèrement, ses crocs taquinant la chair tendre.

            ― Nicholas, que pensez-vous que vous êtes en train de… Nicholas !

            Les protestations du comte auraient tout aussi bien pu ne pas exister, et Christian sentit le mage baisser le pantalon de son costume sur ses cuisses, juste avant que ses mains ne se glissent sous sa chemise, les griffes qui lui tenaient lieu d’ongles faisant frissonner la peau sensible de l’aristocrate, le faisant gémir lorsqu’il effleura, très légèrement, puis de façon plus prononcée, ses mamelons.

            ― Nicholas, protesta Christian, indigné. Le lit !

            ― Je suis très bien ici, répliqua le mage.

            ― Le sofa… ? tempéra le comte.

            ― J’aime être dévergondé.

            ― … Le fauteuil ? proposa Christian en désespoir de cause, puisque c’était très dévergondé.

            Pour toute réponse, Nicholas souleva ses jambes comme si le comte ne pesait rien, et positionna les cuisses de l’aristocrate autour de sa taille.

            ― Accrochez-vous, souffla-t-il avec douceur, lâchant l’une de ses cuisses pour porter ses propres doigts à sa bouche, se faisant taire tout seul en les suçant, caressant la peau sensible contre l’artère fémorale de Christian lorsque ce dernier obtempéra.

            Rougissant, Christian ne pouvait s’empêcher de détacher son regard du visage de son amant, de l’expression de pur désir dans ses yeux aux pupilles fendues, de ses joues pâles empourprées, des doigts qui allaient et venaient dans sa bouche encore rougie de la fellation qu’il venait de faire au noble.

            ― Vous savez, Nicholas, fit-il tout de même remarquer, le souffle peut-être un peu court, je pense que je peux prendre votre sexe sans prépara… aaaah !

            Les doigts de Nicholas venaient de quitter sa bouche, et il n’avait pas perdu de temps pour un introduire un dans l’intimité de l’aristocrate, cherchant, et trouvant sa prostate.

            ― Vous pourriez me laisser finir mes phrases ! glapit Christian, indigné. Vous n’avez aucune correcti… ah !

            Un nouveau doigt venait de s’ajouter au premier, détendant les parois étroites tout en le stimulant, en lui donnant du plaisir, et l’aristocrate en oublia presque, presque son juste courroux.

            ― Nicholas ! Vous êtes terriblement impoli.

            Le démonologue haussa les épaules, faisant trembler tout le corps de Christian lorsque ses doigts bougèrent en lui, et il ne répondit pas, continuant de le stimuler un long, trop long moment avant d’enlever ses doigts, de caresser les cheveux de Christian, d’embrasser le haut de son crâne avec tendresse.

            ― Je vais vous pénétrer maintenant, d’accord.

            ― D’acc… ah !

            Le sexe de Nicholas se fraya un chemin en lui, doucement mais régulièrement, et le mage arrivait à rendre l’acte sexuel en lui-même à la fois sensuel et tendre, alors que ce n’était tout de même que l’affaire d’un pénis rentrant dans un anus. Mais c’était bon. C’était parfait. Presque suffisant pour faire oublier la grossièreté de Nicholas.

            ― Vous m’avez encore coupé la parole.

            ― Vous parlez trop… grogna le secrétaire, maintenant totalement enfoui en Christian.

            ― Mais c’est important. Et n’oubliez pas, nous sommes toujours habillés, ne salissez pas nos vêtem-han !

            Les hanches de Nicholas venaient de balancer, et il était presque sorti, pour rentrer à nouveau. Christian tenta de rassembler ses pensées, mais les poussées de son secrétaire étaient sans merci, et il le possédait à un rythme soutenu, intense, parfaitement réglé pour donner au noble le maximum de plaisir, et il en prenait, du plaisir, de plus en plus, il montait lentement mais puissamment, régulièrement, c’était parfait, c’était tout ce qu’il voulait, il voulait jouir et il voulait que Nicholas jouisse en lui, il voulait…

            L’orgasme le prit, parfait, effaçant d’un coup toutes les offenses de Nicholas, et le mur dans son dos, et l’absence de lit, et ses vêtements, et il n’y avait que Nicholas qui le serrait contre lui et sa semence qui se répandait en lui, et ce plaisir intense, si intense qu’il lui arracha un cri. Plusieurs.

            Cette fois, il lui fallut de longs instants pour reprendre ses sens tandis que la main de son amant flattait son dos, tendre, attentionnée, et il profita de sa respiration contre son oreille, de sa chaleur, jusqu’à ce que la sensation mouillée de sa propre semence contre son estomac ne le ramène à la réalité.

            ― Nicholas ! Les vêtements !

            Le démonologue rit, et Christian ne savait pas trop s’il était offensé ou attendri.

           

 

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06 - Toys

Source : cahethel.tumblr.com/post/166759360582/late-kinktober-day-6-toys-featuring-alastar-and

Personnage originaux, setting du RPG Néphilim.

 

Le pyrim fixa l'éolim qui déglutissait en regardant l'objet, caressant doucement sa colonne vertébrale dans un geste encourageant.

― Alors ?

― Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

― Ce que tu en penses…

― Que tu as un problème. Je ne sais pas ce que tu cherches à compenser, mais tu n'es pas obligé de me mêler à ça…

Alastar sourit et Messaiah frissonna, et il n'aurait pas la malhonnêteté de prétendre que c'était de la peur. Une pointe de malaise, peut-être, mais il n'avait plus peur d'Alastar. Ou plutôt, le pyrim avait redéfini ce qu'était la peur lorsqu'il avait décidé de jouer le jeu de la folie, mais c'était derrière eux maintenant, et il semblait récemment plus… stable. Meilleur aussi. À un point que Messaiah parvenait presque à croire en ses mensonges, et à lui faire confiance.

Mais, en regardant à nouveau l'objet, il se demanda si sa confiance allait si loin. Il se mordit la lèvre et se tourna à nouveau vers l'autre homme, constatant qu'il souriait. Alastar haussa les épaules avant de finalement répondre.

― Je ne te demanderai rien que je ne ferais pas moi-même. Si tu veux, je passe en premier…

Messaiah renifla.

― Fais le si tu veux, mais si c'est pour que je le fasse moi, tu peux aller te faire dorer.

Le pyrim leva les mains en signe de reddition, ce que Messaiah trouva très suspect, mais il se contenta de froncer les sourcils, attendant de voir quel était le piège, ou la contrepartie. Pourtant, Alastar se contenta de poser l'objet sur une commode avant de se laisser tomber sur le fauteuil qui se trouvait à côté, croisant les jambes.

― Tu accepteras au moins de te déshabiller pour moi ? S'il te plait ?

Il aurait pu ordonner et Messaiah aurait été contraint de lui obéir, mais l'éolim devait lui concéder qu'il ne donnait plus que peu d'ordres, et souvent par accident. Pas toujours. Et généralement, il usait de son pouvoir typiquement dans ce genre de circonstances.

Donc l'effort en lui-même étant notable, Messaiah grogna mais s'exécuta. Quoiqu'Alastar ait en tête, il avait bien l'intention de le lui en faire sortir rapidement, parce que plus le pyrim réfléchissait, plus fâcheuses étaient les conséquences. Ce qui, en l'occurrence, voulait dire qu'il allait se montrer inventif, et convaincre d'une façon ou d'une autre Messaiah de faire des choses qu'il n'était pas sûr d'assumer… L'éolim s'était toujours considéré comme quelqu'un de plutôt ennuyeux en terme de sexe, et il en était très satisfait.

Foutus pyrim et leur libido galopante.

Avec le minimum de sensualité qui suffirait normalement à neutraliser le cerveau toujours trop occupé d'Alastar, Messaiah se défit de son blouson, sortit son T-shirt de son pantalon et le remonta en se caressant légèrement, laissant ses doigts tracer les lignes de ses muscles. Prétendre qu'il n'éprouvait rien serait un mensonge, mais se donner du plaisir était souvent l'une des meilleures façons d'en donner à Alastar, et donc de veiller à concentrer ses pensées sur autre chose que… quoi que soit ce qu'il planifiait.

Explorant son propre corps, l'éolhim fit remonter le tissu qui couvrait son torse sur son estomac, le long de ses pectoraux, dévoilant des mamelons déjà dressés, partiellement à cause du poids des yeux rougeoyants du pyrim sur lui – l'intensité de son regard inhumain était dérangeante, mais aussi réellement excitante. Ne trouvant pas de façon sensuelle de le faire, il fit finalement rapidement passer son T-shirt au-dessus de sa tête et le laissa tomber au sol, avant de s'attaquer aux rivets de son jean.

Lentement, il se tourna pour ôter le vêtement, présentant avec une touche de honte ses fesses à l'autre homme, mais soulagé quelque part de ne plus voir l'éclat rougeoyant de ses prunelles, quoique toujours aussi conscient de ses yeux rivés sur lui. Enjambant le vêtement, il passa les doigts dans l'élastique de son boxer, jouant avec, laissant apparaître juste légèrement la raie de ses fesses, avant de l'enlever d'un mouvement fluide.

Il se tourna ensuite vers le pyrim. Le désir brillant au fond de ses pupilles le rendait plus inquiétant, plus excitant encore alors qu'il dévorait l'éolim d'un regard affamé, et, une fois de plus, Messaiah frissonna, d'excitation, d'envie.

Il se passa la langue sur les lèvres et, sans vraiment y réfléchir, avança lorsqu'Alastar lui fit signe de le faire, d'un geste de la main, s'installant sur ses genoux, laissant l'autre homme caresser ses lèvres des siennes, de son pouce, de sa langue.

Les mains, brûlantes, de son amant, se mirent à parcourir son dos, son torse, ses flancs, flattant, stimulant, taquinant les points les plus sensibles de son corps, évitant les plus évidents, les plus immédiats, faisant paresseusement monter le plaisir. Un peu contre son gré, mais sans vraiment y voir de réelle objection, Messaiah fut bientôt réduit à l'état de créature gémissante, suppliant d'en avoir plus, que cette douce torture cesse, qu'enfin Alastar passe aux choses sérieuses.

Le pyrim prit le visage de l'éolim en coupe, et Messaiah gémit lorsque l'air frais embrassa son corps délaissé. Mais il oublia rapidement ses raisons de se plaindre parce que la bouche d'Alastar rencontra la sienne, brûlante, caressante, passionnée, parfaite, sa langue caressant la sienne de la plus indécente et excitante des façons. Lorsqu'enfin, le pyrim le laissa respirer, ce fut pour lui susurrer à l'oreille, son souffle faisant frissonner la peau sensible de l'éolim.

― Si tu en veux plus, tu sais ce que tu dois faire.

Messaiah suivit le regard d'Alastar et déglutit. Encore. Il n'avait pas oublié l'objet. Le godemichet était impressionnant. Enorme. Intimidant. Messaiah n'était même pas sûr qu'il soit supposé être utilisé, comme vraiment utilisé, mais Alastar, lui, semblait trouver cela tout à fait possible.

― Essaie, au moins, murmura le pyrim, ses mains recommençant à caresser le corps frémissant de Messaiah.

L'éolim se lécha les lèvres, la tête lui tournant, incapable de réfléchir clairement, mais il était certain qu'il voulait plus que les mains taquines de son amant sur son corps, il voulait la promesse suggérée, il voulait… Il était un crétin, et comme d'habitude il s'était fait posséder, et il était prêt à n'importe quoi parce qu'au fond, il était tellement excité qu'il en était à vouloir ce qu'Alastar voulait. Il hocha la tête, les joues cramoisies, et le pyrim sourit.

D'un geste, Alastar lui fit signe de s'agenouiller par terre, et, lentement, lascivement, attrapa le godemichet dégoulinant de lubrifiant pour le poser au sol, juste sous l'anus de Messaiah.

Embarrassé au-delà des mots, tout aussi excité, et peut-être précisément pour ça, l'éolim se laissa descendre contre le jouet, dur, froid, le positionna à l'entrée de son corps, le laissa entrer, juste l'extrémité, et c'était trop gros, et il n'était pas sûr… Il s'apprêtait à se redresser, à s'en dégager, lorsqu'Alastar se pencha sur lui, posant des doigts possessifs sur sa fesse, l'écartant comme pour laisser plus de place au jouet, caressant la nuque de Messaiah de l'autre main.

― Alastar… C'est trop gros, souffla-t-il.

― Tu t'y prends très bien, Messaiah. Ne t'arrête pas. Prends-le. Prends-le profondément.

Et, alors qu'il voulait se dégager, qu'il voulait que le jouet cesse de le pénétrer, il se laissait descendre dessus, son corps ne lui obéissait plus, il avait reçu un ordre, et la pénétration était douloureuse, c'était énorme, c'était trop, c'était…

― Non… gémit-il, alors que la douleur se faisait difficilement supportable. S'il te plait, non… Je ne peux pas…

― Tu sais que la douleur ne durera pas, Messaiah… Tu es parfait. Continue. Prends-le complètement.

Les yeux rougeoyants d'Alastar était fixé derrière lui, sur le jouet qui le pénétrait, lentement mais sûrement, qui disparaissant en lui, et l'éolim gémit, de désir, de besoin, peut-être de douleur, un peu, mais surtout de plaisir, et de honte parce qu'Alastar avait raison, parce que même si ça faisait mal, c'était bon, et son sexe douloureusement dressé commençait à laisser échapper quelques gouttes de sperme tellement il était excité, tellement le plaisir était grand.

Il prit le godemichet. Entièrement. Ses fesses étaient par terre, et il était rempli comme jamais il ne l'avait été, et il en voulait plus, il voulait que le sexe gigantesque bouge, il voulait qu'il le possède, il voulait qu'Alastar lui donne du plaisir.

― Alastar… J'ai fait ce que tu m'as dit…

― Oui. C'est bien, c'est parfait.

Le pyrim recula, et Messaiah gémit de frustration, mais la frustration se mua en plaisir lorsqu'il vit l'autre homme ouvrir son pantalon, dégageant son sexe dressé. Avec des mouvements directifs sans être brusques, Alastar fit bouger Messaiah, le redressant, le godemichet restant profondément enfoui en lui, pour le rapprocher de lui, les cuisses de l'éolim de part et d'autre de sa jambe, son sexe pressé contre son tibia, et il approcha le visage de Messaiah de son sexe.

― Est-ce que tu veux bien me sucer ?

Ordre ou pas, Messaiah se jeta sur la verge de son amant, prenant la tête dans sa bouche pour la caresser du plat de la langue, en taquiner la fente, et il frissonna lorsqu'Alastar grogna. Il commença à en prendre plus, détendant sa gorge pour accueillir toute sa longueur, lorsqu'Alastar se pencha, enveloppant tout son corps dans le sien, laissant ses mains descendre le long de son dos jusqu'à ses fesses, où il se saisit du jouet, le faisant sortir pour mieux pénétrer à nouveau Messaiah, qui cria sur le sexe de son amant, ayant tout juste la présence d'esprit de continuer à le sucer.

― Tu peux te frotter à moi, fit la voix sensuelle du pyrim.

Et, bien que ce ne soit pas un ordre, Messaiah le fit, ondulant du bassin pour laisser le tissu rêche du jean de son amant stimuler son sexe. Rapidement il ne fut plus que sensations, la verge d'Alastar dans sa bouche, la sienne contre sa jambe, et ce gigantesque godemichet en lui, qui allait, de plus en plus rapidement, au rythme de ses lèvres sur le pénis de son amant, et le monde se résumait à ces allées et venues, contre lui, en lui, à cette double pénétration délicieuse, et il en voulait plus, il voulait que ça dure une éternité, il voulait que ça cesse, il voulait que ça dure éternellement, il voulait plus, il voulait jouir, il voulait…

L'orgasme le frappa avec la force d'un éclair, et son cri de jouissance eut raison d'Alastar à son tour, qui se répandit dans sa bouche avec un hoquet surpris.

Les jambes flageolantes, Messaiah s'effondra contre la cuisse d'Alastar, sentant, avec une pointe de regret qu'il s'en voulut de ressentir, son amant enlever le jouet, avant de se redresser et de lui caresser les cheveux.

― C'était parfait, Messaiah.

― Je te déteste, grogna l'éolim.

Il entendait le sourire dans la voix de son amant lorsqu'il répondit.

― Tu ne veux pas que je t'ordonne de dire la vérité à ce sujet.

Messaiah grogna. Non, il ne voulait pas. Alors il ferma les yeux et se contenta de savourer le contact tendre de la main d'Alastar dans ses cheveux trempés de sueur.

 

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            07 – Window/Mirror

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166786126282/late-kinktober-day-7-window-featuring-prince         

            Personnages originaux, setting du RPG Victoriana

 

            Ilya ne se considérait pas comme quelqu’un de très dévergondé. Enfin, comparé aux personnes qu’il fréquentait, il était même l’incarnation de la vertu. D’ailleurs il s’était longtemps pensé le seul du groupe à avoir une sexualité dans la norme. Bon, force lui était maintenant d’admettre qu’il n’était pas dans la norme. Pas du tout dans la norme.

            Il se lécha les lèvres en caressant du regard le torse dénudé du prince d’Asie du regard. D’accord, c’était vraiment une attitude de sodomite. Mais franchement, il s’en fichait un peu, et il commença à se battre avec ses vêtements pour les ôter le plus rapidement possible. Ce n’était ni très digne ni très classe, ça faisait un peu feu aux fesses, mais là tout de suite il s’en moquait. D’un autre côté il ne serait pas venu s’incruster dans la chambre d’un autre homme sans idée derrière la tête, surtout un homme aussi accommodant que le prince Iskandar.

            Le rire du guerrier résonna, chaud, sensuel, tendre, et Ilya leva les yeux vers lui, rougit en le voyant embrasser son corps du regard.

            ― J’ai fait quelque chose ? demanda-t-il.

            ― Non, du tout. Je ris quand je suis heureux, et je suis heureux de te faire un tel effet. Ou je suis présomptueux.

            Ilya ne parvenait pas vraiment à savoir si le prince était sincère, ou si ses doutes étaient une affectation pour recevoir des compliments. Comme si un homme comme lui avait besoin de compliments, ou d’être rassuré…

            Soupirant, il décida, dans le doute, de se montrer accommodant à son tour et, s’extirpant finalement de son pantalon, s’avança vers l’autre homme, caressant son torse de l’index avec un sourire qui se voulait lascif, et c’était plutôt réussi à en juger par le mouvement de la pomme d’Adam de son partenaire, qui déglutit.

            ― Tu ne l’es pas. À moi maintenant de te donner des raisons de rire, donc…

            D’une main caressante, il flatta les muscles bien définis des bras du prince, s’attardant sur son biceps tendu, l’intérieur de son coude, les poils fins de son avant-bras, son poignet solide, jusqu’à se saisir de sa main et la poser sur son sexe, déjà partiellement tendu.

            Le soldat sourit, et ça aurait pu être embarrassant s’il n’était pas si sincère, si encourageant. Sûr de lui ou pas, le prince Iskandar était un homme qui aimait faire plaisir, et ce qui tombait bien c’était qu’Ilya aimait qu’on lui fasse plaisir.

            Il soupira lorsque la grande main calleuse se referma sur son sexe, déposa un baiser sur les lèvres pleines du prince et, de la paume sur son torse, au prix d’un grand effort de volonté, et faisant montre d’un sens du sacrifice exemplaire, il l’arrêta.

            ― Attends…

            Docile, Iskandar détacha sa main du sexe d’Ilya et recula d’un pas, haussant tout de même un sourcil interrogateur. Le gobelin des steppes ne s’attarda pas sur la pointe de regret qu’il ressentit, puisqu’il aurait bientôt plus, mieux.

            Après avoir détaillé d’un regard brûlant le corps de son amant, s’attardant sur sa verge, lourde, imposante, avec une pointe d’anticipation et de désir, il se recula finalement, lentement, puis tourna le dos au prince pour s’appuyer à la fenêtre.

            Dehors, Lady Iona était installée dans son jardin, en grande conversation avec Ruby autour d’une tasse de thé et de petits gâteaux. Écartant largement les bras, il se tourna vers le prince, se passant la langue sur les lèvres.

            ― Ne fais pas ton timide.

            Manifestement, le guerrier n’en avait pas l’intention, puisqu’il avançait déjà, passant les bras autour du torse du gobelin des steppes pour caresser sa peau brûlante, embrassant son cou. Ilya noua la main dans sa luxuriante chevelure noire, et frissonna lorsque son amant murmura à son oreille.

            ― Je ne sais pas si tu as remarqué, mais il y a des gens dehors…

            Ilya sourit, cherchant les lèvres de son amant.

            ― Laisse les regarder… souffla-t-il avant de l’embrasser.

            Et comme le prince Iskandar était un homme peu contrariant, il ne discuta pas, pressant sa bouche contre celle du gobelin des steppes, sa langue contre la sienne, son sexe contre ses fesses, et Ilya soupira, ignorant totalement ce qui pouvait se passer en bas.

            Au fond, peu lui importait ce que Lady Iona allait faire, ou même qu’elle le regarde, il n’était pas exhibitionniste à ce point, la possibilité lui suffisait, et il avait bien d’autres préoccupations en tête, comme ce sexe énorme, brûlant, qu’il sentait frotter délicieusement en bas de son dos.

            Détachant sa seconde main de la fenêtre, confiant en son amant pour maintenir son équilibre, il se saisit d’une de ses mains, entrelaçant ses doigts aux siens, utilisant la paume râpeuse pour se caresser, le torse, le ventre, les cuisses. Le pénis. À nouveau, la grande main, brûlante, l’enveloppa, le caressa, le stimula, et Ilya gémit, incapable de tenir la position, appuyant à nouveau ses mains sur le verre froid.

            De longs instants, il se laissa porter par le plaisir, mais la sensation de la peau rugueuse contre son érection, et cette tendre brutalité qu’aucune femme n’avait jamais su lui prodiguer. Puis il remua les hanches contre celles de son amant, frottant la verge gonflée contre ses fesses, cherchant à nouveau le support des bras solides de son amant. Lorsqu’Iskandar soupira à son oreille, il tourna la tête, chercha, rencontra sa bouche, l’embrassa longuement, avec passion, caressant sa langue de la sienne, explorant sa bouche accueillante, et lorsqu’il fut à bout de souffle, il détacha enfin ses lèvres des siennes, et murmura.

            ― Ma cravate…

            ― Pardon ?

            La voix d’Iskandar était rauque de plaisir, basse, sensuelle comme jamais, et Ilya gémit rien qu’à l’entendre, en perdant presque le fil de ses pensées, mais il parvint tout de même à répondre.

            ― Donne-moi ma cravate. Derrière toi.

            Du coin de l’œil, Ilya vit son amant hausser un sourcil mais, sans arrêter de soutenir le gobelin des steppes d’une main solide autour de son torse, l’humain se pencha en arrière pour s’exécuter, tendant le morceau de tissu à son propriétaire.

            Avec un sourire, Ilya se tourna dans son étreinte, frustré de ne plus sentir son sexe contre ses fesses, mais satisfait de constater que les bras restaient autour de lui, protecteurs, puissants.

            Dans un geste délibérément lent, il passa le tissu autour du cou large de son amant, admirant le contraste de l’étoffe blanche sur la peau tannée par le soleil. Après avoir fait un tour complet, il se saisit des deux extrémités de la cravate et les enroula autour de ses poings.

            Avec un sourire carnassier, il murmura.

            ― Bien, mon prince… Maintenant que cette monture est harnachée, j’entends bien la monter…

            Le fier soldat répondit par un rire amusé, ne semblant pas le moins du monde offensé, et saisit Ilya sous les jambes, le souleva, lui laissant le soin de nouer les chevilles derrière son dos et d’enserrer sa taille entre ses cuisses.

            S’exécutant docilement, le gobelin des steppes se laissa plaquer contre le verre froid de la fenêtre, la sensation sur son dos nu lui tirant un frisson. Mais bientôt, les doigts du prince furent contre lui, brûlants, glissants de lubrifiant, et ils s’insinuèrent dans son intimité, agiles et précis, cherchant le point en lui qui stimulerait son désir, et lorsqu’il le trouva, Ilya gémit et tira sur la cravate, brutalement.

            Iskandar eut un hoquet alors que le tissu comprimait brutalement sa gorge, chercha sa respiration, mais loin de lui faire perdre sa concentration, le mouvement eut pour effet immédiat de faire augmenter l’excitation du soldat, dont l’érection grandit visiblement contre la cuisse d’Ilya.

            Les doigts du prince en lui se firent plus pressants, plus exigeants, et, sans cesser d’exercer une pression sur son cou musclé, Ilya vola d’un baiser le peu d’air qui restait à son amant, avec pour simple résultat de le rendre plus exigeant, de se faire presser plus fort contre le verre, si bien qu’il s’inquiéta un instant de le voir voler en éclat. Mais les vitres étaient plus solides que ça, et elles tinrent bon, même lorsque, toujours prisonnier de l’étreinte d’Ilya, Iskandar enleva ses doigts pour les remplacer par son sexe, pour le pénétrer d’une poussée.

            Avec un cri, le gobelin des steppes l’accueillit, colossal, puissant, violent, brutal, comme un cheval emballé, et il tira un peu plus sur le tissu entre ses mains, ne faisant que décupler la passion de son amant. Le prince crispa les mains sur les fesses de son amant, les écartant pour le pénétrer plus fort, plus vite, plus profond, et Ilya eut un brève pensée pour Lady Iona, un peu gêné peut-être à l’idée qu’elle regarde, mais excité aussi.

            Tirant sur sa cravate, il rapprocha le visage d’Iskandar du sien avant de relâcher un peu la pression et de l’embrasser, sa respiration hachée se mêlant délicieusement à la sienne.

            ― Je crois… ah ! Je crois que ma monture s’emballe… souffla-t-il.

            Le prince ne répondit pas et l’embrassa, brutalement, brusquement, intensément mêlant sa langue à celle du gobelin des steppes, tremblant de désir, du manque d’air peut-être.

            Lorsqu’enfin son amant le laissa respirer, courtoisie qu’il ne lui rendit pas, serrant plus fort, laissant à peine la possibilité de respirer au soldat, Ilya murmura à son oreille.

            ― Il me semble qu’une fois qu’une bête a pris le mors aux dents, il faut la laisser s’épuiser… Ou obtenir ce qu’elle veut…

            Le prince grogna, et les mouvements de ses hanches se firent plus brutaux encore, si c’était pas possible. Ilya laissa échapper un cri, de plaisir, de surprise et, agrippé à sa cravate, incapable de réfléchir clairement, se mit à murmurer des mots sans suite, tournant autour de « oh, oui, encore, plus fort, plus vite », et ce fut finalement lui qui jouit en premier, mais à peine s’était-il répandu sur l’estomac musclé que son amant que l’orgasme fit trembler le corps puissant du soldat. Iskandar s’enfouit profondément en Ilya, se répandant en lui dans un cri étouffé par la cravate qui volait sa respiration.

            Le gobelin des steppes resta accroché à lui un long moment, la respiration haletante, et ne lâcha ses rênes improvisées que lorsque son amant le décolla enfin de la fenêtre. Du coin de l’œil, alors qu’il nouait ses bras autour du cou puissant de son amant, il vit Lady Iona lever sa tasse dans sa direction et, les joues brûlantes d’embarras, enfouit sa tête contre l’épaule du guerrier.

            Pourtant, sa gêne s’évapora lorsqu’Iskandar le déposa dans le lit et s’allongea à côté de lui, et il se blottit contre le torse large du guerrier, le sourire aux lèvres.

            Finalement, avoir un amant mâle et viril avait quelques avantages…

           

 

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            8 - Blindfold

            Source : eldarianne-art.tumblr.com/post/166182918467/kinktober-831-blindfold-this-work-encompasses

            Le setting est celui d’Ambre, les personnages sont originaux. Le dessin n'est pas de ma femme cette fois, mais je me permets quelques libertés :p

           

            Cecil avait toujours été un homme confiant. Il le fallait : Benedict n’attendait rien moins que la perfection de ses enfants. De ce fait, Cecil s’était toujours employé à être irréprochable dans tous les domaines. Et il estimait avoir fait plutôt du bon travail.

            Il se targuait d’être un homme droit, honorable et correct, un homme que son père pourrait être fier d’appeler son fils.

            Bien sûr, être parfait ne signifiait pas nécessairement qu’il fallait complètement ignorer les plaisirs de la chair. D’ailleurs, Cecil n’était pas non plus un novice en la matière. Il avait fréquenté des filles de joies – pas de celles qui traînent dans les rues à la nuit tombée, non, des femmes bien, propres, dans des établissements corrects et bien tenus.

            Il ne s’était, par contre, jamais acoquiné avec une dame mariée. Il n’était pas un homme incorrect.

            Donc, franchement, Cecil s’estimait être quelqu’un de décent, un bon fils et un bon gendre.

            Il ne comprenait pas ce qui l’avait poussé à accepter la demande de Lyosha.

            Enfin, si, il comprenait : Lyosha était son cousin, et en sus de cela son ami, et un homme qu’il estimait. Il avait souvent secondé Cecil, et s’était toujours montré de bonne composition et de bon conseil. Il n’était donc que normal que Cecil fasse preuve à son tour d’indulgence et se montre accommodant avec lui.

            Et, lorsqu’il lui avait demandé de venir avec lui à la maison close qu’ils avaient déjà visitée par le passé, Cecil avait obtempéré. Après tout, ce n’était peut-être pas le lieu optimal qu’il aurait choisi pour une sortie entre amis, mais ça restait… Disons, quelque chose qui pouvait s’envisager, entre jeunes gens de bonne naissance.

            Il avait commencé à revoir son évaluation de la situation lorsque Lyosha avait dit qu’il prenait les choses en main, puis les avaient amenés dans une chambre et lui avait demandé s’il pouvait lui bander les yeux.

            Mais Cecil faisait confiance à Lyosha, alors là encore, il s’était plié à ses conditions. Il s’était laissé aveugler, puis il avait attendu, assis, les autres sens aux aguets, un peu mal à l’aise mais déterminé à se montrer un bon ami.

            Il avait entendu la porte s’ouvrir, et des mains décidées s’étaient posées sur ses épaules, le poussant doucement vers l’avant pour qu’il se lève. Lorsqu’elles avaient commencé à enlever sa veste, il s’était, très brièvement, posé des questions, avant de se rappeler où il était. C’était assez logique, dans une maison close, de se faire dévêtir.

            C’était une drôle d’idée de la part de Lyosha de choisir pour lui de quelle façon il allait partager son temps avec une prostituée, mais le fils de Corwin avait parfois des réactions curieuses…

            Les mains agiles détachèrent et disposèrent de sa cravate, sortirent sa chemise de son pantalon et l’ouvrirent lentement, caressant la peau en-dessous, érotiques et sensuelles. Cecil chercha du bout des doigts la taille de la prostituée, rencontra le tissu épais, tendu et doux d’un corset, sur lequel il remonta avant que sa course ne soit arrêtée par des paumes brûlantes sur ses poignets.

            ― Pas maintenant, murmura une voix à son oreille, si basse qu’elle était impossible à identifier.

            Et, sagement, Cecil laissa retomber ses mains le long de son corps tandis que la prostituée faisait glisser la chemise sur ses épaules, flattant ses muscles tendus, le faisant frissonner. Il devait concéder qu’être privé de la vue y faisait indubitablement quelque chose : c’était bien plus sensuel, bien plus excitant de ne pas savoir qui était sa partenaire.

            La chemise tomba à terre et les mains agiles s’attaquèrent à son pantalon, le faisant glisser lentement sur ses jambes, puis à son caleçon qui suivit le même chemin.

            Ce fut donc nu, et, il fallait l’admettre, passablement excité, qu’il se fit repousser vers le lit, sur lequel il s’étendit docilement, cherchant à nouveau la taille corsetée de la prostituée, qui cette fois le laissa remonter sur ses flancs pour venir prendre en coupe ses…

            … pectoraux ?

            Cecil eut un mouvement de recul, mais une main se posa sur son bras, apaisante, alors qu’une voix – masculine, clairement masculine – résonnait.

            ― Du calme Cecil. Il ne se passera rien que tu ne veux pas. J’aimerais juste que tu… essaies de l’envisager ?

            Lyosha. C’était Lyosha. C’était bizarre, c’était inattendu, c’était… Tout ce qu’il n’avait pas imaginé…

            C’était Lyosha.

            Et c’était excitant.

            Cecil déglutit, mais ne recula pas lorsque l’autre ambrien posa une main sur son torse, ne repoussa pas le fils de Corwin lorsqu’il s’installa à califourchon sur sa taille, lorsqu’il sentit ses testicules peser sur son estomac.

            C’était bizarre, mais pas vraiment la mauvaise sorte de bizarre.

            Cecil n’était pas homosexuel. L’homosexualité était un vice, auquel il avait toujours refusé de s’adonner. Mais une seule exception, et avec un homme de la valeur de Lyosha, ça ne comptait pas vraiment. C’était plutôt comme…

            C’était confus. Ce n’était pas simple, et Cecil n’aimait pas les niveaux de gris, alors il préféra ne pas réfléchir, parce que de toute façon il ne voulait pas repousser Lyosha, et il ne l’aurait pas voulu même s’il n’y avait pas eu ses fesses fermes contre son sexe tendu, et ses mains brûlantes sur son torse, qui caressaient ses muscles crispés, les délassant parfaitement.

            Et ce n’était pas vraiment contre son gré qu’il posa une main sur la taille de Lyosha – et son corset, et ça c’était vraiment très affriolant – et l’autre sur sa cuisse, et par la Licorne, il portait des bas, et ça aussi c’était vraiment très excitant, et Cecil brûlait d’envie de le voir.

            Mais il était un homme discipliné, et Lyosha ne lui avait pas dit d’enlever son bandeau.

            ― C’est bien Cecil. Ne bouge plus, souffla Lyosha.

            Venant de n’importe qui, le fils de Benedict aurait probablement ignoré l’ordre. Mais là il ne le fit pas. Il garda ses mains sagement où elles étaient tandis que Lyosha se reculait un peu, faisait glisser la verge de Cecil entre ses fesses… glissantes ? Cecil rougit et ne put retenir un grognement de désir.

            Il n’était pas homosexuel mais il n’était pas un innocent non plus. Lyosha s’était lubrifié. Pour lui. Et ça aurait dû être révoltant, parce que c’était vraiment un comportement très inverti, mais non, c’était juste très excitant, et surtout, quelque part, ça faisait battre le cœur de Cecil un peu plus fort. Parce qu’il l’avait fait pour lui.

            ― Tu… Tu es sûr de toi ? bafouilla le guerrier. Parce que tu n’es pas obligé de…

            ― J’en ai envie, coupa le fils de Corwin. Si tu en as envie, j’en ai envie.

            ― Mais il n’y a pas que moi qui…

            ― Cecil, l’interrompit à nouveau Lyosha. J’en ai envie pratiquement depuis que je t’ai vu, et certainement depuis que tu as arrêté de porter ces favoris ridicules.

            Cecil rougit violemment et Lyosha laissa échapper un petit rire un peu embarrassé avant d’affirmer à nouveau.

            ― J’en ai envie, Cecil. Et toi ?

            Le guerrier hésita, un instant, et sentit la main de Lyosha se crisper contre son torse.

            ― Oui, répondit-il finalement. Oui, j’en ai envie.

            Un soupir soulagé lui répondit, et, juste après, il sentit les hanches de l’autre ambrien se soulever, et soudain, il était au-dessus de son érection, il descendait, les parois étroites s’écartaient pour laisser passer le sexe du guerrier.

            Le fils de Corwin se laissa aller en arrière, une main appuyée sur une des cuisses de Cecil, l’autre se stabilisant sur son flanc et, lentement, le prit en lui. La sensation était à la fois familière et très étrangère, la pression plus forte, plus présente, presque meilleure, mais sûrement parce que c’était Lyosha et…

            Licorne, c’était Lyosha, et, maintenant qu’il avait pris Cecil entièrement en lui, il se saisit des mains du guerrier, les faisant courir sur son corps avant de laisser Cecil effleurer la courbe de ses hanches, le galbe de ses mollets, les muscles tendus de ses épaules, de son torse, un mamelon dressé de désir, et les gémissements de Lyosha étaient délicieux, parfaits, et Cecil était vaguement conscient que lui aussi vocalisait son plaisir, mais ce qui importait, c’était Lyosha sur lui, son corps brûlant sous ses paumes.

            Lyosha ondula du bassin, et la sensation était délicieuse, parfaite, et il y avait ce bas sous la main de Cecil, qui couvrait une cuisse tremblante, et ces petits cris, divins, et il devait être superbe…

            ― Je veux te voir.

            Il y eut une pause. Cecil grogna de frustration lorsque les mouvements de hanches de Lyosha cessèrent. Finalement, le fils de Corwin répondit.

            ― Tu es sûr ?

            ― Oui. Je veux te voir, s’il te plait.

            Deux mains se glissèrent sous le bandeau et le soulevèrent, et il ne fallut que quelques secondes à ses yeux pour s’adapter à la chiche luminosité de la pièce et…

            Lyosha était magnifique. De ses joues empourprées à la cambrure de son corps sous le corset, de ses cuisses soulignées par le tissu noir de ses bas, de ses avant-bras ganté à la pointe durcie de ses tétons.

            Les mains du guerrier se rivèrent aux hanches de l’autre homme, alors même que Lyosha s’appuyait des deux mains sur son torse pour relever le bassin, d’abord doucement, avec une lenteur insupportable qui mettait tous les nerfs de Cecil à vif, avec ce frottement intense et délicieux, puis de plus en plus vite, et les doigts du fils de Benedict s’enfoncèrent dans la chair blanche de celui de Corwin.

            Cecil ne savait plus trop quand il prit le contrôle, mais les gémissements de Lyosha étaient tout simplement beaucoup trop érotiques pour qu’il se tienne, il n’arrivait plus à se contrôler, et il le guida, plus fort, plus profond, et c’était parfait.

            Lyosha se mit à trembler, contre les flancs de Cecil, autour de son sexe, et ses gémissements devinrent des cris, et le guerrier cessa tout simplement de réfléchir pour ne plus faire que ressentir, sa chaleur, son odeur, et la pression, cette pression parfaite, et il se mit à onduler des hanches à son tour, pour venir à sa rencontre.

            Tout le corps de Lyosha trembla, et, avec une certaine surprise, Cecil sentit sa semence, chaude, atterrir sur son estomac alors que le fils de Corwin jouissait dans un cri. La pression autour de sa propre érection augmenta encore et, toute notion de contrôle oubliée, il se sentit partir à son tour, enfoui dans le corps de son amant – d’un homme.

            Il accueillit Lyosha dans ses bras lorsque celui-ci se laissa tomber contre lui, passa une main dans ses cheveux noirs trempés de sueur, embrassa son front, son nez, ses lèvres, sans trop y réfléchir.

            Il y réfléchirait plus tard. Pour l’heure, il se contenta de profiter de sa présence, et de bien se garder d’envisager les implications de ce qu’il venait de faire.

            Et puis c’était Lyosha, donc c’était différent.

 

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            09 - Food

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166849635747/late-kinktober-day-9-food-featuring-valerian

            Le setting est celui de World of Darkness, les personnages sont originaux.

 

            ― Va te faire mettre, Vali !

Valerian réagit un poil trop tard lorsque Sulayman se jeta sur lui. L’autre vampire était plus jeune que lui, moins expérimenté, il aurait dû s’attendre à l’attaque, il aurait dû l’esquiver, il aurait dû…

            Les crocs mordirent sa chair, au niveau du cou, et ça aurait dû être bien plus douloureux, après tout les blessures par morsure étaient les pires, de celles qui ne guérissaient que très péniblement, mais c’était juste… Bon. Un frisson de plaisir se propagea dans tout le corps du plus vieux des deux vampires. Une sensation qu’il n’avait ressentie qu’une seule fois dans sa vie.

            Lorsque le Maître l’avait Etreint, lorsque sa vie avait coulé dans les veines du vieux Tzimisce, lorsqu’il lui avait donné le baiser de la mort pour mieux le ramener dans les rangs de ceux qui étaient, à l’époque, les seigneurs de l’Europe de l’Est.

            Le jeune vampire le mordait comme s’il mordait une proie, pas pour se battre, pour se repaître de son sang, utilisant l’extase du Baiser pour le neutraliser.

            La nostalgie, le choc et le plaisir étaient tels que Valerian en oublia presque où il était, face à qui, et, reprenant ses esprits, il repoussa violemment Sulayman.

            ― Tu m’as pris pour du bétail ? cracha Valerian, si furieux qu’il sentait la Bête s’agiter en lui.

            Sans une once de culpabilité, une faim sauvage qui n’avait rien à voir avec la frénésie au fond des prunelles, le plus jeune vampire le fixa d’un regard prédateur, en essuyant le sang qui maculait ses lèvres.

            ― Je ne prendrai jamais le risque de commettre cette erreur, Vali, souffla Sulayman, et Valerian n’avait pas réalisé que l’autre homme avait le souffle si court.

            Qu’il était lui aussi sous l’effet du Baiser. Vulnérable.

            Ce fut son tour de se jeter sur le plus jeune vampire, arrachant sa chemise d’un geste brutal pour accéder à son cou fragile et mordre à son tour. Le sang était chaud, débordant de puissance et de vigueur, et Valerian mordit plus fort, il en voulait plus, plus vite, et la sensation lui montait à la tête alors qu’il cédait à nouveau à l’extase du Baiser.

            Il entendit Sulayman gémir. Il lui suffirait de le vouloir pour le mordre plus fort, pour lui arracher la gorge et ne plus jamais entendre parler de lui et de ses pensées hérétiques.

            Il avala encore goulument quelques gorgées du sang imprégné de puissance du jeune vampire, et recula, parce qu’il était un homme raisonnable, qu’il avait un parfait contrôle de son corps et de ses pulsions, qu’il voulait ramener le Maître à la raison, et qu’il ne le ferait pas en tuant l’infant domestique duquel il s’était infatué pour une raison que Valerian ne s’expliquait pas.

            Sulayman gronda, montra les crocs, et le plus vieux des deux vampires crut que son cadet allait se jeter sur lui. Et, de fait, Sulayman referma la distance entre eux, mais au lieu de tenter de mordre à nouveau, il arracha la lourde veste de velours de Valerian – ce qui irrita l’intéressé, les vêtements élégants se faisaient une espèce rare et il était obligé de porter du sur-mesure, ce qui demandait du temps et de trouver un bon tailleur –, puis sa chemise, la laissant descendre sur les bras soigneusement sculptés de son aîné.

            Les lèvres de Sulayman s’écrasèrent sur le cou de l’autre vampire, léchant avidement le sang qui coulait encore de la morsure, mais lorsque Valerian émit un grondement menaçant, il cessa immédiatement et embrassa les muscles bien définis – parfaitement définis, Valerian se targuait d’avoir une maîtrise parfaite de la vicissitude – de son épaule, de son bras.

            ― Qu’est-ce que tu penses faire ? siffla l’aîné, agressivement.

            ― Tais-toi… répliqua Sulayman, s’attirant un nouveau grognement, qu’il ignora, poussant le vice jusqu’à mordre à nouveau.

            Les muscles n’étaient pas un bon endroit où mordre. Le sang ne coulait pas assez vite, pas assez abondant, et ça n’avait pas de sens, si ce n’était l’extase du Baiser qui se répandait dans les veines de Valerian, et sûrement dans celles du plus jeune vampire.

            Avec un rugissement, Valerian repoussa l’autre homme, passant les mains sous sa ceinture pour littéralement arracher son pantalon et ses sous-vêtements, dans un cri de tissu déchiré, et, loin de s’en plaindre, Sulayman, maintenant entièrement nu, attira la tête de l’autre vampire à lui, près de son cou.

            Valerian ne mordit pas, il n’était pas un animal, mais il embrassa la peau froide de l’autre vampire. Pour des raisons purement pragmatiques. Le Baiser l’avait excité, il devait ventiler, c’était ce qu’une personne rationnelle ferait, et il n’était pas question qu’il s’abaisse à aller mendier les faveurs de l’arrogant Ventrue ou du Lasombra défroqué qui partageaient leur logement avec Sulayman.

            Il prit note mentale de ne plus jamais mettre les pieds ici, surtout pas alors que le jour était sur le point de se lever. Il avait été un crétin d’imaginer que Sulayman pourrait se ranger à son opinion.

            Et ce n’était pas qu’il avait particulièrement envie de l’autre vampire, ou qu’il ressentait la moindre frustration à le voir dans l’autre camp, il n’avait jamais éprouvé qu’une vague animosité pour lui. C’était juste le Baiser. Rien de plus.

            Il embrassa la ligne de son épaule, lécha la peau douce d’un pectoral parfaitement dessiné, et, avant de réaliser vraiment ce qu’il faisait, mordit. Profondément, passionnément, alors que les mains de Sulayman se refermaient comme des étaux, l’une sur son épaule l’autre sur sa tête, et que lui-même saisissait son avant-bras, crispait les doigts dans son cou.

            Le sang coula dans la bouche, chaud là où la peau du vampire était froide, comme du plaisir liquide, coulant dans ses veines, rampant sous sa peau. Sulayman gémit et Valerian lécha le sang sur la plaie, descendant, laissant une traînée écarlate, sur la peau hâlée de l’autre homme. Sulayman se cambra, ses épaules rencontrèrent le mur, tandis que Valerian laissait descendre ses lèvres le long des muscles de son estomac et, arrivé au niveau de l’aine, il mordit à nouveau. Sulayman cria.

            Y mettant toute sa force, l’aîné des vampires jeta son cadet dans le lit qui grinça et protesta. Un peu groggy, les yeux embrumés de plaisir, Sulayman se redressa sur ses coudes, son sang souillant les draps blancs en dégoulinant sur sa peau nue, particulièrement au niveau du cou. Valerian suivit du regard le trajet des gouttes, le long de son bras, jusqu’à son coude, et à nouveau il fut sur l’autre homme, mordant la chair tendre à l’intérieur de l’articulation.

            Les doigts de son cadet étaient à nouveau dans ses cheveux, crispés, possessifs, et Valerian décida de ne pas en prendre ombrage alors qu’il suçait son sang, prenait son pouvoir, mais pas trop, parce qu’il était un homme mesuré.

            Il délaissa la veine ouverte, avec un effort conscient de volonté, et s’insinua entre les cuisses nues de l’autre vampire, embrassant la peau sensible, faisant passer ses canines dessus, sans percer la peau. S’il mordait dans l’artère fémorale, il n’était pas sûr de pouvoir s’arrêter, et il ne voulait pas s’aliéner le Maître. Rien d’autre.

            Alors plutôt que de courir un risque inutile, alors que l’odeur du sang lui montait à la tête, il avala le sexe de l’autre homme, d’un mouvement fluide : ce n’était pas tant une question de pratique – pratiquement inexistante – que de maîtrise de soi, et il avait eu des siècles pour apprendre à maîtriser son corps. Contrairement à l’autre vampire, qui arqua le dos dans un cri, soulevant les hanches pour le prendre plus.

            L’odeur du désir et du sexe se mêla à celle du sang, mais ainsi empli par la verge de l’autre homme, Valerian ne pouvait pas mordre, pas convenablement en tout cas, et c’était précisément le point, donner de plaisir à Sulayman n’importait pas, ne pouvait pas importer.

            Continuant à bâillonner sa propre faim, il se mit à aller et venir sur le pénis dressé, qui grossit au fur et à mesure de ses caresses, pulsant de sang, vibrant, presque vivant, et il enfonça des ongles devenus des griffes dans les cuisses de l’autre vampire.

            Sulayman criait à chaque allée et venue, sans retenue, sans honte, et bien contre son gré, Valerian sentit son sexe grossir entre ses cuisses tandis que les doigts racés de l’autre vampire s’enfonçaient dans ses cheveux.

            Peste soit de son manque de contrôle !

            Sans cesser de sucer la verge de son amant, il fit pivoter tout son corps, enjambant les épaules de Sulayman pour placer les genoux de part et d’autre de sa tête, lui présentant son érection, une invitation claire et transparente.

            Le jeune vampire hésita, leva finalement la tête…

            … Et mordit dans l’artère fémorale de Valerian, dont le plaisir traversa le corps dans un éclair.

            Le vieux Tzimisce siffla de contrariété face à ce manque total de mesure, et, l’ignorant complètement, sans doute partiellement parce que son pénis était encore au fond de la gorge de Valerian, Sulayman se mit à laper le sang qui dégoulinait sur son visage, maculant d’écarlate sa peau sombre.

            Avec un effort conscient de concentration, l’aîné referma la plaie, n’ayant pas l’intention de se vider de son sang et, d’un coup de reins, rappela au plus jeune ce qu’il était supposé faire.

            Un soupir frustré lui répondit mais, finalement, il sentit les lèvres de Sulayman se refermer sur son sexe, humides de son sang, douces, brûlantes, et le jeune vampire lapa son érection comme il l’avait fait de son sang. C’était étrange, c’était inhabituel, mais c’était bon, alors Valerian reprit ses propres activités, creusant les joues, faisant pression de la langue, suçant son sexe comme il aurait sucé ses veines, ondulant des reins pour chercher plus de plaisir.

            Alors qu’il accélérait le rythme de ses caresses, le corps du jeune vampire se mit à trembler et, avec le manque de retenue qui caractérisait ceux de son âge, il se répandit dans la bouche de Valerian.

            L’aîné s’apprêtait à se redresser, disposé à se finir lui-même, mais, avec une force surprenante, son cadet le saisit par les hanches et le retourna, le plaquant sur le lit et s’allongeant en biais sur lui pour reprendre sa fellation, dans une autre position, plus commode, avec plus d’enthousiasme encore, plus de vigueur, et même s’il était âgé et habitué à contrôler son corps, Valerian se mit à trembler à son tour, jusqu’à finalement atteindre l’orgasme.

            Sulayman avala sans broncher, ne relevant la tête qu’une fois qu’il eut avalé toute la semence de l’autre vampire et, se tournant sur le matelas pour lui faire face, interrogea Valerian du regard.

            Avec un soupir irrité, ce dernier demanda finalement, d’un ton brusque.

            ― Tu veux une médaille ? Mes vêtements sont ruinés et je suis coincé ici jusqu’à demain.

            ― Je suis désolé, Vali, je ne voulais pas.

            Agacé au-delà des mots, Valerian tira le jeune vampire contre lui, enfonçant sa tête contre son épaule.

            ― Le jour va bientôt se lever. Dors.

            Sulayman grogna son assentiment, mais Valerian ajouta tout de même, par mesure de précaution.

            ― Et ne mords pas.

           

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            10 - Crossdressing

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166854125897/late-kinktober-day-10-crossdressing-featuring

           

            Irenyan n’était pas un homme autoritaire, ou exigeant, ce qui était assez étonnant étant donnés son statut et la réputation de sauvages qu’on prêtait souvent à son peuple. Mais Gabriel avait rapidement compris que malgré le premier point, c’était un homme plein d’insécurités, et qui considérait plus sa charge comme un devoir envers les autres que comme un avantage personnel. Et il avait rapidement assimilé aussi qu’entre ce que disait la noblesse hautaine de l’Angleterre de la Reine Victoria et la réalité, il y avait un monde, et que le peuple d’Irenyan n’était pas plus sauvage que le père de Gabriel.

            Et donc, Irenyan n’était pas le barbare arrogant qu’on aurait pu attendre qu’il soit. Il était même plutôt un homme prévenant, attentif, conciliant. Un homme de peu d’exigences, et qui donnait beaucoup sans attendre grand-chose en retour.

            Donc, et même s’il avait juré de ne plus jamais porter de robe, Gabriel s’était résolu à faire quelques exceptions, parce qu’il était parfaitement conscient de l’effet des dentelles et frivolités sur son sage et sévère amant.

            Il avait passé la matinée à fouiller dans les malles qu’il avait reléguées loin de son regard pour trouver son bonheur, avait décidé qu’il n’était pas question qu’il s’embarrasse de quatorze couches de sous-vêtements, et s’était contenté de passer jupe et jupons sur son corps nu, se saisissant du corset pour aller doucement secouer le prince berbère, qui dormait du sommeil du juste.

            Irenyan ne grogna pas, il ne grognait jamais, il n’était même pas un tout petit peu de mauvaise humeur au réveil, ce qui était un peu surnaturel, mais peut-être en rapport avec sa vie de nomade – que Gabriel ne comprenait pas et doutait de comprendre un jour. Il se contenta d’ouvrir ses yeux aux reflets fauves (et marque de malédiction ou pas, ils étaient franchement superbes) et de les laisser glisser sur le corps à moitié nu de Gabriel, s’arrêtant, légèrement écarquillés, sur le tissu soyeux qui reposait sur sa taille.

            Il ne posa pas de questions, et n’en posa pas plus lorsque Gabriel se tourna, passant rapidement son corset au-dessus de sa tête, le faisant descendre jsuqu’à sa taille pour tendre les cordons au prince.

            ― J’ai besoin d’aide.

            Sur ces mots, il se tourna, passant les mains dans sa longue chevelure blonde pour la relever, et laisser le champ libre à son amant. Et aussi pour ne pas le dévorer du regard alors qu’il se redressait, le drap blanc glissant sur sa peau dorée par le soleil de son pays natal. Irenyan dormait nu, et c’était une invitation au péché, et pour l’instant Gabriel voulait se faire habiller, pas déshabiller.

            Docile, le prince s’employa à resserrer le cordon en tirant sur les œillets, mais il était soigneux et délicat en tout, un peu trop délicat en l’occurrence, et lorsqu’il tira, ce fut pour épouser les formes du corps de Gabriel, et non pour forcer sa taille à prendre une courbure plus féminine.

            Passant une main en arrière pour la poser sur le poignet du prince, Gabriel tourna la tête pour le regarder et souffla, d’une voix douce et un peu amusée.

            ― Plus fort. N’ayez pas peur.

            Irenyan marqua une pause, haussa un sourcil un peu réprobateur.

            ― J’ai serré au maximum.

            ― Non, prince Irenyan. Il faut serrer plus que ça. Comment croyez-vous que les femmes obtiennent ces tailles de guêpe ?

            ― Les Anglais sont des barbares, grommela le prince, et quelque part, Gabriel se sentait obligé de lui donner un peu raison.

            Et Irenyan tira. Il était peut-être doux, et délicat, mais il était aussi fort, et, alors que le prince poussait dans son dos pour mieux tirer sur les liens, Gabriel laissa échapper un petit cri. Il n’avait plus vraiment l’habitude d’être malmené de la sorte, et, surtout, il n’avait pas l’habitude de ce pic d’excitation, de ce frisson de désir alors que la paume caressante s’était faite brutale, alors que les mains aimantes resserraient sans douceur les cordons du corset avant qu’il ne se défasse.

            Cela fait, les doigts forts et solides glissèrent sur ses épaules, massant doucement sa peau frissonnante, et, se méprenant manifestement sur le sens des tremblements de Gabriel, le prince demanda, un peu inquiet.

            ― Trop serré ?

            ― Non, non, c’est bon…

            Il se leva et, se tournant vers Irenyan, il écarta les bras, se laissant dévorer du regard comme il embrassait l’autre homme des yeux, son torse large – pour un Eldren – ses épaules musclées, son estomac plat et, alors qu’il se levait à son tour, que le drap blanc embrassait la peau tannée en glissant contre elle, son sexe qui commençait à s’éveiller, doucement, ses longues jambes effilées.

            Il passa les bras autour du cou du prince lorsque celui-ci s’avança vers lui, sourit lorsqu’il commença à soulever sa jupe, passant la main sous le tissu pour caresser la peau nue de sa cuisse, enfouissant son bassin dans des couches épaisses de soie, de dentelle et de tulle.

            Rapprochant ses lèvres des siennes, Gabriel souffla.

            ― Il est hors de question que je sorte comme ça, ou même que je reste comme ça plus que nécessaire, alors dépêchez-vous de profiter de ces ridicules froufrous.

            Le pouce du prince caressa les jambes du noble français à travers le tissu, un sourire canaille jouant sur ses lèvres, le rendant plus séduisant encore si c’était possible, et il répondit, penchant la tête vers Gabriel pour lui murmurer à l’oreille.

            ― Je ne les trouve pas ridicules sur vous…

            Gabriel frissonna, et, à son tour, murmura à l’oreille de son amant.

            ― Je n’accepterai plus de me faire serrer un corset que par vous…

            Et il lécha le bout d’une oreille pointue, faisant trembler le corps nu et brûlant contre le sien. Pourtant, ce fut d’une voix calme et posée que le prince répondit.

            ― Pas si ça vous fait mal…

            ― Ce n’est pas de la douleur, tout au plus de l’inconfort, et vous devriez savoir que l’inconfort peut être terriblement érotique.

            ― J’ai toujours pensé qu’il était plus courtois de donner du plaisir plutôt que l’inconfort à mes partenaires.

            ― Parce que vous en avez eu beaucoup ?

            La peau du prince s’empourpra un peu au niveau des pommettes et Gabriel sourit avant de les embrasser.

            ― Je m’en doutais. Vous êtes trop pur pour ce monde, parfois, prince Irenyan. Et c’est dit comme un compliment. Quoiqu’il en soit, l’inconfort peut tout à fait conduire au plaisir, et j’entends bien que ce soit le cas ici, mais cela nécessite une collaboration plus active de votre part.

            Et, à nouveau, il lécha l’oreille effilée, la caressant de la langue, en explorant ses courbes harmonieuses, posant les mains à plat sur le dos large d’Irenyan pour sentir ses muscles, sculptés par de longues chevauchées et le maniement du sabre, rouler sous ses paumes alors que le prince soulevait ses cuisses pour les nouer autour de sa taille et le portait vers un bureau encombré, dont il envoya valser le contenu par terre afin d’y asseoir le noble français.

            Gabriel eut une petite pensée compatissante pour tout le travail que son amant devrait recommencer, mais il était certainement un étudiant aussi brillant qu’il était un prince dévoué, donc ça ne devait pas être si grave que ça.

            Il se laissa renverser. L’autre homme remonta complètement jupe et jupon sur ses cuisses et, au prix de quelques contorsions, Gabriel lui tendit le flacon de lubrifiant qu’il avait passé dans sa ceinture.

            Irenyan haussa et sourcil mais ne posa pas de questions, attrapant la bouteille avant de marquer une pause.

            ― Est-ce que tu veux… ?

            Il fit mine de se retourner, et Gabriel rit.

            ― Une prochaine fois, peut-être, mais pour l’heure, ce ne serait pas très commode, ne pensez-vous pas ? Je veux dire, il y a plus pratique que soulever mes jupons et lutter contre mon corset pour vous prendre…

            À nouveau, le prince rougit adorablement et hocha la tête. Gabriel saisit son visage entre ses mains, caressant du bout du pouce la cicatrice sur sa joue. Irenyan frémit un peu, toujours sensible après des années, et le noble français l’embrassa doucement, léchant longuement ses lèvres, qui s’entrouvrirent pour lui, avant de glisser sa langue à l’intérieur de la bouche du prince égyptien et de caresser sa langue de la sienne.

            Lorsque finalement ils se séparèrent, haletants, Irenyan se saisit cette fois de la bouteille, se versant une dose généreuse de lubrifiant sur les doigts avant de les passer entre les cuisses de Gabriel. Le tissu épais remonta contre le bras hâlés, masquant ses mouvements, si bien que Gabriel gémit et trembla, d’anticipation lorsqu’un pouce tendre effleura l’intérieur de sa cuisse, de frustration lorsqu’un index taquin se glissa entre ses fesses pour en tracer le sillon, lorsqu’il traça le contour de son anus, léger, trop léger, et, enfin, de satisfaction lorsqu’il le pénétra. D’abord une phalange : déjà bien, mais trop peu. D’un mouvement de bassin, il força son amant à s’enfoncer plus. Deux phalanges, tout le doigt. Et, enfin, Irenyan commença à bouger son index, explorant, caressant, appuyant, jusqu’à ce qu’un frisson secoue un Gabriel au souffle court lorsqu’il effleura le nœud de nerfs en lui qui le faisait voir des étoiles.

            Refermant ses cuisses autour de la taille de son amant, serrant pour l’attirer plus près, Gabriel s’agrippa à ses épaules pour poser son front contre le sien.

            ― Plus vite, mon prince… souffla-t-il à son oreille avant d’embrasser, de sucer sans vergogne la peau sensible de son cou, conscient qu’il allait laisser une marque et pouvant difficilement plus s’en moquer.

            Docile, obéissant, Irenyan ajouta un second doigt, massant, écartant, et stimulant, encore et toujours, ce point qui rendait Gabriel complètement fou, jusqu’à ce que, d’un coup de reins, le noble français lui signale que deux doigts n’étaient définitivement pas suffisants.

            Lesdits doigts se retirèrent, et, sa vue de toute façon toujours bouchée par ses jupons, Gabriel ferma les yeux et enfouit son visage contre l’épaule solide de son amant.

            Il sentit le prince bouger entre ses cuisses, les mouvements de son avant-bras contre le tissu alors que, sans doute, il s’enduisait de lubrifiant, emplissant la chambre du bruit affriolant de la dentelle contre la soie.

            Gabirel gémit, de surprise, de plaisir, lorsque la tête du sexe de son amant se posa contre son anus. Posant ses talons sur les fesses musclées, il poussa le prince, l’attirant en lui et, docile, Irenyan avança les hanches, le pénétrant doucement mais régulièrement, s’enfonçant jusqu’à la garde, s’attirant un soupir satisfait de Gabriel.

            ― Encore, souffla-t-il, et il sentit son amant se retirer, pour le prendre à nouveau.

            Bientôt, le monde de Gabriel se réduisit aux coups de reins d’Irenyan, à son sexe en lui, au frottement sensuel de la soie sur ses cuisses, aux muscles puissants qui roulaient sous ses paumes, à la respiration hachée du prince à son oreille, et il sentait le plaisir monter, il voulait arquer le dos, mais le corset l’en empêchait, et c’était presque mieux. Il s’entendit crier, demander plus, et son amant le lui donna, ses mouvements se faisant plus secs, plus amples, plus puissants, plus profonds.

            ― Irenyan ! gémit Gabriel. Irenyan, je vais, je vais…

            ― Moi aussi, répondit le prince, le souffle court, et il mordit dans l’épaule du noble français, ce qui suffit à précipiter sa jouissance.

            Gabriel se répandit dans un cri et, sentant son amant sur le point de se retirer pour ne pas jouir en lui, le retint profondément enfoui dans son corps de ses chevilles nouées. Avec un grognement de protestation, le prince atteignit l’orgasme, et Gabriel sentit sa semence en lui, chaude, délicieuse.

            Ils restèrent un long moment ainsi, l’un contre l’autre et, finalement, Irenyan se retira tandis que Gabriel se redressait sur ses jambes flageolantes, sentant couler le sperme de son amant contre ses cuisses sans vraiment parvenir à trouver ça désagréable, plutôt l’inverse.

            Repoussant doucement Irenyan, il lui tourna le dos, avant de lancer, d’un ton qui manquait pourtant de mordant.

            ― Enlevez-moi cette saloperie de corset, maintenant.

            Il ne parvint pas à s’offusquer lorsque, au lieu de lui obéir, le prince le pencha sur le bureau et souleva ses jupes pour le prendre à nouveau.

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            11 - Wet

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166881627817/late-kinktober-day-11-wet-featuring-kossith

            L’univers est celui de Dragon Age, les personnages sont originaux (Néolh appartient à Rann, et Kossith à Cahethel, personne n’est à moi /o/)

           

            Voyager vers le Nord aurait pu sembler une mauvaise idée, mais Kossith n’arrivait pas vraiment à se dire qu’il avait eu tort. Bien sûr, beaucoup de choses avaient mal tourné, aurait pu être évitées, mais les terres étrangères avaient leurs avantages.

            Il avait grandi parmi les siens : grands, solides, et puissants. C’était à la fois réconfortant et familier, mais c’était aussi… Pas vraiment ce que Kossith cherchait. Non qu’il en ait été conscient jusqu’à sa capture, et surtout jusqu’à sa libération.

            Il avait été capturé par les Humains : il n’aimait pas les Humains. Ils sentaient le cochon. Il y en avait, bien sûr, parmi ceux qui l’avaient libéré. Mais il y avait aussi les autres. Ceux qui sentaient les bois et la terre humide.

            Ceux qui étaient petits, et fragiles – sauf l’esprit, mais il était différent, bien sûr. Et parmi eux, le plus fragile, du moins d’apparence, le plus délicat, cette personne si précieuse et si gracieuse que Kossith se demandait toujours ce qu’il pouvait bien lui trouver à lui, si massif, si… brut.

            Mais il ne s’interrogeait pas trop sur sa chance. Kossith était une créature d’instinct, qui profitait de chaque instant, de chaque cadeau que lui faisait la vie.

            Lentement, il pénétra dans l’eau où se trouvait Néolh, s’approcha de lui. Il n’avait jamais été doué pour les grands discours, mais son compagnon ne lui en demandait pas, et ça faisait partie de ce que Kossith aimait chez lui.

            À peine avait-il pris note de sa présence que Néolh sourit, et c’était le plus joli spectacle du monde, en tout cas pour Kossith, qui se pencha vers lui, se laissant prendre le visage entre les mains et souriant bêtement lorsque son Elfe déposa un baiser sur ses lèvres.

            Doucement, il caressa les cheveux humides, toujours émerveillé par la façon dont ses grandes mains englobaient parfaitement le visage fin et délicat, rougissant un peu lorsque Néolh appuya la tête sur sa paume, des mèches dégoulinant de l’eau pure de la source glissant entre les doigts épais du guerrier, fins, doux, fragiles, comme l’Elfe.

            Tendrement, Kossith caressa les épaules nues de l’Elfe, si délicates, et sa peau rosée, pâle, admirant le contraste avec la teinte grise de son épiderme. Il laissa ses mains calleuses descendre le long des bras graciles, prit Néolh contre lui. C’était comme s’il était fait pour son étreinte, parfaitement de la bonne taille pour être englobé, et lorsqu’il posait la tête sur sa poitrine, Kossith avait l’impression que son cœur battait si fort qu’il allait exploser.

            Ses doigts parcoururent les cuisses nues de l’Elfe, remontèrent le long de la chair douce et sensible jusqu’à ses fesses, qu’il engloba dans ses paumes pour, doucement, soulever Néolh. L’eau facilitait le mouvement, et l’Elfe n’eut pas à nouer les jambes autour de sa taille, il posa juste ses mains fraiches, fines, sur les épaules de Kossith, et se laissa porter jusqu’à la rive, assoir sur l’herbe humide de rosée, et il écarta les cuisses pour laisser Kossith avancer entre elle.

            Le guerrier caressa le corps du mage gracile du regard, suivant des yeux le trajet des gouttes sur sa peau délicate, descendant jusqu’entre ses cuisses, où son sexe se tendait déjà de désir. Et lui aussi était parfait, comme un joyau précieux dans l’écrin de ses cuisses.

            Ignorant les feuilles de saule qui caressaient la peau de ses épaules, Kossith se pencha pour en embrasser l’extrémité de son érection, doucement, avec révérence, et il sentit Néolh frissonner contre ses paumes. Il leva la tête, cherchant le regard de l’Elfe. Lorsque Néolh sourit, il se sentit fondre à nouveau, et lui rendit son sourire. Lorsque le mage opina ensuite du chef, les joues embrasées, il n’eut pas besoin de plus pour plier à nouveau l’échine.

            Il embrassa encore une fois le gland gonflé, le prit délicatement entre ses lèvres, veillant bien à ne pas y mettre les dents, se contentant de le caresser de la langue, longuement, avec tendresse. Il le sentait grossir dans sa bouche, et c’était la meilleure des récompenses, alors il le prit un peu plus.

            Juste un tout petit peu, pour commencer, et comme Néolh gémissait, plus profond, et il caressa la veine pulsante à la base de son érection du plat de la langue, longuement, sans se presser. Lorsque les tremblements contre lui se firent plus prononcés, que les gémissements se firent plus fréquents, il avança à nouveau la tête, le prenant cette fois entièrement, et une fois de plus, il était parfait, c’était comme s’il était fait pour sa bouche.

            Il sourit lorsque Néolh poussa un petit cri surpris, lorsque l’Elfe passa une jambe sur son épaule, riva une main sur une de ses cornes pour se stabiliser, et, doucement, prenant tout le temps du monde, il recula un peu la bouche, caressant des lèvres le sexe gonflé.

            Néolh gémit, et Kossith sentit une traction sur sa corne. Docile, il prit à nouveau son sexe en bouche, entièrement, jusqu’à ce que la pression se fasse moins forte, jusqu’à ce qu’il puisse reculer sans lutter contre l’étreinte de l’Elfe, et il le laissa sortir de sa bouche, entoura à nouveau la tête de son pénis de sa langue.

            La seconde main de Néolh se saisit de la corne libre, et il appuya, et Kossith suivit le mouvement, le prit à nouveau dans sa bouche. Rapidement, l’Elfe prit le contrôle des choses, et le guerrier n’eut plus qu’à suivre. Il n’avait pas l’habitude d’être dirigé. Il n’avait jamais trop aimé ça.

            Mais c’était Néolh, et avec lui il choisissait de se soumettre, il choisissait d’être dirigé, parce que l’Elfe en valait la peine, parce qu’il n’en abuserait jamais, parce qu’il était parfait, et la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée.

            Il suivit l’ordre muet, et le prit à nouveau, se retira lorsqu’une traction le lui demanda, accéléra le rythme de ses allées et venues en accord avec le désir de son amant, enfonçant ses doigts dans la chair ferme de ses fesses sans trop appuyer, pour ne pas lui faire mal, parce qu’il ne voulait pas le blesser, parce qu’il était trop précieux, trop fragile.

            La cuisse de Néolh, à côté de son cou, s’agita de tremblements incontrôlés, et ce fut le seul signe avant-coureur avant que l’Elfe ne jouisse dans un cri.

            Kossith avala sa semence, pas par obligation, pas uniquement pour lui faire plaisir, parce qu’il en avait envie, parce que tout chez l’Elfe était parfait. Il garda les lèvres scellées autour de son sexe, le laissa se répandre jusqu’à ce que l’orgasme reflue, et il le prit contre lui lorsqu’il s’effondra contre lui.

            L’enserrant doucement du cercle de ses bras, il le sortit entièrement de l’eau, l’allongea dans la mousse et s’étendit à côté de lui, la tête sur son épaule. Il ferma les yeux et sourit lorsqu’il sentit les longs doigts fins dans ses cheveux humides.

            Il lui arrivait encore de regretter son peuple. Mais ces occurrences étaient de plus en plus rares.

            Parce que dans le sud lointain, il n’y avait pas Néolh, et toute la race de Kossith ne valait pas le fragile, délicat, parfait Elfe.

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            12 - Aftercare

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166894427862/late-kinktober-day-12-aftercare-featuring

            Possibles très très légers spoilers sur l’Empire Maudit, pour ceux qui lisent nos publications chez Niddheg ^^.

           

            Le sorcier au sang alfe frissonna en entendant la clef tourner dans la serrure. Il ne tourna pas la tête. Ne bougea pas d’un pouce. Il resta là où il était, à genoux, nus, les cuisses largement écartées et les bras noués dans le dos par un sort qu’il aurait pu lever sans même y réfléchir.

            Tous ses instincts lui criaient de le faire, de vérifier qui venait d’entrer, mais il ne le fit pas, parce que Zacharias lui avait dit de ne pas bouger, et de l’attendre. Il entendit des pas, des mouvements derrière lui, le bruit de quelqu’un qui se dévêtissait. Il était certain que c’était son compagnon et apprenti, mais il brûlait de le vérifier.

            Il ne le fit pas. Ses yeux restèrent rivés sur le sol devant lui, et il ne lutta même pas contre le lien magique, n’émit aucune plainte, aucune demande.

            Après un long, trop long moment, une main se posa sur son épaule, tendre et possessive, un pouce caressa sa clavicule, et il sentit la personne – son compagnon – s’agenouiller derrière lui, se pencher vers son oreille, au-dessus de son épaule.

            ― Je suis désolé d’avoir traîné. Tu sais comment sont les gens… Toujours à demander un service. Je n’ai pas vu passer le temps, murmura Zacharias.

            Il mentait, et ne faisait même pas l’effort de bien le faire, mais ses mains commençaient à courir sur le corps du sorcier au sang alfe, et il se fichait qu’il mente tant que l’attente interminable cessait, tant qu’il n’avait plus à rester ici, agenouillé, pendant de longues heures, sans bouger.

            Une paume brûlante passa sur sa cuisse, flattant les muscles tendus par l’effort, la tension, l’immobilité.

            ― Dis-moi, Taliesin… est-ce que tu t’es levé pour délasser tes jambes ?

            ― Non… répondit l’intéressé, d’une voix rendue rauque par un trop long silence.

            ― C’est bien, souffla Zacharias, et le sorcier au sang alfe en frissonna de plaisir.

            Une main caressante passa le long de sa colonne vertébrale, tandis que l’autre flattait toujours sa cuisse. Les doigts sensibles tracèrent, avec une lenteur insupportable, la courbe de chaque vertèbre, mais le sorcier ne se cambra pas, ne bougea pas, Zacharias ne l’avait pas autorisé à le faire. Taliesin, le Sorcier au Sang d’Argent, était réputé pour être un homme froid et, surtout, capable de se contrôler en toute circonstance : il n’avait pas volé cette réputation.

            La lente torture dura longtemps, trop longtemps, jusqu’à ce que finalement l’index de Zacharias ne passe entre ses fesses, venant effleurer l’objet de métal qu’il avait utilisé pour pénétrer son amant avant de partir, lui ordonnant de le laisser là, de ne pas y toucher. D’une pensée, le fils de l’empereur sorcier fit chauffer et vibrer le jouet, comme il l’avait fait plusieurs fois depuis qu’il était parti vaquer à ses affaires, soit disant pour montrer à Taliesin qu’il maîtrisait les sorts à distance, mais en réalité pour le maintenir dans un état d’excitation épuisant. Le Sorcier au Sang d’Argent gémit, trembla, mais ne bougea pas.

            ― Tu n’as pas essayé de t’amuser avec ? Après tout, toi aussi tu peux le faire vibrer.

            ― Non…

            ― Non, tu ne peux pas le faire vibrer ?

            ― Non, je n’ai rien fait avec.

            ― Oh. J’ai eu peur que ce ne soit un disfonctionnement de mon sort.

            Zacharias marqua une pause, posa son menton sur l’épaule du sorcier tremblant, et, dans le miroir qui lui faisait face, malgré ses yeux toujours baissés, Taliesin le vit prendre un air songeur. Du bout du doigt, il tapota l’extrémité du sexe de métal, qui avait cessé de vibrer, de chauffer, avant de laisser tomber.

            ― Essaie de le faire, tu veux bien ? De le faire vibrer, je veux dire. Oh, et tu peux relever la tête. Je m’en voudrais te t’empêcher de te voir alors que tu es si…

            Il ne finit pas sa phrase.

            Taliesin déglutit mais, docile, s’exécuta, rencontrant le regard brûlant de désir de son amant, essayant d’ignorer la vision de pure débauche qu’il présentait. Il se concentra. Et, à nouveau, l’objet se mit à frémir en lui, émettant une douce chaleur, agréable, excitante. Il ne chercha pas à retenir ses gémissements. Il s’efforça juste de contrôler ses muscles alors qu’il maintenait le sort.

            Les deux mains de Zacharias se posèrent sur ses fesses, les englobant, les massant, les écartant, et le prince recula ostensiblement, baissant les yeux pour mieux regarder.

            ― Augmente un peu l’intensité du sort, Taliesin. Je ne vois rien.

            C’était un mensonge. Le Sorcier au Sang d’Argent obéit, et l’objet vibra plus fort, chauffa plus fort, il avait du mal à se concentrer, mais il se fit violence.

            ― Hmmmh… Je ne vois pas bien.

            L’une des paumes de Zacharias quitta ses fesses pour venir se poser sur sa nuque, le forçant à se pencher jusqu’à ce que ses épaules rencontrent le matelas, puisque ses bras étaient toujours entravés dans son dos.

            La main de Zacharias revint à sa position première, écartant à nouveau ses fesses pour qu’il puisse mieux voir le jouet vibrant.

            ― Oui, en effet. Ça fonctionne. Est-ce que ça te plait, Taliesin ?

            Les joues et les oreilles brûlantes d’embarras, le sorcier répondit, dans un souffle.

            ― Oui…

            ― Est-ce que ça t’a plu, quand je l’ai fait pour compenser mon absence ?

            ― Oui… répondit à nouveau le sorcier prisonnier, sur le même ton.

            ― Ah, Taliesin… Tu es si parfait…

            Le compliment, plus encore que les vibrations de l’objet, qu’il peinait à maintenir, fit gémir le sang alfe.

            Le pouce du prince, caressant, s’aventura à nouveau sur le jouet, l’enfonçant légèrement, et, alors que Taliesin tremblait de plus belle, il demanda, d’un ton distrait.

            ― J’ai l’impression que tu n’as plus besoin de moi… Peut-être que je devrais repartir et te laisser te finir comme ça…

            ― Non ! protesta sans réfléchir Taliesin.

            Le rire de Zacharias était chaud, sensuel, bien plus excitant que tous les jouets du monde.

            ― D’accord, d’accord. Je vais l’enlever, alors. Mais tu n’arrêteras de le faire vibrer que lorsqu’il sera dehors. Je dois vérifier si ça marche même quand il n’est plus à ton contact.

            Un mensonge. Encore un mensonge. Mais Taliesin s’y plia, gardant à grand peine sa concentration alors que son compagnon faisait sortir l’objet, lentement, si lentement, le forçant à jouir de chaque seconde de stimulation, à contrôler son corps qui le brûlait et le désir qui s’accumulait dans ses reins, impérieux.

            Une vague de soulagement le submergea lorsqu’enfin il sortit, et il gémit de plaisir alors que Zacharias caressait son dos.

            ― Tu peux arrêter. Ça marche toujours.

            Taliesin n’en avait pas douté. Il était un sorcier talentueux, bien plus que Zacharias, en réalité. Mais dans ses bras, il était réduit à une poupée docile et, sans toucher à ses liens magiques si faibles, bien trop faibles, il se laissa redresser, il fit à nouveau face au miroir, regardant Zacharias se placer derrière lui, poser les paumes sur ses hanches.

            ― Regarde comme tu es beau, Taliesin…

            Le Sorcier au Sang d’Argent déglutit, suivant du regard les mains qu’il voyait remonter sur son corps, caresser sa peau, flattant, le chatouillant juste un peu, son estomac, avant de remonter sur ses pectoraux. Zacharias prit ses deux tétons entre le pouce et l’index et commença à les rouler, à les pincer, et Taliesin le sentait, derrière lui, son sexe dressé pressé entre ses fesses, et c’était trop bon, mais il n’avait toujours pas eu l’autorisation de bouger, alors il ne se cambra pas, et il n’avait pas eu celle de jouir, alors il se concentra pour tenir les rênes à son désir.

            ― C’est bien, murmura Zacharias. Est-ce que tu te rends seulement compte d’à quel point tu es magnifique… ça me donne envie de te marquer, pour que tout le monde sache que tu m’appartiens. Peut-être devrais-je graver mon nom à l’intérieur de tes cuisses… Tu ne penses pas ?

            Taliesin se mordit la lèvre, gémit. Il n’appartenait à personne, mais il était prêt à dire oui à tout si Zacharias continuait à le toucher, alors il se força à se taire, à ne pas l’implorer de faire tout ce qu’il voulait tant qu’il ne s’arrêtait pas, tant qu’il lui en donnait plus.

            ― J’y penserai. Plus tard… concéda donc le prince, sans cesser sa douce torture. Dis-moi, comment aimerais-tu que je te prenne ? Devant le miroir, c’est évident. Et je veux que tu y fasses face. Tu dois voir à quel point tu es irresistible. Mais… Je pourrais te faire me chevaucher, seulement tu ne pourrais pas me regarder et te regarder en même temps.

            Taliesin gémit alors que les doigts pinçaient plus fort, presque douloureusement ses mamelons, et pas seulement à cause des parole de son amant. Zacharias continua d’ailleurs comme s’il ne se rendait compte de rien, comme s’il n’était pas en train de le rendre fou de désir.

            ― Je pourrais te prendre à quatre pattes, mais pour ça je devrais te détacher, et je n’en ai pas très envie. Ou alors je te prends comme ça…

            Le prince ondula des hanches, et sa verge frotta de tout son long contre le sillon du Sorcier au Sang d’Argent, qui haleta.

            ― Oui… murmura-t-il.

            Mais il fut ignoré.

            ― Dans ce cas, je t’attacherais au plafond, ce sera plus stable, mais j’aime tes bras où ils sont. En plus, si nous faisons comme ça, tu ne pourras pas voir mon sexe te pénétrer, et je veux que tu puisses me voir entrer en toi, que tu comprennes à qui point tu peux être excitant…

            Les doigts sur les tétons de Taliesin s’étaient refaits brutaux, sans merci, tandis que Zacharias faisait mine de réfléchir.

            ― Oh, j’espère que tu ne m’en veux pas pour ça…

            Il pinça encore une fois, plus fort.

            ― Ça m’aide à réfléchir. Tu veux que je m’arrête ?

            ― Non, haleta Taliesin. Non, continue.

            ― Merci.

            Et Zacharias resta un long moment comme ça, stimulant le corps déjà tendu de désir du Sorcier au Sang d’Argent, comme s’il n’était pas conscient des efforts que Taliesin faisait pour rester immobile, pour se soumettre à ses ordres.

            ― Je sais, fit finalement le prince. Je vais te prendre assis. Si tu écartes bien les genoux, et je sais que tu le feras, tu pourras bien tout voir. Je pensais aller faire un tour avant, mais comme tu as été sage, je suis un peu trop excité pour ça, alors je pense que je vais te prendre maintenant. Ça te parait bien ?

            ― Oui, gémit Taliesin, mettant tous son besoin dans sa réponse. Oui, s’il plait, oui…

            ― Ah, je suis content que nous soyons sur la même longueur d’onde, s’exclama Zacharias, avant de bouger derrière le sorcier au sang alfe et de s’asseoir sur ses talons entre les cuisses largement écartées de ce dernier, son sexe dressé positionné juste sous l’entrée brûlante et affamée de son corps.

            Mais Taliesin attendit que les mains de son compagnon se posent sur ses hanches, qu’il le fasse descendre et le guide jusqu’à la tête de sa verge, gonflée de désir. Il tint la position, tirant sur ses cuisses, jusqu’à ce que, d’un ton qui ne parvenait plus à ne pas être chargé de désir, Zacharias reprenne.

            ― Maintenant, tu vas me prendre en toi. Après tout, tu m’as attendu pendant des heures avec… disons ce qu’il fallait pour te préparer à ça. Tu vas me chevaucher jusqu’à ce que je jouisse, et après nous réfléchirons à ce que nous allons faire de ça…

            Et, du bout des doigts, il effleura le sexe de Taliesin qui dut se faire violence pour ne pas arquer le dos et augmenter la friction. Au lieu de ça, il se laissa descendre sur l’érection de son amant, frissonnant de plaisir à chaque centimètre de chair gonflée qui le pénétrait, et lorsqu’il l’eut entièrement pris en lui, il se redressa sur ses cuisses douloureuse pour le prendre à nouveau, pour le faire frotter de tout son long sur sa prostate, gémissant de plaisir et laissant échapper un petit cri lorsque les doigts de son amant revinrent taquiner ses mamelons.

            Mais, parce que c’était ce qui lui avait été ordonné, il continua à chevaucher le sexe délicieux de Zacharias, de plus en plus vite, de plus en plus profond, et, comme il en avait reçu l’ordre, il regarda le pénis de son compagnon le pénétrer, dans le miroir, remontant régulièrement vers son visage concentré, tendu de plaisir, et il ondula des hanches pour augmenter la friction, et même s’il brûlait d’envie de jouir il se retint, jusqu’à ce que Zacharias tremble dans son dos et qu’il se répande en lui dans un cri.

            Et, tremblant, désemparé, il attendit, tentant tant bien que mal de juguler ce désir insupportable qui menaçait d’exploser, et il sentit les lèvres de son amant se poser tout contre son oreille.

            ― Tu peux jouir.

            Il ne lui en fallut pas plus. L’orgasme fit trembler tout son corps, et son sperme jaillit, souillant le miroir en face de lui. Epuisé, à bout, il s’effondra contre Zacharias, qui effleura du bout des doigts ses avant-bras, défaisant le sort qui les liait dans son dos.

            Le prince le garda contre lui en le tirant vers le haut du lit, ne le lâcha pas lorsqu’il l’aida à s’allonger, lorsqu’il remonta la couverture sur leurs deux corps enlacés. Il noua ses doigts à ceux de Taliesin, passa une main tendre, rassurante dans ses cheveux noirs, embrassa son front. Et, tout du long, il ne cessa de murmurer à quel point il le trouvait beau, à quel point il avait été parfait, et même si Taliesin était loin, s’il n’enregistrait pas vraiment ses paroles, il savait qu’elles étaient réconfortantes, il comprenait que c’était une litanie de compliments, qu’il avait été comme il fallait, qu’il s’était bien comporté. Que Zacharias l’aimait.

            Et, alors qu’un épuisement délicieux s’abattait sur lui, qu’il se laissait complètement aller dans les bras de l’autre homme, il l’entendit lui souffler le plus beau des compliments.

            ― Tu es la personne la plus humaine que je connaisse, Taliesin.

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            13 - Biting

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166916583177/late-kinktober-day-13-biting-featuring-liuhan           

            Très légers spoilers sur La Mémoire des Vivants, publié chez Niddheg.

 

            Liuhan ne se considérait plus comme un Elfe depuis longtemps. Il savait ce qu’il était : un animal. Une bête assoiffée de sang. Il méprisait ce qu’il était devenu, et tout ce qu’il représentait. Parfois, il ne comprenait même pas vraiment pourquoi il continuait, alors qu’il n’avait même pas la vengeance pour le maintenir debout.

            Puis son regard se posait sur l’océan, au-delà duquel la courageuse Amadrienn était toujours prisonnière. Sur Svenn, parti si loin qu’il était presque plus à l’aise sous sa forme de bête.

            Sur Eolh, qui ne le voyait pas changé, qui posait toujours sur lui le même regard rempli de révérence et de dévotion, qui l’aimait toujours autant, peut-être même plus. Sur Eolh qui, lui, n’avait pas changé, ou si peu. Eolh qui était, qui serait toujours là, quoi que Liuhan face, quoiqu’il devienne, c’était maintenant une certitude, c’était la planche de salut de l’Elfe en perdition que Liuhan avait été.

            Eolh n’était pas bavard. Il ne l’avait jamais été. Même s’il le connaissait depuis des siècles, le Dragon du Sud avait toujours du mal à savoir ce qui se passait dans sa tête, derrière son expression toujours neutre, derrière le miroir pâle de ses yeux clairs. Eolh était comme le vent, il était évanescent, insaisissable : après tout, même si ses pouvoirs s’étaient révélés tard, il était l’un de ces alchimistes, dont le caractère était souvent influencé par l’élément.

            Mais, souvent, Liuhan n’avait pas besoin de le comprendre, parce qu’Eolh, lui, comprenait. Héritier de deux races, ni Humain ni Elfe, déraciné, élevé en esclave, il avait appris à faire ce qu’on attendait de lui avant qu’on le lui demande. Et, surtout, il savait le fardeau qui accablait Liuhan, et il savait étouffer sa peine et sa haine de lui-même.

            D’un geste lent, empreint de cette grâce languide qui était la sienne, le demi-Elfe se défit de sa ceinture, laissant tomber au sol le large pantalon qu’il portait, comme il avait laissé tomber la lourde cape qui le protégeait du soleil, de la poussière et des regards indiscrets.

            Il avança d’un pas sûr vers Liuhan, sans paraître manifester la moindre peur alors que le dirigeant du Sud venait de briser la nuque d’un homme qui n’avait fait que le contrarier. Parce qu’il était une bête, et que les bêtes agissaient selon leurs pulsions.

            Eolh aurait dû avoir peur de lui, peur de sa soif de sang, peur de sa violence, et pourtant il avançait sans crainte, nu comme au jour de sa naissance, vulnérable, désarmé. Une petite voix à l’arrière de la tête du Dragon, la voix de la raison, lui soufflait que son serviteur n’était ni vulnérable, comme le montrait l’éclat irisé des écailles qui couvraient ses épaules et son bassin, ni désarmé – l’alchimiste vent ne l’était jamais. Pourtant l’effet était le même, et il l’accueillit dans ses bras avec une tendresse protectrice qui atténua d’un coup ses pulsions meurtrières.

            ― Eolh… murmura-t-il. Je suis désolé, Eolh…

            Le demi-Elfe saisit le visage de Liuhan entre ses mains, chercha son regard, et le Dragon n’eut aucune peine à soutenir la vue de ses yeux clairs, parce qu’ils ne contenaient aucun jugement, simplement une note d’incompréhension.

            ― Pourquoi vous excusez-vous ?

            ― Je suis monstrueux.

            ― Vous ne l’êtes pas. Vous êtes magnifique.

            ― Pourtant je…

            La voix de Liuhan s’étrangla dans sa gorge et Eolh sourit, un sourire doux et indulgent qui n’avait rien à faire devant le corps de la victime du Dragon, mais le demi-Elfe semblait n’en avoir cure. Cela dit, il n’avait jamais eu beaucoup d’empathie pour le peuple de son père.

            Plutôt que de discuter, le sang mêlé embrassa la bouche du dirigeant, avec une infinie tendresse, plusieurs fois, jusqu’à ce que la respiration de Liuhan s’apaise. Alors seulement ses lèvres se firent plus aventureuses, plus pressantes, et le dirigeant du Sud eut soudain une conscience aigüe du corps entièrement nu de son serviteur collé contre le sien, gainé de cuir et de tissu.

            Fragile. Vulnérable. Infiniment désirable.

            L’une de ses mains se crispa dans le dos nu, sur la peau douce descendant sur les hanches couvertes d’écailles si fines qu’elles paraissaient irréelles, et pourtant si solides qu’elles pouvaient arrêter même les griffes de Svenn. Il caressa de l’autre main la joue du demi-Elfe qui entrouvrit la bouche, laissant échapper un soupir de plaisir, et c’en fut trop pour Liuhan qui lui inclina la tête en arrière pour mordre la peau tendre de son cou. Il sentit la main de son serviteur se poser sur sa taille, son autre bras se nouant, possessif, autour de son cou, et il entendit sa respiration haletante, son gémissement de désir. Il mordit à nouveau, au niveau de la pomme d’Adam, laissant une marque rouge sur la peau bronzée.

            Il ne perça pas la chair. Il veilla à ce que ses crocs restent loin de la chair tendre du cou de son amant, là où il n’y avait pas d’écailles, là où le sang jaillirait. Il serait si facile de lui arracher la gorge… De le posséder de la plus complète des façons, de se gorger de son sang… La faim se faisait dévorante, et il essaya de se dégager, mais le demi-Elfe le retint, se saisissant de sa corne, cherchant ses yeux, honnête, confiant.

            ― Je n’ai pas peur… souffla-t-il.

            Et, se concentrant brièvement, il fit faillir une lame de vent, plus tranchante que n’importe quel acier, au contact de son cou, entamant sa jugulaire, plaqua d’un mouvement vif les lèvres de Liuhan contre la plaie.

            La blessure en soi n’était pas dangereuse pour Eolh, même si le sang jaillissait à flots dans la bouche de Liuhan : le demi-Elfe régénérait, pas aussi vite que le dirigeant du Sud, mais assez vite pour que cela ne mette pas sa vie en danger.

            Si on la laissait se refermer. Si le sang ne coulait pas trop. Si…

            Il essaya à nouveau de se dégager, mais Eolh le retint.

            ― Vous pouvez mordre, murmura-t-il.

            Et le désir submergea Liuhan en même temps que l’envie de sang, il sentit son sexe se dresser alors qu’il plongeait ses crocs dans la chair tendre du cou du demi-Elfe.

            Le sang jaillit à nouveau, chaud, délicieux, intoxiquant, et il s’en gorgea, mordant à nouveau lorsque le flux commença à se tarir sous l’effet des énergies guérisseuses qui parcouraient le corps d’Eolh. Le demi-Elfe gémit, mais ne se plaignit pas, l’encourageant même à mordre une troisième fois.

            Liuhan était une bête. Il était un animal. Il était…

            ― Arrêtez, maître. S’il vous plait.

            La voix du demi-Elfe était calme, toujours aussi parfaitement calme. Il n’avait pas peur. Il ne craignait pas que Liuhan le vide de son sang. Il le pensait raisonnable, il le pensait en contrôle. Eolh savait qu’il n’était pas une bête, et cette paisible certitude arrêta le Dragon, jugula la faim, ne laissant que le désir.

            Il serra plus fort encore son serviteur contre lui, pressant son sexe, à travers le tissu, contre la cuisse nue de l’autre homme, le poussant vers le trône pour l’y asseoir et s’agenouiller entre ses jambes.

            Eolh se laissa faire, et le suivit du regard, ses pupilles claires assombries pas le désir. Sans le quitter des yeux, Liuhan embrassa son genou l’intérieur de sa cuisse, doucement, tendrement. Il sentit le sang battre sous la peau, au niveau de l’artère fémorale, et la faim revint, mais raisonnable, paisible.

            ― Vous pouvez mordre, souffla à nouveau Eolh.

            Liuhan le fit, mais il ne perça pas la chair. Il aspira la peau, laissant une marque rouge. Eolh arqua le dos et gémit, nouant ses deux mains sur les cornes du Dragon pour l’attirer plus près.

            ― Encore… murmura-t-il, et Liuhan mordit à nouveau, plus fort, mais toujours sans percer la peau.

            Un soupir de pur plaisir échappa au demi-Elfe, mais cette fois, Liuhan ne lui laissa pas l’occasion de réclamer plus, et prit son sexe dans sa bouche, entièrement, jusqu’au fond de sa gorge.

            Eolh était brûlant contre son palais, son érection pulsante de vie, pulsante de sang, mais Liuhan ne sentait plus la faim de sa chair, mais celle de son corps, un désir de sexe naturel pour quelqu’un comme lui et plus fort que n’importe quoi d’autre.

            Il pressa la langue contre la base du pénis d’Eolh, le laissa sans broncher nouer une main dans une pleine poignée de cheveux noirs, s’enfoncer plus encore dans sa gorge. Lorsque le demi-Elfe commença à onduler des hanches pour baiser sa bouche, il sentit son sexe frémir, son désir monter plus encore, et il se soumit.

            Lui, le dirigeant du Sud, le Dragon indompté, se soumit, à genoux, tête baissée, à un ancien esclave, et il aimait ça, tellement qu’il ne put s’empêcher de poser la main sur sa propre érection négligée, mais il ne put aller plus loin.

            Sans doute Eolh l’avait-il vu faire, puisqu’il posa un pied nu sur sa main, l’immobilisant, faisant pression sur son sexe, presque douloureusement, mais encore une fois, Liuhan se laissa faire, restant immobile tandis que son serviteur possédait sa bouche, et c’était bon, c’était parfait, et un frisson de plaisir secoua tout son corps lorsqu’Eolh jouit, et qu’il avala sa semence aussi goulûment qu’il avait avalé son sang.

            Avec un plaisir physique, Liuhan regarda le corps de son amant s’alanguir sur son trône, et suivre ses mouvements alors qu’il se redressait et que, avec un mépris total pour l’état de ses vêtements, il arrachait l’avant de son pantalon, dégageant son sexe tendu de désir.

            Eolh se lécha les lèvres, et le Dragon ne put s’empêcher de les caresser du pouce, saisissant sa mâchoire dans une étreinte possessive pour le guider vers son pénis gonflé.

            Docile, le demi-Elfe descendit du trône et se laissa tomber à genoux devant lui. Liuhan sentit presque le souffle lui manquer sous l’intensité de l’adoration dans le regard de son amant. Il ne méritait pas un tel amour. Il ne méritait pas une telle dévotion. Et pourtant, il en avait besoin comme de l’air qu’il respirait.

            Il passa à nouveau le pouce sur les lèvres du demi-Elfe, s’insinuant entre elles, et Eolh suça son doigt, ses yeux toujours rivés aux siens, alangui, couvert de sang, débauché. Parfait.

            Au bout d’un long moment de contemplation fascinée, Liuhan enleva son pouce, admirant les reflets de la lumière sur le filet de salive qui le relia brièvement aux lèvres brillantes de son amant.

            ― Utilisez-moi, souffla, ordonna Eolh d’une voix douce, tendre.

            Et c’en fut trop pour la retenue de Liuhan, qui saisit une pleine poignée de cheveux blancs et s’enfonça dans la bouche accueillante, profitant de sa chaleur, de son humidité. Eolh gémit contre la peau sensible de sa verge, et il savait qu’il ne tiendrait pas longtemps, alors, utilisant les mèches dans son poing pour assurer sa prise et faire bouger la tête du demi-Elfe, il s’enfonça en lui, jusqu’au plus profond de sa gorge, avec d’amples mouvements de hanches.

            Eolh était parfait, docile, la pression sur le pénis de Liuhan, de sa langue, de son palais était parfaite, et le Dragon était déjà considérablement excité, si bien que, après un temps qui lui parut bien trop court, il se répandit à son tour dans la gorge accueillante de son amant.

            Les jambes tremblantes, il se laissa tomber à genoux face à son serviteur, caressant ses joues avec tendresse, vérifiant que la plaie à son cou était bien refermée – elle l’était, caressant ses cheveux, sa peau, ses lèvres.

            Il n’y avait que de l’amour dans les yeux d’Eolh, et c’était le meilleur des remèdes au mal qui rongeait son maître.

            ― Merci, Eolh…

            Les mains fines de demi-Elfe se posèrent à leur tour sur le visage de Liuhan, ses doigts sensibles effleurant la peau du Dragon avec une délicatesse électrisante.

            ― Vous êtes parfait, Maître. N’en doutez jamais.

            C’était pour ça que Liuhan avait tant besoin d’Eolh : parce que, dans des moments comme celui-ci, il parvenait à le croire.

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            14 – Dom/Sub

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166929784127/late-kinktober-day-14-domsub-featuring-sorin

            Personnages originaux, dans le setting du RPG Earthdawn. Possible spoilers pour mes joueuses adorées.

 

            Kyrios jaugea du regard l’homme étendu sur son lit, dans une posture totalement relâchée malgré sa totale nudité, occupé à graver au couteau des runes ou autres symboles sur un morceau de bois comme si les lieux lui appartenaient. Reportant enfin son attention sur lui, le barsaivien jeta le morceau de bois sur le côté et couva Kyrios du regard tandis qu’il finissait de se déshabiller, se curant les ongles comme si de rien n’était avec la pointe de son poignard.

            ― Tu te rends bien compte que tu es plutôt nul pour jouer ses esclaves, fit remarquer le théran, tandis qu’il achevait de se débarrasser de son pantalon.

            Le grand Guerrier haussa les épaules, pas particulièrement dérangé par la remarque, et passa le pouce sous le collier de métal qui enserrait son cou.

            ― Ça ne suffit pas, ça ?

            ― Pas avec cette attitude. Enlève-le, ajouta-t-il après un instant de réflexion.

            Sorin eut un sourire amusé et passa les mains au-dessus de ses épaules, au niveau de la charnière, faisant jouer le mécanisme habilement camouflé à l’intérieur pour enlever le cercle de métal, le jetant ensuite d’un geste désinvolte à côté du lit.

            ― Voilà, maître… fit-il d’un ton moqueur.

            Maintenant entièrement nu, Kyrios rejoignit son prétendu « esclave », garde du corps, associé, ami et… Bref, sur le lit, lui jetant un regard courroucé.

            ― Ça n’amuse que toi, tu sais.

            Le sourire du guerrier se fit canaille, et il répondit d’un ton amusé.

            ― C’est vrai, toi tu es plutôt du genre à te soumettre…

            Le théran jeta un regard offensé à son compagnon barsaivien.

            ― Toi, il va falloir que tu apprennes à fermer ta gueule… Tu prends un peu trop de libertés.

            ― Oh, et tu vas faire quoi ? Me donner le fouet ?

            ― Je vais te faire fermer ta gueule, oui !

            Avec un rire tellement amusé qu’il en était particulièrement offensant, le guerrier ouvrit les bras.

            ― Mais viens ! Je n’aurai besoin que d’un seul bras pour t’apprendre ta place.

            Généralement, Sorin était quelqu’un de calme, posé, un homme de main parfait – surtout grâce à sa réputation de brute épaisse – et qui éloignait les gêneurs, en général il laissait Kyrios prendre les décisions pour lui, et à l’occasion il laissait même le théran le baiser sans faire de difficultés.

            Et de temps en temps, il avait, comme maintenant, des crises de pénibilité. Sorin prétendait que c’était ce dont Kyrios avait besoin. Comme s’il était dans sa tête. Là, ce dont Kyrios avait surtout besoin, c’était que Sorin ferme sa gueule et, idéalement, écarte les cuisses. Pas qu’il fasse son malin et qu’il mette en doute ses capacités.

            Être à Théra irritait suffisamment le Forgeron pour qu’il ne subisse pas en plus les provocations de son bras droit.

            Il fixa un long moment le Guerrier d’un œil noir, puis fit mine de se désintéresser de lui pour attraper des documents quelconques et, le voyant se détendre un peu, il se jeta sur lui, tentant de le plaquer sous son poids. Avec un sourire amusé, Sorin esquiva en roulant sur lui-même et saisit l’un des poignets de Kyrios dans un étau dont le théran ne parvint pas à se dégager.

            Jurant, le Forgeron tenta de la dégager, ne parvenant qu’à se faire coincer la seconde main dans le même étau. Et cet arrogant bâtard n’avait, effectivement, utilisé qu’une seule main.

            Pourtant, sa poigne n’était pas si forte, et Kyrios se sentait sur le point de se dégager lorsque Sorin le retourna, plaquant ses bras tendus dans son dos et ses épaules contre le matelas. Cessant d’emprisonner ses poignets dans une étreinte douloureuse, il prit les mains de Kyrios dans les siennes, fermement mais presque tendrement.

            Peu décidé à se soumettre si facilement, Kyrios se débattit, mais pour attentionnée que soit la prise de Sorin sur ses mains, elle était aussi de fer, et la position était très défavorable à Kyrios.

            ― Lâche moi, bâtard ! cracha-t-il.

            ― Si tu comptes m’insulter, trouve quelque chose qui ne soit pas vrai, répliqua Sorin sur le ton de la conversation. Mais j’ai une autre suggestion pour toi : si tu relevais un peu ce joli petit cul pour que je te baise ?

            Kyrios grogna. Frissonna.

            ― Pourquoi je ferais une chose pareille alors que moi je pourrais te baiser, répliqua-t-il, même s’il sentait son sexe frémir à la suggestion du guerrier.

            ― J’aimerais bien te voir faire ça dans ta position actuelle…

            ― Ne commence pas à devenir trop arrogant.

            ― Ecoute, aussi fort que j’ai envie de t’aider à lever le derrière, je ne voudrais pas te faire mal, et je devrai te faire mal si je te prends les deux poignets dans une seule main pour dégager l’autre. Alors lève moi ce joli petit cul, tu veux bien ?

            Le théran grogna d’offense, mais, alors que Sorin faisait mise de détacher une main des siennes, il la serra plus fort pour la retenir.

            ― D’accord… lâcha-t-il finalement.

            Toujours plaqué sur le lit par l’étreinte de fer du Guerrier, il parvint tout de même à ramener ses genoux sous lui afin de soulever le bassin, présentant, pour reprendre ses mots manquant totalement de raffinement, son « joli petit cul » au combattant barsaivien.

            ― Parfait, fit Sorin d’un ton satisfait. Voilà une très jolie vue.

            Kyrios frissonna au compliment, et se mordit la lèvre pour ne pas gémir, parce qu’il n’était pas une catin en chaleur, contrairement à ce débile de Guerrier. Le barsaivien ne sembla pas s’en formaliser le moins du monde, et avança le bassin, frottant sur toute sa longueur son sexe dressé entre les fesses de son compagnon théran.

            Kyrios frémit à nouveau, ne pouvant s’empêcher d’éprouver un plaisir coupable à la sensation, de crisper ses mains sur celles du Guerrier, qui, semblant prendre cela pour une invitation, ondula du bassin pour faire aller et venir son pénis contre le Forgeron, mais pas en lui, et c’était peut-être le plus frustrant.

            ― Arrête de jouer, gronda Kyrios.

            ― C’est que je ne voudrais pas te faire mal…

            ― Espèce de connard, qu’est-ce que tu racontes ?

            ― Comme tu m’as l’air d’humeur câline…

            ― Câline ?!

            ― En tout cas d’humeur… euh… à t’accrocher, je m’en voudrais de lâcher tes mains, et donc je ne peux pas te préparer, du coup… Tu vois mon souci…

            ― Par les Passions, Sorin, arrête de jouer et de faire le malin, et prends-moi !

            ― Oui maître.

            Kyrios s’apprêtait à répondre vertement lorsque le sexe du Guerrier se pressa contre lui et commença à le pénétrer. Il n’était pas une petite nature, et ce n’était pas la première fois que ses relations sexuelles avec Sorin viraient au pugilat et qu’ils se passaient de l’étape confort.

            Il souffla alors que la verge dressée, épaisse, chaude, s’insinua en lui. Le barsaivien aurait pu se montrer plus brutal, il l’avait été par le passé, mais cette fois il le pénétra lentement. La friction était forte, mais Kyrios se força à se détendre, et c’était, de façon surprenante, plutôt facile alors qu’il était entièrement soumis à son amant. Il préférait ne pas épiloguer là-dessus, se concentrer sur le pénis qui le pénétrait, lentement, régulièrement, sur la sensation de plus en plus délicieuse d’être rempli, et à bien y réfléchir l’absence de lubrifiant rendait le contact plus réel, plus intense, meilleur.

            Il soupira, finalement, lorsqu’enfin le Guerrier fut entièrement en lui, serra ses mains dans les siennes à s’en faire blanchir les jointures.

            Sorin ne bougeait plus, se contentant de lui rendre son étreinte sur ses mains.

            ― Sorin… souffla-t-il.

            ― Oui, maître, répondit le barsaivien, et paradoxalement, l’emploi du titre qu’ils utilisaient pour leur petite mascarade semblait soumettre Kyrios encore un peu plus.

            ― Sorin, s’il te plait…

            ― Quoi, Kyrios ?

            ― Continue, espèce de bâtard.

            ― Continuer quoi, espèce de fils de noble ?

            Le trait d’humour passa complètement au-dessus du théran, qui gémit de frustration.

            ― Prends-moi, Sorin. S’il te plait, prends-moi…

            ― Je croyais que tu ne me le demanderais jamais.

            Et, sans plus de préavis, il se retira, presque jusqu’au bout, ne laissant que la tête gonflée de son sexe à l’intérieur de son amant. Puis, d’un mouvement de reins puissant, qui projeta légèrement Kyrios en avant, faisant claquer la peau de ses fesses contre les hanches de son amant, il le prit une nouvelle fois. Il réitéra le mouvement, encore et encore, s’enfonçant en Kyrios avec une brutalité délicieuse, tirant cris, gémissements et supplications au théran, qui en voulait plus, plus fort, plus vite, voulait s’oublier dans les puissants coups de boutoir du guerrier.

            ― Sorin, haleta-t-il. Sorin, Sorin, je vais, je vais…

            ― Non, tu ne vas pas. Tu vas… Attendre que je te dise que tu peux… répondit le Guerrier, ses mots rythmés par ses ondulations de bassin.

            Kyrios gémit, mais répondit tout de même, le souffle court, le corps parcouru de frissons de plaisir.

            ― Oui…

            ― C’est bien, souffla Sorin, accélérant encore le rythme de ses coups de reins. Tu as le meilleur cul du monde, Kyrios.

            Dans d’autres circonstances, le théran se serait peut-être offusqué de la vulgarité de son compagnon, mais là, tout de suite, il ne parvenait qu’à la trouver plus excitante, et c’était insupportable parce qu’il avait tellement envie de jouir que c’en était douloureux.

            ― Sorin… gémit-il. Sorin, s’il te plait, Sorin…

            ― Quoi, Kyrios ?

            Le Guerrier ne ralentit même pas. Au contraire, il accéléra encore, et la pression était délicieuse, intenable, sur son corps rendu si sensible que chaque stimulation était douloureuse, alors qu’il se concentrait pour retarder la jouissance.

            ― Sorin, laisse-moi… Laisse-moi…

            ― Te laisser quoi ?

            ― Je veux jouir, Sorin, s’il te plait, s’il te plait, s’il te plait…

            ― D’accord.

            Il n’en fallut pas plus à Kyrios pour se répandre sur les draps avec un cri de jouissance, les mains douloureusement crispées sur celles de son amant, qui continuait à le pilonner sans merci.

            Et Kyrios en voulait toujours plus, il voulait qu’il le possède, il voulait lui appartenir, il voulait plus.

            ― Jouis en moi, Sorin, s’il te plait, s’il te plait…

            Le Guerrier grogna et Kyrios sentit sa semence en lui alors qu’il s’enfouissait profondément dans son corps dans un dernier coup de reins, plus puissant, plus fort encore que les autres. C’était parfait, c’était tout ce qu’il voulait, et lorsque Sorin le lâcha enfin pour s’étendre contre lui, l’attirant dans ses bras, il se laissa faire avec un petit grognement satisfait.

            ― Avec les cris que tu viens de pousser, plus personne ne doutera du fait que tu es un petit pervers qui utilise ses esclaves au lit…

            ― Je m’en fiche… laissa tomber Kyrios, déjà à moitié endormi. Et tu es vraiment un esclave pourri.

            Sorin rit, et c’était vraiment l’un des sons les plus agréables au monde.

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            15 - Muffling

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166955000727/late-kinktober-day-15-muffling-featuring-duncan

            L’univers est celui d’Ambre, les personnages sont originaux.

           

Le souci, lorsqu’on vivait dans une tente et qu’on avait un enfant en bas âge, c’était le manque d’intimité. Caine était un petit garçon facile et autonome – comme les fils de Julian avant lui – et jamais Keannann n’avait eu à se plaindre de lui, au contraire. Il aimait le fils de Duncan comme le sien.

Mais, parfois, il aurait préféré qu’il soit ailleurs. Ou qu’ils soient au château, avec des cloisons entre eux.

À quatre pattes, il s’approcha de l’autre homme et, alors que Duncan suivait ses mouvements d’un œil, bleu comme la glace, vif et alerte, il embrassa ses lèvres, d’abord chastement puis beaucoup moins, les caressant de la langue jusqu’à ce que son amant lui ouvre sa bouche.

Enjambant les hanches larges du gardien d’Arden, Keannann se pencha sur lui, approfondissant le baiser, appuyant ses mains sur les épaules massives de son amant pour se stabiliser. Le forçant à incliner la tête, il pénétra sa bouche de sa langue conquérante, l’explorant avec avidité.

Rapidement, les mains de Duncan, puissantes, impérieuses, furent sur ses hanches et le gardien d’Arden prit le contrôle du baiser, redressant le torse pour pencher en arrière Keannann, qui se retint à la tunique de son amant, s’y agrippant comme aux rênes de Morgenstern, le jour où Julian l’avait fait chevaucher sa monture – à la fois l’un de ses meilleurs et de ses pires souvenirs.

Cette monture-ci était certainement aussi puissante que Morgenstern, mais tout aussi certainement bien plus agréable à monter, et Keannann sourit en le sentant grossir entre ses fesses.

― J’ai envie de toi, souffla finalement le fils de Fiona.

Duncan laissa échapper un grognement étouffé, mais se redressa un peu plus, passant une main dans le dos de son amant pour le soutenir, glissant l’autre entre leurs deux corps pour ouvrir son pantalon et dégager son sexe.

Sans le laisser en faire plus, Keannann abaissa les hanches, laissant sa propre verge frotter de tout son long contre celle de l’autre ambrien, le regardant retenir sa respiration pour ne pas émettre le moindre son. Il ondula du bassin, soupira alors que son pénis glissait contre celui de Duncan, souriant en le voyant peiner à retenir ses grognements.

Sans être le plus bruyant des hommes, le gardien d’Arden restait un amant assez vocal, et l’effort était visible à ses sourcils froncés, à son visage concentré. Au prix d’une contorsion qui fit hurler les muscles de son dos, Keannann se pencha vers lui, toujours agrippé à sa tunique.

― Lubrifiant, Duncan…

Jurant tout bas, le plus vieux des deux ambriens se pencha sur le côté, déstabilisant son cadet sans parvenir à le déséquilibrer, et chercha à tâtons à côté des fourrures qui leur tenaient lieu de lit pour attraper un petit pot qu’il ouvrit du mieux qu’il pouvait d’une seule main.

Keannann haussa un sourcil.

― De la graisse pour ton épée ? Sérieusement ? murmura-t-il.

Duncan se contenta de hausser les épaules, avant de plonger les doigts dans le pot, les en sortant enduits d’une généreuse quantité de graisse.

― Si romantique, persifla Keannann à mi-voix en levant les yeux au ciel.

L’autre ambrien l’ignora cette fois complètement et, avec cette efficacité mécanique qui avait tendance à irriter le fils de Fiona, il le pénétra d’un doigt, une phalange après l’autre, doucement, parfaitement, trop parfaitement. Ce n’était pas désagréable, simplement… dépassionné.

Difficile, sachant que Caine dormait de l’autre côté d’une simple tenture, d’être plus agressif qu’il ne l’avait été, de faire sortir Duncan de ses gonds, de le pousser à sortir de sa routine bien huilée.

Un deuxième doigt vint rejoindre le premier, trouvant sa prostate, la stimulant doucement, tendrement, parfaitement, avec cette efficacité paisible et difficilement supportable. Keannann gronda, très bas, trop bas pour que le son passe la tenture, et se pencha pour mordre l’oreille de son amant, juste pour le déstabiliser.

            Ce fut efficace, et Duncan plongea à son tour les dents dans le bras de Keannann pour étouffer un cri, tandis que ses doigts se crispaient en lui. Satisfait, le plus jeune des deux ambriens se redressa, affermissant sa prise sur la tunique de son amant, ondulant des hanches pour recommencer à frotter contre son sexe, pour le déconcentrer.

            Les mouvements des doigts en lui se firent plus désordonnés, moins parfaits peut-être, mais infiniment meilleurs, parce que le contrôle de Duncan se fissurait, sa respiration se faisait plus courte, il était moins mécanique, plus passionné.

            Les cuisses de Keannann se mirent à trembler lorsque, changeant l’angle de pénétration de ses doigts, peut-être pour mieux le lubrifier, peut-être parce qu’il avait du mal à tenir la position, Duncan se mit à cogner dans sa prostate à chaque mouvement de ses doigts épais et calleux, et il se mit à haleter, un peu fort peut-être, mais il ne parvenait pas vraiment à s’en empêcher.

            Avec un grognement à peine audible, Duncan ôta ses doigts et siffla dans un murmure.

            ― Tais-toi !

            ― Baise-moi ! répliqua Keannann sur le même ton.

            Le gardien d’Arden émit un nouveau grondement étouffé et, sans rien ajouter, saisit son amant brutalement par les hanches, le positionna au-dessus de son sexe et l’y enfonça d’un geste sec.

            Keannann émit un petit cri surpris et, immédiatement, Duncan s’immobilisa, les yeux écarquillés, fusillant le plus jeune ambrien du regard. Un long moment, ils restèrent silencieux, guettant le moindre mouvement à côté, où le petit Caine dormait, mais apparemment, il n’avait pas été réveillé – il fallait admettre que le campement était rarement, voire jamais complètement silencieux, et il n’était pas exceptionnel d’entendre deux soldats s’interpeler dans la nuit. Caine avait grandi ici, et apparemment le cri ne l’avait pas plus réveillé qu’un autre.

            Après avoir à nouveau fusillé Keannann du regard, Duncan souffla tout de même.

            ― Ferme-la.

            ― Fais-moi taire, répliqua l’intéressé avec un sourire provoquant.

            Il s’attendait à un baiser. Duncan lui plaqua sa main sur le menton et, brutalement, enfonça trois doigts dans sa bouche. Il aurait aimé la première option, mais la seconde le fit frissonner de désir, et de plaisir lorsque son amant lui saisit la taille, l’englobant entièrement d’un bras puissant pour le soulever sur son sexe.

            Réduit au silence par les doigts de son amant, il ne chercha plus à retenir les gémissements qui s’étouffèrent contre le bâillon improvisé.

            Enfonçant douloureusement, possessivement ses doigts dans la chair blanche du fils de Fiona, Duncan le souleva sur son sexe, presque sans efforts, et le fit descendre à nouveau, et cette fois ce furent des cris qui se brisèrent sur la barrière des doigts du plus vieux des ambriens, qui pilonnait Keannann de plus en plus fort, de plus en plus vite, de plus en plus profond.

            Il n’y avait aucune retenue, rien de mécanique dans les mouvements de Duncan, juste une passion brute et bestiale, et finalement, n’y tenant plus, il renversa Keannann sur le lit, utilisant l’appui fourni par ses genoux pour le prendre plus vite encore, pour le pénétrer de mouvements de bassin plus puissants.

            Le fils de Fiona lâcha la tunique de son amant, attrapant de pleines poignées de fourrure, mordant les doigts qui le bâillonnaient pour étouffer des cris qui menaçaient de lui échapper malgré eux, parce qu’il en voulait plus, il le voulait plus fort, plus brutal, puis sauvage, comme ça, oui, comme ça, c’était parfait, c’était…

            Il jouit dans un cri étouffé, entraînant avec lui son amant, qui enfonça violemment les dents dans son épaule pour juguler ses propres grognements, et ils restèrent un long moment comme ça, supprimant avec effort tous les sons qu’ils pourraient faire, aux aguets du moindre mouvement, du moindre bruit de l’autre côté de la tenture.

            Caine dormait encore profondément, alors, finalement, Duncan relâcha son étreinte sur Keannann et dégagea ses doigts de sa bouche. Il se releva, se débarrassant rapidement de ses vêtements pour venir s’étendre à côté de Keannann, qu’il prit dans ses bras puissants.

            Soupirant de plaisir, le plus jeune des deux ambriens s’installa sur l’épaule musclée de son aîné et posa une main possessive sur ses pectoraux massifs.

            ― Tu me manques… souffla-t-il.

            ― Ne sois pas ridicule, et la prochaine fois, préviens-moi avant.

            Keannann eut un rire amusé.

            ― Ce serait beaucoup moins excitant.

            Duncan leva les yeux au ciel et Keannann embrassa doucement ses lèvres.

            ― Dors, maintenant.

            Cette fois, son aîné le fusilla du regard mais, pas impressionné, Keannann se blottit un peu plus contre lui et ferma les yeux, se laissant bercer par sa respiration calme.

            Vivre avec Duncan présentait toujours quelques avantages.

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            16 - Striptease

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166961782587/late-kinktober-day-16-striptease-featuring

            Personnages originaux, dans le setting du RPG Shadowrun

           

            Il y avait des moments, comme ça, dans la vie de Dogma, où il se demandait comment il avait fait pour en arriver là. Maintenant était un de ces moments. Il ne comprenait pas ce qu’il avait pu faire ou dire qui ait laissé à penser à Hawke qu’il voulait un strip-tease là maintenant tout de suite.

            Ou qu’il voulait un strip-tease tout court.

            Bon, d’accord, il avait déjà fréquenté des bars à strip-tease, mais rarement, et jamais seul. Et surtout pour être le pigeon qui ne boit pas et qui ramène les autres. Enfin, pas parce que le fait de ne pas boire faisait de lui un pigeon : il ne buvait pas, point. Mais allez expliquer aux débiles qu’il fréquentait habituellement que c’était une question de religion et pas de « être un gros pigeon »…

            Bref. Dogma n’était pas plus strip-tease qu’il était alcool : si ça plaisait aux autres, tant mieux, mais lui, ça ne l’av    ait jamais particulièrement émoustillé.

            Et c’était là qu’il se disait qu’il avait un problème, parce qu’il se sentait rougir comme une pucelle alors que Hawke faisait glisser en rythme sa veste sur ses épaules musclées.

            Bon, que ce soit bien noté : Dogma n’avait rien contre les homosexuels, ou contre les bisexuels d’ailleurs (même si selon lui c’étaient surtout des homosexuels qui ne s’assumaient pas trop), il avait eu un très bon ami homosexuel. Ça faisait complètement nul de dire « j’ai eu un ami gay », mais merde, c’était vrai, et il avait respecté ce mec plus que la plupart des hétéros qu’il connaissait. Bref. En attendant il ne s’était jamais considéré comme un gay. Et pas parce que ça craignait déjà d’être un orc dans l’armée anglaise, et d’être un homme de couleur dans l’armée anglaise, alors qu’être un orc arabe et gay dans l’armée anglaise c’était un peu cumuler.

            Parce qu’il n’était pas franchement attiré par les mecs. Mais pour être honnête, il n’était pas particulièrement attiré par les nanas non plus, enfin, il avait eu une fiancée, mais… bref… alors il s’était résigné à être une sorte de moine, bref, à être le mec boring que les strip-teases ennuient.

            Donc normalement, il aurait dû être vaguement ennuyé et très embarrassé, pas vaguement excité et… bon, OK, très embarrassé.

            ― Tu n’as pas besoin de… protesta Dogma.

            ― Ah non, je te l’ai déjà dit, quand on fait les choses, on ne les fait pas à moitié, répliqua Hawke.

            ― Mais je ne t’ai pas demandé de…

            ― Et si tu m’avais demandé quoi que ce soit, je t’aurais dit de te brosser, le coupa à nouveau le mage avec un sourire satisfait.

            Dans un soupir, Dogma rendit les armes et se laissa tomber en arrière dans le canapé, s’employant juste à avoir l’air digne et moins d’un… con.

            La veste de Hawke tomba à terre, et le mage s’employa à défaire ses rangers, ce qui aurait dû être ridicule, comme un mec qui se bat avec ses godasses – en tout cas, s’il avait dû défaire ses rangers d’un air sexy, Dogma était certain qu’il aurait eu l’air d’un débile qui se bat avec ses godasses – mais qui était étrangement sexy, peut-être parce que Hawke battait la mesure avec son cul – Maria Mercurial, sérieusement ? Qui écoutait encore Maria Mercurial ? Hawke, voilà qui – et que c’était… hypnotisant. Plus que ses doigts qui se battaient avec ses lacets, en tout cas.

            D’un geste nonchalant mais aussi gracieux – merde, il faudrait que Dogma lui demande comment il faisait ça, juste… pas maintenant – l’humain envoya valser ses godasses, puis, ondulant des hanches, il vint s’installer sur les genoux d’un Dogma pas très sûr d’être consentant, mais en même temps s’il n’était pas d’accord, il lui suffisait de faire tomber l’autre homme, il était assez fort pour le faire tomber et…

            Merde merde merde merde merde, il fallait qu’il sorte son cerveau du mode repos, il pédalait dans la semoule comme un… comme un… Ares predator enrayé. Sauf que pour enrayer un Ares predator il fallait être une sacrée burne et…

            Merde.

            Hawke était en train de lui enlever son top tank, et il aurait dû lui dire d’aller se faire foutre, pas lever les bras comme un con pour le laisser faire, et il aurait dû lui dire de le lui rendre alors que l’humain se redressait, faisant tourner le marcel de l’orc pour l’envoyer balader à l’autre bout de la pièce.

            Merde, merde.

            Soudain, Dogma eut la bouche sèche, et, alors que cette grue de Maria Mercurial balançait sa soupe dans les enceintes, il ne parvenait pas à détacher ses yeux des doigts de Hawke sur les rivets de son jean, et de l’éclat de sa chair blanche, en-dessous.

            Le mercenaire haussa un sourcil.

            ― Commando ?

            Putain, merde Dogma ! Priorités !

            Hawke sourit et haussa les épaules, laissant tomber son pantalon sur ses hanches pour revenir onduler du bassin sur les genoux de l’ancien soldat, prenant d’autorité ses mains pour les poser sur son corps, brûlant, musclé… masculin.

            Il aurait dû enlever ses mains et se dégager vertueusement de cette situation embarrassante, parce que merde, il avait dit qu’il se faisait plus d’amis, et Hawke n’était pas un fuck boy, et merde ! ses paumes se mirent à courir sur la peau cuivrée, l’une descendant vers les fesses fermes et l’autre remontant vers les flancs larges, et il ne parvenait pas à détacher le regard du corps qui se découvrait au fur et à mesure des mouvements cadencés du mage, qui ôtait son T-Shit au rythme de Maria putain de Mercurial.

            Dogma détestait Maria Mercurial.

            Mais il adorait sentir cette chair solide et ferme sous ses mains, ces muscles virils jouer sous la pulpe de ses doigts, et il crispa des phalanges affamées sur les fesses offertes et…

            Si Alfie était toujours vivant, il lui aurait fait la misère pour ça.

            Il se mordilla la lèvre, il ne fallait pas qu’il… Il fallait qu’il pense à ceux qui étaient tombés, à ceux qu’il avait tués, parce qu’il ne devait pas s’attacher, parce qu’il était dangereux et que s’il était les autres il se serait mis une putain de bombe corticale et il se serait mis à l’écart, et le T-Shirt de Hawke vola à travers la pièce, et ses lèvres étaient sur les siennes, et il attrapa la nuque de l’humain pour approfondir le baiser, et ça faisait si longtemps, et c’était si bon et…

            Merde ! Putain de merde !

            Hawke se dégagea gentiment, et Dogma allait être fort, il allait lui dire que c’était fini, qu’ils s’arrêtaient maintenant, qu’ils étaient allés assez loin, qu’ils…

            Le  pantalon du mage tomba par terre, et il était nu, et Dogma ne pouvait s’empêcher de le dévorer du regard, et son sexe se croyait revenu à l’adolescence, et Maria Mercurial s’égosillait, et…

            ― Putain mais elle peut pas fermer sa gueule celle-là !

            Très malin, Dogma, très smart.

            Hawke rit, mais n’eut même pas la courtoisie d’éteindre la musique, non, il posa ses genoux de part et d’autre des hanches de l’orc et commença à onduler du bassin en rythme avec les miaulements de la chanteuse has been, et ça aurait dû être ridicule, mais tout ce que Dogma voyait, c’était le sexe du mage, qui se dressait, et ça aurait dû être le déclic de « non Dogma tu arrêtes tu fais n’importe quoi », mais non, non non non, parce qu’il était stupide et il était en train d’ouvrir son pantalon trop étroit d’une main, de sortir son érection de son boxer (oui il avait été commando, mais pas commando comme ça, OK), de saisir celle de Hawke de l’autre main, et le mage arqua le dos en gémissant, et c’était, c’était…

            Maria Mercurial. Ferme les yeux et pense à Maria Mercurial.

            ― Non mais sérieusement, il faut qu’elle la ferme.

            Bien Dogma, Bien. Avec ta main sur sa bite et la tienne juste sous son cul, très crédible. Bravo…

            Evidemment, Hawke l’ignora. En même temps, Dogma se serait ignoré lui-même vues les circonstances. Non, il se saisit d’une petite bouteille planquée à côté de la télécommande – non mais quel genre de tordu planquait du lubrifiant à côté de la télécommande. Un tordu préparé, Dogma. Et arrête de faire les questions et les réponses dans ta tête, Dogma, c’est flippant, on dirait que tu es pas tout seul et tu veux pas être pas tout seul.

            Merde !

            Hawke s’était versé du liquide glissant dans la main, et il l’avait glissée derrière lui, et il ondulait des hanches, et ça devrait pas être sexy, parce que merde, Maria Mercurial ! Mais il avait aussi glissé une capote sur le sexe de Dogma et…

            Dogma voulait le prendre. Maintenant, ici, comme une bête. Il posa les mains sur les cuisses de l’humain, enfonçant les doigts dans sa chair, peut-être un peu trop fort, mais il ne pouvait pas s’en empêcher, c’était juste trop bien, et il voulait, il voulait…

            Putain.

            Hawke avait enlevé ses doigts, et chevauchait maintenant le sexe de Dogma, et il se laissait descendre dessus, et…

            Putainputainputainputain, merdemerdemerde !

            Il l’avait entièrement pris, et il était étroit, et chaud, et parfait, et c’était une sensation géniale, plus géniale que… Merde, il en avait même oublié Maria Mercurial, il voulait juste que le mage bouge, et Hawke se remit à onduler du bassin, en gémissant, en poussant des petits cris de plaisir, et c’était parfait, et c’était exactement ce que Dogma voulait, ce dont il avait besoin, ce qui…

            Il se redressa, et Hawke noua les jambes autour de sa taille, et il se retourna, allongeant l’humain sur le canapé, et il prit le contrôle du… corps à corps (élégant, Dogma, tu appelles ça comme ça ?), et se mit à donner des coups de reins, suivant sans même y penser le rythme débile de la chanson pourrie, mais manifestement ça plaisait à Hawke, qui avait noué les bras autour de son cou, et la sensation du métal froid sur l’épaule de Dogma était géniale, et il se mit à pilonner son amant plus fort, plus vite, encouragé par des « oui, encore, oui, comme ça, oui, oui, OUI ! ».

            La jouissance de Hawke le prit par surprise, et la sienne plus encore, et il atteignit l’orgasme dans un cri et…

            ― Merde. Putain.

            ― Eloquent. Moi aussi j’ai trouvé ça bien, haleta Hawke.

            ― Je… Merde. Désolé.

            Hawke rit, prit sa tête entre ses mains, embrassa ses lèvres.

            ― Je te pardonne, idiot.

            Il y avait plein de trucs intelligents à dire. Sûrement. Mais là, alors qu’il reprenait le contrôle de ses sens, Dogma n’arrivait à penser qu’à une seule chose (en dehors de « merde, putain, c’était bon, je suis un con, merde, ne t’en vas pas, reste là, putain, merde »).

            ― Fais lui fermer cette putain de gueule à cette chanteuse de merde ! rugit l’orc.

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            18-Public

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166549226352/kinktober-day-18-public-young-isra-discovering

Ce n’était pas la première fois qu’Isra se présentait face à l’Abîme. Depuis que Dua’thorn et ses frères y avaient été jetés, il s’en était approché plus qu’à son tour. D’abord, il l’avait craint, puis il s’y était habitué, jusqu’à être piégé au-dessus de lui. Il aurait aimé dire qu’il avait décidé de ne plus jamais y mettre les pieds, mais ç’aurait été mentir. L’Abîme était comme Dua’thorn : effrayant, dangereux, doté d’une réputation terrifiante, et pourtant… attirant. Intoxicant. Une menace permanente pour sa liberté qu’il ne demandait qu’à braver, car, au fond, il en avait besoin.

            Sa main se referma sur celle de Dua’thorn, alors que l’obscurité se refermait sur eux. Isra n’était pas timoré, mais il avait du mal à comprendre comment le panthéon rival avait pu passer tant de temps ici, comment ils n’étaient pas devenus fous. Mais peut-être l’étaient-ils ? Pourtant, le Dieu de la Mort ne semblait pas avoir changé. Il était toujours le même : imposant, massif, hiératique, terrifiant et malgré tout, rassurant.

            Isra frissonna lorsqu’un bras se noua autour de son épaule, protecteur, possessif. Il aimait le premier qualificatif, détestait le second. Il se dégagea et fit volte-face, cherchant du bout des doigts son rival, son… amant, parcourant les lignes de dures de son visage de l’index, caressant ses lèvres du pouce.

            Un quelconque imbécile dont Isra avait oublié le nom prétendait que, parfois, l’excitation se confondait à la peur : à bien y réfléchir, le jeune Dieu trouvait cela commode. Cela lui évitait de se dire qu’il avait peur de l’abîme, qu’il avait peur de Dua’thorn…

            ― Tu me plais toujours autant, même ici… souffla-t-il.

            Il sentit la peau du Dieu de la Mort frissonner. Même en se haussant sur la pointe des pieds, Isra n’atteindrait pas sa bouche, alors il noua ses bras autour de son cou et le força à se baisser. Si Dua’thorn n’avait pas voulu obtempérer, il n’aurait pas bougé d’un iota, il était fort comme ça, et pourtant il plia docilement, enveloppant Isra dans une étreinte qui n’était, c’était certain, qu’excitante.

            Taquin, Isra dégagea l’une de ses mains et la laissa dériver sur le torse, nu et massif, de l’autre homme, sur ses pectoraux, le long de ses côtes, sur son estomac. Le grand corps de Dua’thorn fut secoué d’un nouveau frisson, mais il se soumit sans broncher au baiser brûlant dans lequel l’entraîna Isra. Lorsque, finalement, leurs lèvres se séparèrent, Isra eut une moue boudeuse. Il ne savait pas vraiment si Dua’thorn se repérait mieux que lui ici — sans doute, après tout le Dieu de la Mort avait vécu dans l’Abîme, et avait toujours considéré les ténèbres comme amies. Mais dans le doute, Isra décréta qu’il le voyait.

            ― Tu ne m’as toujours pas répondu, fit-il donc, accentuant sa moue.

            La voix de Dua’thorn résonna, basse, profonde, se répercutant dans chacun des os d’Isra de la plus délicieuse des façons, augmentant encore son anticipation.

            ― Je n’étais pas conscient que cette remarque demandait une réponse.

            Sans douceur, Isra attrapa l’une des cornes du Dieu de la Mort et le força à plier plus encore, pour murmurer à son oreille.

            ― Tu pourrais glisser un « toi aussi tu m’excites », par exemple.

            ― Je ne suis pas un animal.

            Pas vraiment offensé, Isra laissa la main qui caressait l’estomac plat et musclé de Dua’thorn descendre un peu plus. Il saisit sans gêne ni honte l’érection conséquente de l’autre Dieu dans sa paume, à travers le tissu de son pantalon, la massant de longs gestes languides.

            ― Les preuves sont contre toi, Dieu de la Mort.

            ― Regarde autour de toi. Tu es sûr de vouloir faire ça ici ?

            Avec un soupir agacé, Isra s’exécuta. Pour se rendre compte, alors que sa vision s’habituait à l’obscurité, que des yeux brillaient dans la pénombre des Abîmes. Un frisson le parcourut. De l’excitation, définitivement, pas de la peur. Il appuya un peu plus ses caresses, sentant avec plaisir le sexe du Dieu de la Mort durcir et grossir contre sa paume tandis qu’il se laissait aller contre son torse de la plus indécente des façons, le regard rivé sur les ténèbres apparemment surpeuplées.

            ― Qu’est-ce que c’est ?

            ― Des démons. L’Abîme est leur royaume, répondit Dua’thorn, sa voix profonde faisant trembler Isra d’excitation, de besoin, aussi sûrement que ce public impromptu.

            De l’excitation, pas de la peur.

            ― Alors puisque nous sommes chez eux, autant ne pas les frustrer d’un spectacle que nous avons laissé entendre que nous leur fournirions.

            ― Je n’ai rien fait du tout.

            ― Et j’espère bien que cela va changer. À moins que tu ne sois trop timide ?

            Le Dieu de la Mort haussa les épaules, et ses muscles puissants roulèrent sous les doigts d’Isra, animaux, parfaits. Isra ne comprenait même pas comment il avait pu avoir peur de lui à une époque, alors qu’il était si parfait, si… Le souvenir de ce pénis énorme en lui, contre lui, suffisait à faire voler en éclat toute once de pudeur qu’il aurait pu avoir, loin, très loin. Que les démons regardent. Qu’ils voient ce qu’ils n’auraient jamais. Qui était à Isra, à Isra seul…

            ― Déshabille-moi, ordonna-t-il d’une voix tendue de désir.

            Dua’thorn ne dit rien. Il était homme de peu de mots, et c’était certainement partiellement ce qui rendait le son de sa voix si désirable, si excitant. Les grandes mains se mirent à courir sur le corps d’Isra, défaisant sa ceinture, laissant tomber le pantalon de soie sur les hanches du jeune Dieu, remontant le long de ses flancs pour faire glisser sa veste longue sur ses épaules, jusqu’à ce qu’il soit arrêté par la main qui massait toujours son sexe considérable.

            ― Il va falloir me lâcher…

            Avec un grognement, Isra se détacha, à contrecœur, de l’objet de sa convoitise, pour laisser glisser au sol son vêtement, se retrouvant nu face au Dieu de la Mort, dont il distinguait vaguement les contours de la silhouette colossale dans la pénombre perpétuelle. Le jeune Dieu brûlait de voir apparaître son sexe dressé entre ses cuisses, pas l’image fugace du tissu tendu de son pantalon.

            Isra lécha ses lèvres, soudain trop sèches, avant de laisser tomber, d’une voix rauque de désir.

            ― Déshabille-toi.

            Et à nouveau, le Dieu de la Mort s’exécuta, faisant glisser son ample vêtement le long de ses cuisses puissantes, laissant enfin apparaître, à la lueur des yeux brillants de leurs spectateurs, son sexe magnifique, triomphant, gigantesque. Isra voulait le prendre maintenant, dans sa bouche, dans son cul, il le voulait encore et encore, il voulait montrer à tous ces démons qui l’entouraient ce qu’ils n’auraient jamais.

            Il se lécha à nouveau les lèvres, les yeux rivés sur le pénis de son amant, incapable d’en détacher le regard, de déterminer ce qu’il voulait le plus, le sucer pour le chevaucher.

            Dua’thorn décida pour lui, et, cloué par son regard brûlant, par la vision de son érection triomphante, Isra le laissa passivement faire apparaître une couche d’ombre en modelant la structure de l’Abîme et l’y attirer contre lui, contre son torse large. Il lécha les doigts qui lui étaient présentés comme s’ils étaient le sexe de son amant, le chevauchant, les cuisses largement écartées, son pénis douloureusement dressé offert à la vue de leurs spectateurs comme il leur avait offert celui de Dua’thorn. Il suça les phalanges épaisses comme il aurait sucé l’érection de son amant, comme il brûlait de la sentir, et geignit de frustration en voyant le Dieu de la Mort cracher dans son autre main et pomper son sexe pour l’enduire elle aussi de salive. Il aurait voulu le faire lui-même, il aurait voulu le prendre dans sa bouche, il aurait voulu…

            Les doigts lui furent enlevés, et il fut attiré contre le torse de Dua’thorn. Les grandes mains de son amant se mirent à caresser son dos, l’une l’entrainant dans son étreinte alors qu’Isra s’affalait contre son épaule, tandis que l’autre descendait vers ses fesses, des doigts humides, calleux, précis — parfaits ! — glissant contre son sillon pour venir taquiner son anus.

            Isra soupira lorsqu’enfin l’un d’eux le pénétra, et il avait l’impression que son corps devenait liquide, soumis aux assauts du plaisir, tandis qu’il se coulait littéralement contre celui, brûlant, de l’homme qui attisait son désir.

            ― Plus… J’en veux plus… haleta-t-il.

            Il entendit des murmures dans l’ombre. Il n’était pas le seul à désirer plus de son amant, et il frissonna à nouveau. De l’excitation, oui. La peur ne pouvait pas être si vive, si puissante, se loger dans ses reins.

            ― Oui, fit-il, autant pour les démons dans les ténèbres que pour lui-même, tandis que le doigt de Dua’thorn effleurait encore et encore sa prostate. Oui, comme ça. Plus. Donne m’en plus…

            Dua’thorn garda le silence, mais les ombres bruissèrent, murmurèrent, exigèrent alors que le Dieu de la mort ajoutait un, puis deux doigts à celui qui stimulait Isra. Ils étaient énormes, massifs. Ils étaient si agiles que c’en était surnaturel, ils jouaient avec le corps d’Isra comme s’il était un instrument, faisant monter le plaisir, paresseusement puis violemment, ils le rendaient fou, il oubliait tout, il entendait juste les chuchotements dans l’ombre.

            ― Oui, oui, oui, haletait-il. Arrête Dua’thorn, je vais, je vais…

            « Encore », murmuraient les spectres, « oui, encore », et Isra était d’accord, il en voulait encore, mais il ne voulait pas ses doigts, il voulait, il voulait…

            Il ne savait même plus ce qu’il voulait alors que la jouissance le prenait, sauvage, sans merci, et qu’il se répandait contre le corps du dieu. Il avait du mal à formuler une pensée cohérente. Il était comblé, satisfait, mais il sentait le sexe lourd, énorme, gonflé de désir de son amant contre son estomac.

            « Prends-le », susurrèrent les ombres.

            ― Oui, haleta Isra. Oui, prends-moi. Prends-moi.

            ― Ici ?

            La voix du Dieu de la Mort le fit frémir, gémir, suffit à réveiller son désir. Il avait été privé de lui trop longtemps. Il avait besoin de lui. Il le voulait. Maintenant, tout le temps.

            ― Oui, ici.

            Il n’y eut pas d’autres mots. Dua’thorn se redressa, aida Isra à nouer ses bras alanguis autour de son cou, à s’appuyer contre lui, et saisit ses hanches avant de le positionner au-dessus de son sexe, puis de le prendre. Son gland était épais, tellement épais, délicieux, parfait, et Isra sentait chaque millimètre qui le forçait avec un plaisir complètement démesuré.

            Les ombres s’étaient tues, certainement fascinées par ce sexe énorme qu’il accueillait en lui, lentement, si lentement, mais comme si c’était là sa place, et c’était là sa place.

            Le gland était passé, et c’était délicieux, c’était parfait, et il aurait pu jouir, son cri brisant le silence ponctué de ses halètements, mais il voulait plus, comme ça, lentement, c’était parfait, alors il se cambra contre Dua’thorn, lui abandonnant le contrôle, se laissant descendre sur son sexe au rythme imposé par le Dieu de la mort, lent, si lent. Chaque instant était une éternité de plaisir, parce qu’il était si long, si gros, si parfait, et c’était comme si le corps d’Isra était fait pour l’accueillir, et lorsque ses fesses reposèrent finalement sur les cuisses de son amant, lorsqu’il l’eut enfin entièrement en lui, le jeune Dieu gémi de frustration.

            « Prends-le », soufflèrent les ombres, alors que, à la lueur de leurs yeux affamés, Isra voyait Dua’thorn quêter son regard, son approbation.

            ― Oui, souffla Isra, prends-moi.

            « Prends-le comme une bête. »

            ― Oui, oui, oui ! gémit un Isra dont l’excitation était presque intolérable, que la suggestion suffit presque à amener à la jouissance. Prends-moi comme une bête, fais-moi oublier mon nom.

            La prise de Dua’thorn s’affermit sur ses hanches et il le souleva, le privant presque entièrement de son sexe, sauf du gland, délicieux, magique. Puis il le fit redescendre. Brutalement. D’un coup. Isra se cambra, rejeta la tête en arrière, cria.

            ― Encore !

            « Oui, encore. »

            Et Dua’thorn recommença. Encore, et encore. La prise de ses mains sur les flancs du jeune Dieu était d’acier, ses mouvements sans merci, alors qu’il soulevait les hanches brutalement pour venir à la rencontre du corps qu’il faisait aller et venir sur son sexe. Le plaisir était dément, la stimulation, à la limite de la douleur, parfaite, divine.

            ― Encore !

            « Encore ! »

            ― Oui, oui, encore !

            « Dua’thorn… »

            ― Dua’thorn, encore ! Encore !

            ― Isra… Isra…

            Le son de la voix du Dieu de la Mort fit vibrer le corps d’Isra. Une fois de plus. Une fois de trop pour ce plaisir qui confinait à la souffrance. Il jouit, encore, dans un cri, conscient que son amant se répandait en lui, et s’il n’était pas épuisé, cette simple pensée l’aurait épuisé à nouveau.

            Il s’abattit contre le torse de son amant.

            Les ombres s’étaient tues, il n’y avait plus que le bruit de leurs respirations.

            ― Est-ce que tu hais l’Abîme, Dua’thorn ? demanda Isra, caressant du bout des doigts le torse de son amant.

            ― C’était ma prison, mais c’était aussi ma maison. La haine est un sentiment trop simple pour les décrire.

            ― Y retourneras-tu encore pour moi ?

            ― Ma véritable maison, c’est là où tu es satisfait et en sécurité, Isra. À ce regard, celle-ci en vaut une autre.

            Isra grogna. Si Dua’thorn avait voulu faire retomber son excitation, c’était réussi.

            ― Tais-toi, grogna-t-il donc, avant de se laisser aller à nouveau entre les bras de son amant, protégé, en sécurité.

 

 

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                19 - Oral

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166573318422/kinktober-day-19-oral-anton-ashley-again

           

            Il y avait des jours, comme ça, où Ashley détestait un peu sa vie. Le genre de jours où Anton avait décidé qu’il avait beaucoup de travail en retard, et qu’il était irritable le jour et absent la nuit. En fait, Ashley le soupçonnait un peu de dormir dans son bureau parce qu’il ne l’avait pas vu chez les Kycek depuis au moins deux jours. Georg prétendait qu’il arrivait tôt et partait tard, mais c’était sûrement un mensonge parce qu’Ashley ne voyait pas l’ombre du bout de son nez en dehors du travail.

            C’était bien la peine d’avoir un obsédé du sexe comme amant s’il devenait d’un coup un obsédé du travail… Et il était reparti pour s’endormir tout seul dans un grand lit froid, ce qui était frustrant à un point tel qu’il était presque prêt à entendre un laïus interminable sur la sacro-sainte Frontière Du Milieu Du Lit.

            Soupirant, il déboutonna sa chemise, envisageant un instant d’aller dormir dans sa chambre plutôt que dans celle, désespérément déserte, de son amant, mais des pas reconnaissables entre mille dans le couloir lui firent immédiatement changer ses plans. Et lorsque la porte s’ouvrit, il se jeta sans aucune dignité sur son Général fourbu.

            Etouffant dans l’œuf toute velléité de plainte, il jeta ses bras autour de son cou, refermant d’un coup de pied la porte avant d’y plaquer son supérieur pour l’entraîner dans un baiser exigeant.

            Anton était peut-être harassé par une journée de travail, mais ce qu’il y avait de bien avec lui, c’était qu’il était toujours prêt pour culbuter Ashley. L’endurance de cet homme pour tout ce qui touchait au sexe était… Oui, bon, appréciable. Vraiment, vraiment bien.

            Poussant un peu plus, il se pressa contre le torse large de son amant, laissant les décorations et brandebourgs de son uniforme frotter contre sa peau nue, posant la paume à plat sur le sexe du Général, à travers le tissu lourd de se verse d’officier et de son pantalon.

― Bonsoir… laissa-t-il finalement échapper.

Anton soupira, mais répondit, presque par automatisme.

― Bonsoir.

Ashley sourit et appuya un peu plus sur le sexe de son amant.

― Et bonsoir…

― Ashley…

La voix d’Anton était tendue de désir, son regard voilé de besoin, et sa voix rauque contenait mille promesses toutes plus indécentes que les autres, qui firent frémir le sexe d’Ashley. A nouveau, comme une catin, il se frotta contre le torse de son amant, contre son uniforme si impressionnant, qui accentuait si délicieusement sa carrure, la largeur de ses épaules. Ashley avait toujours détesté l’uniforme et tout ce qu’il représentait, mais ça, c’était avant cette funeste première fois où son amant lui avait montré à quel point il pouvait être excitant.

Se haussant sur la pointe des pieds, il lécha le lobe de l’oreille de son amant avant de lui murmurer.

― À genoux, Général.

Le désir du soldat était une force presque palpable, qui souffla presque Ashley tandis que les lourdes bottes de cavalerie de son supérieur heurtaient le sol, et qu’il levait vers lui ses pupilles dilatées par le besoin. Du bout des doigts, il parcourut le visage carré, viril, s’attardant sur ses lèvres pleines, laissant son pouce pénétrer doucement entre elles. Anton l’accueillit sans discuter, le caressant de la langue, doucement, tendrement. Docilement. Vénérant du regard chaque centimètre du corps d’Ashley, de ses boucles brunes désordonnées au bout de ses doigts, caressant d’une œillade brûlante le torse découvert de son subordonné.

Le souffle court, Ashley retira son doigt humide de salive de la bouche pécheresse pour caresser à nouveau les lèvres pleines, entrouvertes, si désirables. D’une main tremblante, il défit sa propre ceinture, l’envoyant au sol avant de batailler avec son pantalon, frissonnant sous les assauts des pensées terriblement érotiques de son amant, cloué sur place par son regard de plomb. Finalement, le prenant en pitié, Anton leva ses mains toujours gantées pour l’aider, ouvrant le vêtement avant de le faire glisser, lentement, avec sensualité, le long des cuisses de son subordonné.

Nu et frissonnant, de désir plus que de froid, Ashley se saisit de son sexe enfin libéré, douloureusement érigé, l’approchant du visage de son amant. Anton ne discuta pas, et, docilement, ouvrit la bouche pour en accueillir le gland brillant de besoin entre le cercle de ses lèvres. Avec un gémissement, il pivota légèrement pour s’appuyer au mur, les jambes déjà un peu tremblantes. Anton déteignait sur lui, et il devenait beaucoup trop dépendant du sexe, il faudrait qu’il…

Il gémit à nouveau alors qu’Anton chassait doucement sa main pour saisir à son tour sa verge dans sa main gantée, massant doucement la chair qui ne se trouvait pas encore dans sa bouche. Sans qu’il y réfléchir sa main s’attarda dans les cheveux de son amant – il avait fini par s’habituer aux mèches courtes, épaisses, qui filaient entre ses doigts – et chercha le contact de sa peau, effleurant son cou, son dos large, la ligne saillante de sa colonne, ripant sans s’y attarder sur les cicatrices lisses de sa brûlure à l’épaule pour venir se crisper sur son omoplate.

La bouche sur sa verge s’était faite plus pressante encore, plus brûlante, alors que le Général le prenait encore plus loin, plus profond, détendant sa gorge pour l’accueillir, savourant le poids à la fois étranger et si naturel sur sa langue qui se faisait caressante. Les pensées d’Anton montaient à l’assaut de l’esprit d’Ashley, et il leur ouvrit la porte, les accueillit, se baignant dans le plaisir de sentir la bouche de son amant autour de son sexe, de se sentir en lui, crispant les doigts sur une épaule large et solide, pressant sa paume contre sa bouche pour ne pas crier.

Anton recula la tête et l’air frais fouetta la verge humide d’Ashley qui gémit, frustré, tandis que son amant s’attardait sur son gland, en taquinant la fente, en embrassant l’extrémité, en léchant la base. Il haleta lorsque les mains gantées revinrent à l’assaut de la verge, la caressant délicatement du bout des doigts avant de venir jouer doucement avec ses testicules. Il dut se mordre pour ne pas crier lorsqu’Anton le reprit à nouveau entièrement en bouche, d’un mouvement ample et fluide, geignit de plaisir lorsqu’il commença enfin à aller et venir.

Sa main se crispa dans les cheveux du Général, dont il saisit une pleine poignée, défaisant les mèches sagement retenues en arrière, se retenant à grand-peine d’imposer son rythme à son amant, parce qu’Anton était déjà parfait, rapide, sans merci, presque brutal, mais c’était comme ça qu’Ashley l’aimait, il aimait sentir son sexe butter au fond de sa gorge – de celle d’Anton – encore et encore.

― Général, haleta-t-il, Général, je vais…

Il s’interrompit, écrasé par une vague de désir qui fit trembler tout son corps. Il voulait – Anton voulait – le voir défait, il voulait l’entendre crier, le sentir jouir en lui, avaler sa semence jusqu’à le dernière goutte.

Il tira violemment sur les cheveux de son supérieur, le forçant à le prendre une dernière fois, profondément, et il cria, défait, tandis qu’il se répandait dans la gorge de son amant.

Anton avala docilement et Ashley s’effondra contre lui tandis qu’il se relevait, nouant ses bras autour de ses épaules larges, embrassant le peu de son cou que son uniforme laissait dégagé, frottant son bassin contre le sexe toujours dur du Général.

― Déshabillez-vous… souffla-t-il doucement à son oreille.

Rassemblant toutes ses réserves de volonté, il se redressa sur ses jambes tremblantes et recula vers le lit, sans quitter des yeux son supérieur qui défaisait avec précautions les attaches de sa lourde veste d’uniforme. À tâtons, il fouilla dans un tiroir pour en sortir une bouteille de lubrifiant tandis que le lourd vêtement tombait au sol et que le soldat s’attaquait à son baudrier, mettant son sabre de cavalerie de côté, puis à sa ceinture.

Il s’allongea sur le lit, versant une quantité généreuse de lubrifiant sur ses doigts, admirant les muscles puissants de son amant qui enlevait maintenant sa chemise. Anton gronda et une vague de désir s’abattit sur Ashley lorsqu’il se pénétra de deux doigts lubrifiés, se préparant pour son supérieur qui le clouait sous son regard chargé de désir, en oubliant ce qu’il était en train de faire, prêt à se jeter sur lui comme un fauve sur sa proie.

Mais s’il était une chose pour laquelle Anton était doué, surtout lorsqu’il s’agissait de sexe, c’était obéir.

― Déshabillez-vous, rappela Ashley, et, les muscles tendus de besoin, Anton s’exécuta, les yeux rivés sur les doigts de son subordonné qui allaient et venaient en lui, paresseusement, attisant doucement son désir.

Il ne quitta Ashley du regard que le temps de se débarrasser de ses bottes, puis son pantalon sembla fondre sous ses doigts pressés. Pour finir, il s’apprêtait à enlever ses gants quand son amant l’arrêta.

― Gardez-les.

Anton haussa un sourcil mais ne discuta pas, rejoignant Ashley sur le lit lorsque celui-ci lui indiqua de le faire. Versant à nouveau du lubrifiant sur sa main, l’enquêteur se saisit du sexe de son amant et le massa doucement tandis que les mains gantées se glissaient dans ses cheveux, caressant les mèches brunes dans un mouvement qui était si chargé de désir qu’il n’avait plus rien de tendre.

Lorsqu’il s’estima satisfait, Ashley recula, forçant son amant à s’allonger au-dessus de lui, et écarta les cuisses. Il n’eut rien d’autre à dire, ou à faire, Anton était sur lui, puissant, pressant, et il le pénétra d’une poussée, ses mains crispées sur les hanches de l’enquêteur, le contact du cuir, électrisant, palissant face à la puissance des coups de reins du Général. Il était gros, toujours aussi gros, toujours aussi parfaitement gros, et il était fort, chaque once de son corps tendue par des muscles puissants, et il était parfait.

Il ne chercha plus à retenir ses cris alors que son amant le pilonnait, toujours autant submergé  par la double sensation grisante de son plaisir qui montait en flèche, et de celui d’Anton, inexorable, puissant, massif comme lui. Nouant les jambes autour de la taille solide de son amant, il ondula des hanches, venant à sa rencontre, plus vite, plus fort, plus profond, encore et encore.

La jouissance venait, pressante, exigeante, et il fiche les mains dans les épaules de son amant, cherchant à l’attirer plus près, embrassant ses lèvres, bataillant avec sa langue, désespérant de retarder un orgasme de plus en plus proche, de plus en plus puissant, qui le prit, finalement, dévastateur, doublé par celui d’Anton qui se répandit en lui dans un grognement étouffé.

Le Général, pourtant épuisé, se décala pour ne pas s’effondrer sur lui, se laissant tomber sur le dos sur le matelas, et Ashley se traîna sans dignité dans sa direction, se laissant aller contre son épaule solide.

― Vous devriez travailler moins, souffla-t-il finalement.

― Je ne m’occupe pas assez de toi ?

― Non, vous êtes…

Parfait, voulait-il dire. Trop parfait pour être vrai, et aussi l’homme le plus irritant du monde. Mais c’était un paradoxe qu’il connaissait, qu’il avait accepté.

― Vous me manquez, dit-il finalement.

Le Général soupira et l’attira contre lui. Ashley savait, même s’il ne répondit pas, que le lendemain il serait là pour le souper.

 

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                19 - Oral

            Source : eldarianne-art.tumblr.com/post/166572904367/kinktober-1931-mouthoral-its-like-suits-20

            Okay, celui-ci n’est pas pour ma femme mais il fallait que je le fasse, parce que je suis une sale fangirl.

 

― Tu n’es pas sérieux ?

Le mage sourit et se laissa aller en arrière sur son fauteuil, étendant les jambes pour venir effleurer la cheville de l’autre homme du bout des orteils, tout en lui souriant.

― Pourquoi ? Ça t’embarrasse ?

Le samouraï grogna, mais s’écarta pas son pied, se penchant en avant pour s’appuyer sur ses genoux.

― Si c’est vrai tu es vraiment encore plus débile que je ne le pensais. C’est vraiment une raison de merde.

Cette fois, Pierce haussa les épaules, renonçant à répondre pour remonter à l’intérieur du pantalon de l’autre homme.

― Il faut croire que je suis plus romantique que tu le pensais…

― Ce n’est pas romantique du tout ! C’est incroyablement stupide, c’est ridicule, c’est… Tu aurais pu m’en parler !

― Pour ça il aurait fallu que je sois honnête, avec moi-même pour commencer, et je mets un point d’honneur à être malhonnête en toute circonstance…

― Tu es… Tu me rends fou !

― Mais non, tu n’es simplement pas habi… oh…

Isao avait quitté son fauteuil et s’était agenouillé devant le sien, entre ses cuisses. Défaisant la ceinture du mage à geste pressés, il l’arracha brutalement pour la jeter de côté, faisant naître un sourire sur les lèvres de Pierce.

― Si te rendre fou a ce genre de conséquences, je vais m’employer à faire disparaître la moindre once de raison chez toi…

― Mais tu vas la fermer, oui ? grogna le samouraï.

― Pas si ça…ah !

Le samouraï venait de baisser le boxer du mage pour dégager son sexe, et avait entreprit d’en lécher toute la longueur, appliqué comme en toute chose, concentré, et tellement débauché.

― Nom de dieu, Isao…

Le samouraï leva les yeux, sans pour autant se détourner de son ouvrage, et c’était certainement l’une des visions les plus sexy qui puissent être données à un pauvre mortel – Dieu – de voir. Pierce porta ses mains à son visage pour se couvrir les yeux, savourer, et surtout, ne pas continuer à regarder Isao, parce que sinon il allait jouir comme un adolescent, et ce serait très mauvais pour sa réputation. Avec le nombre de fois où il l’avait embarrassé, son amant ne se priverait pas de le chambrer en public sur le sujet – hors de question.

La langue d’Isao était agile, brûlante, et nom de dieu ça devrait être interdit pour un mec de sucer comme ça un autre mec. Ou alors peut-être que c’était logique. Après tout qui mieux qu’un mec… Merde, il intellectualisait encore trop, alors pour le côté ne pas jouir comme un adolescent c’était pas mal, mais pour la partie faire honneur à son amant c’était…

Nul, Pierce. Lamentable.

Heureusement, on pouvait toujours compter sur Isao pour recentrer ses pensées sur des préoccupations plus immédiates. Comme sa langue qui entourant maintenant son gland, ses lèvres qui l’enveloppaient finalement, et il devait y avoir une liaison directe entre le cerveau et la bite, ou un truc du genre parce que maintenant Pierce était incapable de penser à autre chose qu’à la chaleur pécheresse de la bouche de son amant, qui le prenait, lentement, beaucoup trop lentement, faisant glisser sa verge le long de sa langue, stimulant du bout des doigts ce qu’il n’avait pas encore avalé.  

― Putain, Isao, si tu arrêtes, je te jure que…

Les dents du samouraï effleurèrent son sexe, juste un peu, comme un avertissement. Non, c’était un avertissement.

― Connard… grogna-t-il.

Il sentit le samouraï sourire autour de son sexe, mais ça ne l’arrêta pas. Ce n’était pas la première fois que Pierce se faisait faire une fellation – loin s’en fallait – et Isao n’avait pas l’apanage de la gorge profonde, mais quelque part c’était meilleur. Sûrement parce que c’était un homme et que donc il savait, et pas pour des raisons totalement mièvres que Pierce se refusait complètement à évoquer.

Lorsqu’enfin son amant l’eut pris entièrement dans sa bouche, le mage réalisa qu’il retenait sa respiration. Ecartant enfin la main de ses yeux, sans pour autant ouvrir les paupières, il noua les doigts dans les longues mèches de son amant, le tirant en arrière pour le forcer à reculer avant de le ramener à nouveau vers lui. Isao grogna, et le son fit vibrer sa gorge, tout contre le sexe de Pierce, qui laissa échapper un gémissement parfaitement ridicule.

Alors qu’il s’efforçait de rassembler sa dignité, il sentit la main d’Isao se nouer dans la sienne, crispée dans ses cheveux, et, parce qu’il était un mec sympa comme ça, pas du tout parce que la simple idée l’excitait, il obéit à l’ordre muet, et imposa à nouveau son rythme à son amant, le forçant à le prendre entièrement pour se retirer presque totalement, baisant sa bouche comme il aimerait, non, comme il allait le baiser, là, ici, mais pas maintenant, parce que c’était trop bon, parce qu’Isao était…

S’il grognait encore il n’allait pas tenir, parce que c’était putain de divin.

― Isao, ferme-la !

Les mains du samouraï se crispèrent sur les cuisses du mage, mais les grognements qui faisaient vibrer son sexe cessèrent. Pierce affermit sa prise sur les cheveux de son amant, le prenant plus vite, plus fort, plus brutalement, faisant monter le plaisir, se rapprochant à toute vitesse de l’orgasme.

― Isao, je vais jouir, si tu ne veux pas que je…

Le samouraï grogna à nouveau et le mage se répandit en lui, dans sa gorge accueillante. Haletant, Pierce rouvrit les yeux pour croiser le regard de son amant, qui essuyait d’un geste nonchalant la commissure de ses lèvres, comme s’il se prenait pour une putain d’allégorie de la débauche.

Cette fois, ce fut Pierce qui grogna, parce que même s’il venait de jouir, il se sentait déjà durcir à nouveau.

― Foutue succube…

― Tout pour te faire fermer ta gueule…

― Toi, ferme-la. Et déshabille-toi, pendant que tu y es.

Isao le fixa un long moment, les pommettes un peu rosées, se passa la langue sur les lèvres et sourit, tandis que Pierce entreprenait de rassembler toutes ses réserves de bullshit pour avoir l’air cool et pas excité comme un foutu ado.

Le samouraï, toujours à genoux, les cuisses largement écartées et son érection visible sous le tissu de son pantalon, desserra lentement sa cravate avant de la faire passer au-dessus de sa tête. Rejetant les épaules en arrière, il enleva sa veste d’un geste paresseux, déboutonna et enleva son veston avec des mouvements languides et indécemment sensuels. Lorsqu’il commença à défaire les boutons de sa chemise, ce fut au tour de Pierce de se lécher les lèvres, devenues trop sèches, alors qu’il déglutissait péniblement.

Malgré la terrible menace qui pesait sur sa vertueuse hétérosexualité, il laissa son regard dériver sur la peau pâle qui se découvrait petit à petit, courir sur les muscles solides et bien dessinés, s’attarder sur les mamelons durcis.

Lorsqu’Isao se redressa pour ouvrir son pantalon, Pierce ne parvint pas à retenir un grognement de désir, et son sexe durcit encore lorsque son amant dévoila son érection conséquente, laissant glisser boxer et pantalon le long de ses cuisses.

― Tu sais que j’aime ce que je vois ? fit-il d’une voix qui manquait tout de même un peu de mordant à ses oreilles.

Pourtant cela suffit à faire rougir Isao, qui détourna les yeux alors que le mage le dévorait du regard. Avec un sourire, Pierce tapota ses cuisses et, docile, Isao obéit, s’installant à califourchon sur lui, les genoux de part et d’autre de ses hanches.

Fasciné, le mage laissa ses mains courir le long de ses flancs, dessiner les muscles déliés, se délecta de ses frissons de désir avant de prendre son visage en coupe et de l’attirer vers lui pour embrasser ses lèvres.

― Vas-y, murmura-t-il contre sa bouche en lui tendant un flacon de lubrifiant qu’il avait pêché dans un tiroir à côté de lui.

Un frisson, plus long et plus intense que les autres, secoua Isao, mais, le rouge aux joues, il obtempéra, versant une généreuse dose de lubrifiant sur le sexe de Pierce avant de le prendre en main et de le guider contre lui, en lui. Il était brûlant, il était pressant, il était parfait, et sans vraiment y réfléchir, Pierce chercha à nouveau ses lèvres, l’entraînant dans un baiser passionné, ne le laissant finalement respirer que lorsqu’il l’eut entièrement pris en lui.

D’une caresse sur la hanche, il le félicita. Posant une main au creux du dos du samouraï, il passa l’autre sous sa cuisse pour l’aider à se soulever. Haletant, Isao s’appuya aux épaules du mage pour se redresser, laissant presque entièrement sortir son sexe, avant de le prendre à nouveau, brusquement, délicieusement, et sans laisser le temps à son amant de se faire à la sensation, il recommença, les muscles puissants de ses cuisses tremblant le long des flancs d’un Pierce fasciné par toute cette force contenue.

Crispant la main sur sa cuisse, il l’enjoignit à accélérer, à le prendre plus fort, plus vite et, docile, parfait, Isao s’exécuta. Bientôt, toute la pièce ne résonnait plus que de leurs gémissements, et du bruit indécent de la chair contre la chair, tandis qu’à nouveau le mage sentait monter en lui la jouissance, bien décidé pourtant cette fois à se montrer plus endurant que le samouraï – ayez un amant plus jeune que vous et vous passerez pour un éjaculateur précoce.

Fort heureusement, le mage compensait par la volonté ce qu’il n’avait pas en vigueur, et il était prêt à tous les coups bas. Délaissant la cuisse d’Isao, qui n’avait pas besoin de lui pour maintenir le rythme, il se saisit de son sexe, qu’il caressa brutalement, pour le mener plus vite à l’orgasme, et il ne devait pas être si mauvais à l’exercice parce que le samouraï jouit dans un cri, se resserrant autour de lui et le faisant à son tour se répandre en lui.

Haletant, il attira son amant contre lui, caressant doucement son dos, massant distraitement ses muscles tendus…

― Je ne suis pas assez fatigué pour ne plus faire de traits d’esprit, tu sais… ?

― Mais tu vas la fermer !

Pierce eut un rire amusé mais obtempéra, et ce fut finalement Isao qui brisa le silence.

― C’était vrai ?

― Quoi ?

― Ton truc débile. C’était vraiment vrai ?

― Toujours. J’ouvrirai mon cul à n’importe qui tant que tu me prends dans tes bras.

― Putain mais ferme la !

Le rire du mage résonna à nouveau dans la pièce, et cette fois, le samouraï ne brisa pas la trève.

           

 

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            21 — Scratching

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166649049557/kinktober-day-21-scratching-featuring-kimaris

 

            ― Thanatos, ça suffit… murmura l’Elfe de sang, le rouge aux joues.

            ― Vas-y, souffla le général théran, les yeux rivés sur lui, personne ne te juge ici.

            Kimaris se mordit la lèvre, mais, finalement, ouvrit sa robe et la laissa tomber sur le sol, un peu embarrassé de se retrouver nu, mais confiant dans le fait que si une personne, une personne normale s’entendait, pas un Elfe de sang, pouvait ne pas le juger, c’était bien Thanatos. Il avait ses propres problèmes, et il n’était tout simplement pas ce genre de personne.

            Beaucoup auraient été repoussés par les épines qui couvraient son corps, par ce qu’elles représentaient, par la promesse de la douleur. Il n’y avait que cet éclat bizarre, celui qui ressemblait à de l’affection, et du désir dans les yeux du théran, alors qu’il embrassait tout son corps du regard, dérivant sur chaque parcelle, ne s’arrêtant pas, ou peu sur les épines, comme si elles ne le dérangeaient pas.

            Elles ne le dérangeaient pas.

            Thanatos s’avança vers lui, son érection visible sous le tissu tendu de son pantalon. Doucement, il passa les bras autour de la taille de l’Elfe de sang, l’attirant près de lui, et, hésitant, Kimaris posa la main sur l’épaule nue de l’autre Elfe, passant derrière son cou, savourant le contact d’un Donneur du Nom. On ne l’avait pas touché depuis longtemps. Pas sans dégoût ou sans peur, en tout cas.

            Souriant, le général l’attira plus près, et Kimaris vit, et sentit les épines mordre sa chair pâle, tirant du sang, et des frissons à son partenaire. Intimidé, il tenta de reculer, mais une main ferme se posa sur ses fesses, l’attirant plus près encore.

            ― Reste ici, souffla le général théran. Ne bouge pas.

            ― Les épines… Tu vas te blesser…

            ― Tu peux les enlever ?

            L’Elfe de sang se mordit la lèvre. Il savait que c’était un problème. Il savait qu’il ne fallait pas faire ça. Tout ce qu’il savait de la vie hors du Bois lui hurlait que c’était mal, que c’était malsain, qu’il devrait le repousser et retourner parmi ses pairs, se cantonner à avoir des relations avec des personnes qui comprenaient sa souffrance, qui la partageaient, qui n’auraient pas à prendre sur lui.

            Il ne bougea pas. Thanatos chercha ses lèvres, les embrassa doucement. De la langue, il les caressa, jusqu’à ce que finalement Kimaris lui ouvre sa bouche, lui laisse le passage pour approfondir le baiser, d’abord lentement, tendrement, puis, sans qu’il y réfléchisse vraiment, l’Elfe de sang attira l’autre homme contre lui, prenait à son tour possession de ses lèvres, avec une passion qu’il ne se connaissait plus. Il n’aurait jamais imaginé qu’un contact humain lui aurait tant manqué…

            Il sentit le théran frissonner contre lui, recula de quelques pas, laissant son regard dériver sur le corps maintenant couvert d’éraflures de l’autre homme, là où les épines s’étaient enfoncées dans sa chair, parfois profondément.

            ― Je suis désolé. Je ne voulais pas…

            Le général grogna et, soudain, se saisit des épaules de l’Elfe de sang, le plaqua contre le mur et se colla contre lui, laissant échapper un gémissement.

            ― Thanatos… Ne fais pas ça, tu vas te faire encore plus mal, protesta Kimaris, tentant de le repousser.

            Mais le théran était fort, plus fort que lui, en tout cas dans sa position de faiblesse, mal équilibré, avec les contraintes infligées par sa reine, et il ne bougea pas d’un pouce. Au contraire, il se pressa un peu plus fort contre lui, et même l’Elfe de sang eut cette sensation de malaise, alors que ses épines se déplaçaient dans sa chair, pénétraient profondément dans celle du général.

            Sans merci, l’autre homme saisit sa main, l’attira vers son entrejambe, et la posa sur son sexe, brûlant, dressé, pressé contre son pantalon. Intimidé autant qu’excité, Kimaris la caressa du bout des doigts, essayant tout de même toujours de le repousser.

            ― Tu penses que ça me pose un problème ? Tu penses que je serais toujours dur si tes épines pouvaient m’empêcher de bander ? Arrête de te comporter comme une pucelle, et si tu n’es pas capable de te comporter comme un homme, écarte les cuisses et laisse-moi faire.

            La remarque fouetta l’ego de l’Elfe de sang, qui fusilla le général du regard.

            ― Oh, pour ça tu n’as pas changé… L’arrogance thérane n’est pas, et n’a jamais été excitante, Thanatos, grogna-t-il, refermant cette fois douloureusement la main sur le sexe de l’autre homme.

            Le général gronda, poussa brutalement les épaules de l’Elfe de sang contre le mur et le plaqua sous son poids, profitant de son léger avantage de taille pour coincer son bras, veillant à ce qu’il n’ait plus la force de faire pression sur son sexe. Kimaris se débattit, hésita en sentant frissonner l’autre homme alors que les épines fouaillaient sa chair, et le frappa à l’estomac.

            Thanatos recula, le fusillant du regard, mais manifestement toujours excité malgré son corps ensanglanté.

            ― Qu’est-ce que tu veux à la fin ?

            ― Je ne suis pas ta pute ! Ne va pas t’imaginer que je suis désespéré.

            ― Bordel, Kimaris, je te demande pas d’être ma pute !

            ― « Écarte les cuisses et laisse-moi faire ? »

            ― Si tu comptes me prendre, il va falloir me battre. Mais vu que tu oses même pas me toucher

            Kimaris gronda et, sans plus y réfléchir, se jeta sur l’autre homme. Ils roulèrent sur le lit, et sans que l’Elfe de sang ait vraiment à lutter il se retrouva au-dessus du général théran qui frissonnait et haletait, une nouvelle estafilade marquant sa pommette là où il avait effleuré son visage. Kimaris hésita, fasciné par le désir brut dans les yeux de l’autre homme, alors même que les épines étaient profondément fichées dans sa chair, sous tout le poids du guerrier Elfe de sang.

            La réalisation frappa Kimaris, qui lécha ses lèvres sèches.

            Les épines ne dérangeaient pas Thanatos. Elles lui donnaient du plaisir. Lorsqu’il ondula le bassin, laissant les épines fouailler sa chair, son regard se fit plus brûlant encore, plus enfiévré, et il grogna.

            ― Enlève-moi au moins mon pantalon…

            Kimaris hésita et Thanatos, avec un soupir irrité, remua pour dégager ses bras, au mépris de la douleur, ou peut-être justement à cause d’elle. Prestement, l’Elfe de sang se redressa à quatre pattes pour lui laisser la latitude de s’extirper hors de son pantalon, pour qu’il cesse de se blesser.

            Il vit trop tard la lueur malicieuse dans les yeux du général qui, d’un coup de genou bien placé, le renversa pour inverser leurs positions, s’insinuant entre ses cuisses, les relevant sans trop de douceur pour les presser contre ses flancs, frémissant de désir alors que les épines s’enfonçaient dans sa chair.

            ― Thanatos, arrête, c’est trop…

            ― Bordel, arrête de me prendre pour une fillette. Je sais ce qui est bon pour moi.

            Et, sans rien ajouter, il se jeta sur ses lèvres, l’entraînant dans un baiser sauvage, violent, presque désespéré, et sans plus réfléchir, Kimaris répondit, noua ses bras autour de son cou, l’attira plus près de lui, le serra contre lui comme il n’avait serré personne, pas depuis très longtemps en tout cas, et lorsque le général le pénétra, il ne sentit pas la douleur — il ne la sentait plus vraiment depuis le rituel de toute façon —, mais seulement le plaisir. Il arqua le dos, creusa les hanches, cherchant plus de contact, plus profond, plus intime. Entre ses gémissements, il s’entendit demander plus, plus fort, plus, plus, et lorsqu’il resserra les cuisses sur la taille de son amant, l’enfermant dans un étau, il l’entendit gémir, de plaisir, c’était définitivement du plaisir, transcendant la douleur.

            Il sentit les épines à l’intérieur de ses jambes labourer la chair de son amant alors qu’il accélérait encore le rythme, qu’il le prenait plus brutalement, mais il ne fallut pas plus de quelques coups de reins au général pour jouir, alors qu’il reprenait possession des lèvres de l’Elfe de sang, qu’il saisissait son sexe pour le stimuler avec une précipitation désespérée pour le mener à l’orgasme à son tour.

            Kimaris se cambra et se répandit dans un cri, cherchant plus de contact, plus de pression, plus de friction.

            Haletant, tremblant, le général se laissa finalement tomber sur lui, s’empalant sur les épines avec un frisson de plaisir. Doucement, cette fois, l’Elfe de sang le repoussa, l’allongeant à côté de lui, caressant sa joue de sa paume vierge d’épines.

            ― Merci… murmura Kimaris.

            Thanatos sourit, et son sourire manquait singulièrement de joie.

            ― Ne me remercie pas. J’y ai trouvé mon compte, murmura-t-il finalement avant d’embrasser la paume de l’Elfe de sang.

            Kimaris ne savait pas ce qui avait pu changer à ce point le jeune maître d’armes plein de joie qu’il avait connu, mais il se jura de le découvrir. Dans l’attente, il ne pouvait que lui donner tout ce qu’il voudrait — tout ce qu’ils voudraient… 

 

 

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            22 - Teasing

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166668879292/kinktober-day-22-teasing-featuring-a-vivian

            Le setting est celui de Game of Thrones, qui ne m’appartient pas. Les personnages par contre ne sont pas canon.

 

            Silas était certainement l’un des guerriers les plus farouches, et sans peur que Vivian ait jamais connu. Il était brave, il était fort, rien ne l’effrayait et il était prêt à relever n’importe quel défi pourvu qu’il estime qu’il était dans son devoir de le faire.

            Mais dès qu’il était dans la chambre à coucher, il devenait la créature la plus timorée et la plus adorablement timide que Vivian ait jamais vue. Pas que le bâtard Lannister ait connu beaucoup de monde, en réalité, son expérience en la matière se limitait à deux personnes, et n’en déplaise aux mauvaises langues, aucune des deux n’était la très expérimentée Main du Roi. Mais comparé à Silas, Vivian faisait figure d’expert du sexe.

            Il posa la main sur sa hanche, jetant un regard provoquant à son protecteur, affichant sans aucune pudeur son corps dénudé.

            ― Alors, qu’est-ce que tu attends ? Il va falloir que je te déshabille moi-même ? Parce que je le ferai.

            Le massif guerrier rougit jusqu’aux oreilles, émit quelques protestations inaudibles, mais, sous le regard inflexible de son protégé, finit par obtempérer. Il manquait clairement de pratique dans l’art de l’effeuillage, et il se débarrassa maladroitement de sa tunique, puis de ses bottes et de son pantalon, cachant avec un succès limité son sexe derrière ses mains, se donnant un air encore plus emprunté si besoin était.

            Vivian inclina la tête de côté avec une moue amusée.

            ― Vraiment, Silas. Nous en sommes là… ?

            Le Dothraki marmonna quelques mots sans suite encore une fois et Vivian s’avança vers lui. Il le poussant du bout des doigts vers le lit jusqu’à ce qu’il s’y retrouve allongé, rougissant, les mains toujours fermement posées devant son sexe, dont le bâtard ne put s’empêcher de noter qu’il commençait tout de même à se dresser.

            Peu enclin à la pitié, pourtant, Vivian se saisit des mains du guerrier, entrelaçant ses doigts dans les siens, le forçant à lever les avant-bras pour dévoiler son sexe. Se léchant les lèvres, le bâtard le regarda ostensiblement un long moment, laissant ses yeux courir sur toute sa — considérable — longueur, le voyant se dresser sous le poids de son regard. Souriant, il se pencha pour souffler sur toute la longueur de l’érection de son amant, avant de l’enjamber sans l’avoir même effleurée, et de s’installer à califourchon sur ses hanches, ses doigts toujours entrelacés à ceux du Dothraki. Il contempla un long moment les joues empourprées de son amant puis recula légèrement le bassin, laissant le sexe de son garde du corps reposer contre ses fesses. Silas émit un petit couinement surpris et Vivian sourit.

            ― Awwwwww… Tu es si mignon.

            Cramoisi, le Dothraki laissa tomber d’une toute petite voix, manquant singulièrement de la fermeté qu’elle pouvait avoir, par exemple lorsqu’il exigeait que Vivian soit doté d’une escorte correcte.

            ― Arrête…

            Vivian sourit à nouveau et, loin d’arrêter, s’appuya sur les avant-bras de son amant pour se frotter de tout son long contre son sexe dressé, s’attirant des grognements tout à fait adorables.

            Arquant le dos, Vivian chercha plus de pression, faisant glisser avec délice la verge de son amant entre ses fesses. Si le bâtard avait été un peu plus sûr de lui, il l’aurait pris en lui, là, maintenant, tout de suite, parce que Silas était tout simplement trop adorable et trop excitant.

            Mais il était aussi très bien membré, des personnes à l’esprit mal tourné feraient à n’en pas douter un parallèle avec les chevaux qu’affectionnait tant son peuple, et Vivian ne se sentait pas assez aventureux — pas encore — pour accueillir son énorme sexe sans lubrification. Plus tard, peut-être, quand il serait un peu plus sûr de lui, mais…

            En attendant, si les tremblements des mains de Silas contre les siennes étaient une indication fiable, il était temps qu’il relâche la pression, sinon le Dothraki allait lui jouir dessus et pas dedans. Ce n’était pas tant que l’idée le dérange foncièrement, mais son garde du corps se noierait certainement dans l’embarras, et il faudrait un temps indécent pour le remettre en condition, temps qu’ils n’avaient pas sous peine d’offenser gravement le patriarche Lannister en arrivant en retard au dîner.

            Vivian n’avait pas envie de vraiment faire renvoyer Silas… Avec une pointe de réticence, il souleva donc le bassin, le décollant du sexe de son amant, et l’enjamba à nouveau pour venir se placer entre ses jambes, sans lâcher ses mains. Une fois allongé entre les cuisses musclées du Dothraki, il en lécha l’intérieur, suivit la ligne de la veine fémorale, entreprenant son excitation sans la faire monter, la faisant, de fait, descendre suffisamment pour ne pas risquer d’en finir trop vite.

            Les grognements de Silas étaient une musique à son oreille, et pour être honnête il perdit un peu la notion du temps, à contempler son visage embarrassé derrière son érection glorieuse.

            Lorsqu’enfin la respiration du garde du corps reprit un rythme plus calme, que ses doigts arrêtèrent de trembler dans ceux de Vivian, le bâtard se redressa et, tout doucement, embrassa l’extrémité du sexe du Dothraki. Un grognement étouffé lui répondit, et il recommença, prenant cette fois le gland dans sa bouche pour le sucer, l’humidifiant généreusement d’une salive qui coula le nom de la verge dressée de Silas. Une fois encore, il releva la tête, et la reprit à nouveau, plus loin, plus profond. Il n’était pas encore prêt à le prendre entièrement — mais c’était en projet —, mais il voulait simplement le lubrifier suffisamment, pas le faire jouir. Après une dernière allée et venue, il releva la tête, se redressa à nouveau.

            Plaçant les jambes de part et d’autre des hanches du garde du corps, il se positionna au-dessus de son sexe, fit soulever les avant-bras à son amant pour s’appuyer dessus, serrant les doigts sur les siens.

            ― Ne me laisse pas tomber, souffla-t-il.

            Avec une discipline toute martiale, Silas banda les muscles de ses épaules et de ses bras, et plus un tremblement ne les agita, offrant un soutien parfait à Vivian, qui s’appuya dessus de tout son poids pour descendre le long de son sexe.

            Si le gland était épais dans sa bouche, il l’était encore plus ici, mais si ç’avait été une gêne dans les premiers temps, il n’arrivait même plus à trouver cela désagréable maintenant. C’était juste… Parfait. Ce dont il avait besoin. Et ce dont Silas avait besoin, s’il arrêtait un peu d’être malhonnête.  

            Il gémit lorsqu’enfin la tête fut en lui, resta un moment comme ça, appuyé sur les bras solides de son amant, savourant la délicieuse intrusion, cherchant son souffle, admirant le visage rougissant, adorable du Dothraki. Il voulait embrasser ses lèvres, mais il ne voulait pas perdre son équilibre, détacher ses doigts des siens.

            ― Lève la tête, murmura-t-il.

            Et comme il était parfait, Silas s’exécuta sans que ses bras ne tremblent d’un iota. Perché comme il l’était, embroché sur la tête de son sexe, décidé à rester là, à savourer la sensation, Vivian n’avait pas la stabilité de l’autre homme et tremblait un peu lorsqu’il se baissa pour embrasser son amant, laissant sa langue dominer la sienne pendant de longs instants. Silas ne pourrait pas lui dire qu’il ne faisait pas d’efforts physiques.

            Détachant finalement ses lèvres de son amant, il se laissa à nouveau descendre sur son sexe, lentement, d’abord, savourant chaque once de chair gonflée, puis d’un coup, parce qu’il n’en pouvait plus d’attendre et que, malgré le soutien solide de Silas, il tremblait tout simplement trop.

            L’intrusion était encore un peu étrange, il lui fallut un peu de temps pour s’ajuster, mais c’était ce pour quoi son corps était fait, Vivian en était persuadé, parce que sinon ce ne serait pas aussi bon.

            Si Silas était toujours cramoisi, c’était maintenant le désir et plus l’embarras qui troublait son regard, et Vivian sourit.

            ― Tu es adorable… murmura-t-il.

            Une étincelle de gêne réapparut dans les yeux du Dothraki, pour être immédiatement remplacée par du plaisir brusque lorsque Vivian s’appuya sur ses mains pour se soulever, faisant sortir le sexe de son amant, pour le reprendre tout de suite, entièrement, d’un mouvement fluide, en gémissant. Et il recommença. Encore et encore. Jusqu’à ce qu’il n’ait plus la maîtrise de lui-même nécessaire pour faire autre chose que le prendre, brutalement, avec des mouvements erratiques, jusqu’à ce que les bras de Silas tremblement sous les siens, jusqu’à ce que le plaisir prenne le contrôle de ses sens, et qu’il n’y ait plus que le sexe de son amant en lui, son bassin ondulant au rythme des grognements et des gémissements, dans le bruit indécent de la chair contre la chair.

            L’orgasme le prit par surprise, et il jouit dans un cri étonné sur l’estomac de son amant, l’entraînant avec lui.

            Le rouge aux joues, la tête toujours relevée, parce que Vivian avait tout simplement oublié de lui dire qu’il pouvait se rallonger et qu’il était docile comme ça, Silas marmonna des excuses étouffées.

            Détachant enfin ses mains des siennes, Vivian prit son visage en coupe et embrassa ses lèvres.

            ― Ne t’excuse pas, grand idiot. Ne t’excuse jamais. Tu es parfait.

            Et à la réflexion, le bâtard ajouta.

            ― Sauf quand tu veux m’imposer une escorte de 120 personnes.

 

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            23 - Ropes

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166709532082/kinktober-day-23-ropes-featuring-johnathan

 

            L’ancien soldat vérifia encore une fois les cordes, leur tension, la solidité des nœuds, s’assurant qu’il pouvait passer un doigt entre elles et la peau de son amant, qu’elles n’étaient pas trop serrées, qu’il n’allait pas lui faire de mal. Il les avait prises à l’Étoile du Matin. Elles étaient résistantes, mais en soie, non abrasives : elles ne risqueraient pas de le blesser.

            Après ses vérifications, il passa une main sur les muscles tendus de l’autre homme : ceux de ses épaules, de ses avant-bras, ceux de ses cuisses aussi, et de ses mollets. Il voulait l’immobiliser, mais pas qu’il se sente mal.

            Une fois certain que tout était parfait, il caressa le dos de l’autre homme d’une main tendre, rassurante.

            ― Si tu as mal, si c’est inconfortable, tu n’as qu’un mot à dire. Tu t’en souviens ?

            Le noble hocha la tête, mais, encore trop embarrassé, ne répondit rien.

            ― Je vais te lâcher, d’accord ? continua Alfie. Si c’est trop douloureux, je déferai un peu les nœuds.

            Johnathan hocha la tête, encore une fois. Le Non-Vivant vit bouger sa pomme d’Adam, alors qu’il déglutissait, une vision simple et pourtant électrisante.

            Doucement, attentif à toutes les réactions de son amant, il ôta la main qui se trouvait à plat sur son torse depuis qu’il l’avait entravé, se servant des renforts en bois du lit à baldaquin pour assurer les cordes. Johnathan frémit, mais ne gémit pas, et son sexe était toujours aussi dur, dressé, tendu de désir.

            D’une main cajoleuse, Alfie caressa ses cheveux sombres, sa nuque humide de transpiration, il taquina du pouce la pointe de son oreille, en profitant pour appuyer un peu, pour vérifier que la pression n’était pas douloureuse. Elle ne l’était pas. Pas assez, en tout cas, pour que l’inconfort masque le désir dans les prunelles sombres du noble.

            ― C’est bien, Johnathan. Comme tu as été parfaitement docile, tu as le droit de choisir : veux-tu que je te prenne nu, ou habillé ?

            L’aristocrate leva la tête, chercha le regard d’Alfie, embarrassé, puis se lécha les lèvres.

            ― Je… Alfie, je…

            Le Mort lui caressa la joue, tendrement.

            ― Tout va bien, Johnathan. Réponds-moi. Tu veux que je reste comme ça, ou que j’enlève mes vêtements ?

            Après une longue hésitation, le noble prit finalement la parole, les joues rouges, le regard un peu fuyant.

            ― Déshabille-toi. Je veux… J’aimerais… Tu…

            Souriant, Alfie caressa à nouveau la joue de son amant, ses cheveux, laissa son pouce s’attarder sur ses pommettes, sur la ligne de ses sourcils, puis sur sa bouche.

            ― D’accord, Johnathan. C’est très bien, souffla-t-il doucement.

            Ce fut son tour de mordre sa lèvre, de déglutir péniblement, lorsque son amant ouvrit la bouche pour lécher son doigt. Il n’avança pas la tête : attaché comme il l’était, il ne pouvait pas. Doucement, légèrement, Alfie approcha son pouce, et Johnathan l’avala, alors il l’enfonça un peu plus. La langue du noble était pressante, brûlante, elle enveloppait et caressait son doigt avec obscénité. Le Mort se laissa aller à le pénétrer de son pouce, encore et encore, à le regarder disparaître entre les lèvres de la plus indécente des façons.

            Lorsque finalement il retira sa main, Johnathan émit une plainte étouffée, adorable, et il lui caressa à nouveau les cheveux.

            ― J’arrive. Je vais m’occuper de toi. Mais d’abord, je me déshabille. C’est ce que tu as demandé, tu te rappelles ?

            Le noble grogna un peu, mais hocha la tête, docilement. Ce fut presque à regret qu’Alfie s’éloigna de lui, de quelques pas, et commença à se dévêtir. Lentement, pour se donner en spectacle autant qu’il avait mis en scène son amant. Ce n’était, après tout, que justice.

            Un par un, il défit les boutons de son veston, qu’il enleva ensuite en prenant son temps pour le laisser tomber à terre. Johnathan grogna lorsqu’il commença à ouvrir sa chemise, centimètre par centimètre, dévoilant sa peau pâle. Lorsqu’elle tomba au sol, le regard de l’aristocrate était lourd, brûlant, et Alfie en frissonna presque. Ses bonnes résolutions envolées, il s’extirpa en vitesse de son pantalon, qu’il jeta plus loin, en tas, pour s’approcher à nouveau de Johnathan.

            Il se pencha vers lui et embrassa ses lèvres.

            ― Je suis tout à toi, maintenant.

            Cela dit, il se redressa, caressa la nuque de son amant puis, saisissant son érection déjà conséquente, il l’approcha de la bouche de Johnathan, qui l’ouvrit immédiatement pour l’accueillir, docile, parfait. Le Mort passa la barrière de ses lèvres, laissant son amant caresser la tête de son sexe de sa langue, flattant sa nuque, nouant la main dans les boucles noires à sa portée. Rapidement, l’aristocrate avança la tête, cherchant à avaler plus du sexe de l’ancien soldat, et celui-ci l’obligea, et, saisissant une pleine mèche de cheveux, avec une certaine rudesse, le prit plus profondément. Pas trop pour ne pas lui provoquer de malaise, mais rapidement, la succion sur son pénis se fit si pressante, les grognements de Johnathan si indécent qu’il pénétra complètement sa bouche, se logeant dans la gorge détendue, accueillante.

            Il vérifia d’un coup d’œil que l’aristocrate était toujours bien, qu’il ne luttait pas contre les cordes et, une fois rassuré, raffermit sa prise et se retira pour le pénétrer à nouveau, plus fort, plus vite. Un gémissement de plaisir lui répondit, alors il réitéra la manœuvre, envahit la bouche de son amant avec des coups de reins secs, précis : il ne baisait pas sa bouche comme il l’aurait baisé, lui, parce qu’il doutait que l’aristocrate soit prêt pour ça, mais il pensait l’utiliser suffisamment pour le satisfaire. Il savait que Johnathan aimait ça, il supposait qu’il y trouverait son compte, et s’il en jugeait pas l’érection conséquente du noble, il ne doutait pas d’avoir raison.

            Les gémissements de Johnathan contre son sexe étaient divins, stimulant d’une autre façon le membre sensible, tendu de désir, et, rapidement, il se sentit au bord de la jouissance. Crispant une main sur l’épaule de son amant, sans cesser d’aller et venir en lui, il demanda, le plus doucement possible.

            ― Johnathan… Je vais bientôt jouir… Si tu veux que je jouisse dans ta bouche, détends la main, d’accord. Si tu gardes le poing serré, je me retire.

            L’une des mains de Johnathan, liées dans son dos, se détendit doucement, et rapidement ses doigts reposèrent à plat sur son dos, tandis qu’il grognait contre la verge de l’ancien soldat. Fou de désir, pressé d’atteindre la jouissance, Alfie accentua l’amplitude de ses coups de reins, se concentrant sur la chaleur de la bouche de son amant, sur sa langue contre son sexe, sur la pression de ses joues et, après quelques mouvements de bassin, jouit dans sa bouche, les doigts crispés dans ses cheveux.

            Haletant, il se retira, soulevant tendrement la tête de son amant pour lécher le sperme qui coulait à la commissure de ses lèvres.

            ― C’est dégoûtant… fit remarquer Johnathan d’un ton tendu, chargé de désir, et Alfie termina son œuvre avant de lui sourire.

            ― Ce que tu avales, je peux l’avaler aussi, tu ne crois pas ?

            ― Répugnant… grogna l’aristocrate, rougissant.

            ― Tu sais ce que tu dois dire si ça ne te plait pas.

            ― Tu es ridicule…

            Alfie se pencha, murmurant à l’oreille de son amant.

            ― Peut-être que tu devrais te montrer accommodant, si tu veux que je te baise…

            Tout le corps de Johnathan frissonna, et il gémit, les pupilles dilatées par le plaisir.

            ― Ou peut-être que tu devrais te faire pardonner… continua Alfie, laissant sa main dériver sur le dos de son amant, vers ses fesses musclées.

            ― Alfie… souffla Johnathan, la voix tendue de désir.

            ― Je vais te punir, Johnathan. Et après je te baiserai. D’accord ?

            ― Oui… gémit l’aristocrate. Oui, oui, s’il te plait…

            Le sexe d’Alfie se rappelait à son bon plaisir, à demi dressé déjà par la simple vue de son amant soumis, vaincu par la luxure, et il s’assit à côté de lui.

            La main du soldat s’abattit sur les fesses du noble, qui émit un petit cri, de surprise et de plaisir. Alfie caressa, flatta, et à nouveau frappa, répétant l’opération encore, et encore, variant l’intensité et la fréquence des claques, ne frappant jamais assez fort pour marquer durablement. Chaque coup faisait trembler son amant, frémir son sexe, lui arrachait des cris de plaisir, et le Mort ne cessa la douce torture, finalement, qu’en entendant la voix, rauque d’avoir crié, de son amant.

            ― S’il te plait, Alfie, s’il te plait.

            À nouveau, les doigts de l’ancien soldat se mêlèrent aux boucles de son amant, et il lui caressa la nuque.

            ― Tu penses que tu t’es fait pardonner, Johnathan ?

            ― Oui… Non… Je suis désolé, je ne sais pas… Je veux…

            ― Que veux-tu, Johnathan ?

            ― Je veux… Tu as dit…

            ― Tu veux que je te baise ?

            ― Oui… Oui, Alfie, s’il te plait, oui !

            ― Alors, dis-le. « Baise-moi, Alfie. »

            L’aristocrate gémit, frustré. Il détestait la vulgarité, il détestait parler de sexe. Et pourtant, finalement, il dit, d’une voix rauque, chargée de désir.

            ― Baise-moi, Alfie…

            L’ancien soldat se vantait d’être un homme discipliné, doué pour obéir aux ordres, doué pour contrôler son corps, et il s’en félicita, sinon il aurait joui dans l’instant. Fort heureusement, il se contenta de frissonner tandis que seules quelques gouttes de sperme coulaient le long de son sexe.

            Il souffla silencieusement puis attrapa le flacon de lubrifiant, en versant une dose généreuse sur son sexe, la fraîcheur du liquide l’aidant à faire descendre l’excitation, et une autre entre les fesses de Johnathan qui frémit mais ne se plaignit pas. Après quelques nouvelles inspirations, Alfie se positionna derrière le noble, entre ses jambes entravées, et, d’un geste sûr et presque pas tremblant, guida son sexe vers l’entrée grossièrement lubrifiée du corps de son amant.

            Alfie le pénétra d’une poussée, rivant une main sur la hanche de Johnathan, flattant son dos de l’autre et, sans lui laisser le temps de réellement s’ajuster à sa présence, il se mit à le pilonner, brusquement, régulièrement, profondément.

            Les gémissements de Johnathan se muèrent en cris, et Alfie les laissa rythmer ses coups de reins, toujours plus amples, toujours plus forts.

            ― Oui, Alfie, haletait l’aristocrate, tremblant, défait. Oui, oui, mon Dieu, oh, mon Dieu, oui, oui !

            Alfie ne releva pas le blasphème, et accéléra la cadence, se sentant proche de la jouissance, mais sentant son amant plus proche encore, et il se saisit du sexe trop longtemps délaissé de Johnathan pour le masser au rythme de ses poussées.

            ― Oui, encore, oui, mon Dieu, Alfie, OUI !

            Le noble se répandit sur le poing du mort, se resserrant en spasmes délicieux autour du sexe de l’ancien soldat alors qu’il se laissait submerger par son orgasme, l’entraînant avec lui dans la jouissance, profondément enfoui dans le corps accueillant de son amant.

            Alfie aurait aimé rester là, affalé contre lui, et laisser la langueur post-coïtale s’emparer de lui, mais le bien-être de son amant était la meilleure des drogues. Alors il défit les nœuds qui l’entravaient, laissant tomber les cordes à côté du lit, et l’attira contre lui, le dos de l’aristocrate contre son buste, et massa ses poignets, ses cuisses, ses chevilles et son torse, patiemment, aux endroits où les liens avaient frotté. Puis il se contenta de le caresser doucement, embrassant son cou, sa mâchoire, ses oreilles, jusqu’à ce que Johnathan soit détendu, liquide dans ses bras. Alors seulement, il l’allongea, et s’étendit près de lui, le serrant contre lui.

            ― Tu es parfait, murmura-t-il.

            ― Tu n’es pas objectif, grogna le noble.

            ― Je laisse l’objectivité aux imbéciles. Je ne veux que toi.

            Johnathan soupira, mais se lova un peu plus contre lui.

             

 

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            24 — Lingerie

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166742503732/kinktober-day-24-lingerie-featuring-a-very

            Adam et Aaron sont deux dieux égyptiens dans le setting de Scion, et comme tels ils font des galipettes entre frères, donc TW : Inceste

 

            Aaron jeta un regard soupçonneux à son frère. Il savait qu’il n’avait rien de particulier à faire, et quand Adam n’avait rien de particulier à faire, il portait soit un T-shirt beaucoup trop décolleté pour être décent et un jean beaucoup trop moulant pour ne pas crier « attentat à la pudeur », soit presque rien, parce qu’il estimait que la mode égyptienne était acceptable.

            Mais là, non, il portait un costume. Un costume normal. Un costume trois-pièces avec un veston. Pas qu’Aaron s’en plaigne, au contraire, il trouvait qu’Adam était… Que le costume lui allait bien. Et si le rouge lui montait aux joues ce n’était pas parce que ça l’excitait, c’était parce que… Bref.

            ― Qu’est-ce que tu as encore fait ? aboya-t-il, parce que l’agressivité était la réponse à tout avec Adam.

            Pas vraiment impressionné, l’autre homme sourit et écarta les bras, tournant sur lui-même.

            ― C’est pour toi. Tu n’ouvres pas ton cadeau ?

            ― Pourquoi tu me fais un cadeau ?

            ― Parce que j’en ai envie. Il me faut une raison ?

            ― C’est débile. T’es pas un putain de paquet cadeau.

            ― Non, en effet. Le paquet c’est le costume.                                       

            ― Je te déshabille pas. C’est débile.

            La rebuffade péremptoire d’Aaron ne doucha pas les ardeurs du plus vieux Dieu, qui se contenta de sourire, pas particulièrement offensé, et de répondre d’un ton joyeux.

            ― Heureusement, ce cadeau-là est capable de s’ouvrir tout seul.

            À bien y réfléchir, Aaron n’était pas certain de vouloir que son « cadeau » s’ouvre, et il n’était pas complètement contre l’idée de se faire prendre par Adam en cost… Il rougit, décidant que ses pensées prenaient un tour qui ne lui plaisaient pas du tout et grogna, se mettant sur le dos et faisant mine de reporter son attention sur la télévision, gardant tout de même un œil sur son amant.

            Toujours pas perturbé par le manque d’enthousiasme d’Aaron qui avait tout de même du mal à garder le contrôle de son traître de pénis, fort heureusement planqué sous le drap, ce qui lui demandait d’imaginer beaucoup Shu et pas beaucoup Adam, l’intéressé commença à desserrer sa cravate, l’ôtant dans un mouvement lent, gracieux, sensuel, mesuré. Comme si Aaron avait besoin que tout lui rappelle que son frère était un foutu strip-teaser-non-Aaron-danseur-exotique.

            N’empêche, il avait du mal à faire semblant de regarder la télévision alors que la veste noire glissait sur les épaules larges de l’autre dieu, dessinant la courbe de ses bras sous sa chemise blanche, tandis que le veston soulignait sa poitrine large, et sa taille fine — Aaron n’avait pas réalisé qu’elle était si fine, d’ailleurs.

            Lorsque le veston tomba, il renonça à faire semblant et tourna la tête vers son frère, cramoisi, alors qu’il ouvrait les premiers boutons de sa chemise sur son torse bronzé. Sans aller jusqu’au bout, toutefois, il ôta la ceinture de son pantalon d’un coup sec, dans un claquement, l’envoyant ensuite rejoindre le reste de ses vêtements, avant d’ouvrir son pantalon et de la faire glisser lascivement sur ses jambes, le laissant tomber finalement sur ses chemises et ses pieds nus.

            Avec un sourire provocant, il avança finalement, balançant les hanches, vêtu uniquement de sa chemise, et Aaron décida que c’était certainement la vision la plus excitante au monde.

            Il se trompait.

            Adam défit les derniers boutons de sa chemise, dévoilant un foutu corset en dentelle, et une petite culotte qui n’avait rien à faire sur le cul d’un mec, mais ça lui allait tellement bien que ça en était indécent, et il savait que le drap ne pouvait plus cacher son excitation.

            La chemise glissa au sol, et Aaron hésita sur la conduite à tenir — est-ce qu’il devait se lever, lui interdire d’enlever ses dessous, l’ignorer parce que c’était un putain d’allumeur, mais il voulait toucher, juste parce qu’il était curieux, rien d’autre…

            Adam lui épargna cette peine en s’allongeant en travers du lit, appuyé sur ses coudes, ses fesses beaucoup trop… magnifiques pour son propre bien juste à portée du bras d’Aaron, et ce n’était pas vraiment de sa faute s’il posa la main dessus, c’était parce qu’il était curieux de… Putain oui c’était un string, avec juste deux ficelles, et c’était… Enfin, c’était normal d’apprécier le contact du ruban de dentelle, c’était parce qu’il était un mec, et les mecs aimaient la lingerie affriolante, juste pas sur les autres mecs et…

            Et il crispa la main sur les fesses de son frère, parce qu’il était beau, particulièrement comme ça, et que même s’il crèverait plutôt que de l’avouer, Aaron le trouvait plus bandant que jamais.

            ― Profites-en, fit Adam d’un ton lascif, un sourire indécent aux lèvres. Je suis tout à toi.

            Et sur ces mots, il se redressa, mais Aaron ne parvint pas à se résoudre à détacher sa main de ses fesses, de la dentelle qu’il caressait du pouce, alors qu’Adam avançait à quatre pattes vers lui, la lumière chiche de la chambre se reflétant de la plus vulgaire et excitante des façons sur les anneaux qui ornaient ses tétons.

            Aaron aurait aimé lui dire qu’il était vulgaire, qu’il ne voulait plus jamais qu’il fasse ça. Il voulait qu’il recommence. Il le désirait comme jamais et il voulait le baiser, ici, maintenant, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.

            Fasciné, il passa une main sous l’élastique orné de dentelle du string, levant l’autre pour caresser les broderies de dentelles du corset, le souffle court, terriblement excité, si excité que même le contact du drap sur son sexe était difficilement supportable, alors il s’en débarrassa maladroitement tandis qu’Adam l’enjambait.

            Possessivement, Aaron affermit sa prise sur la fesse ornée de dentelle, descendant le long du corset pour effleurer celle qui se trouvait à l’avant du string, trop petite pour couvrir complètement l’érection naissante d’Adam. Il caressa tout de même la fantaisie affriolante, le sentant grossir sous la pulpe de ses doigts, débauché, vulgaire comme jamais, magnifique.

            Aaron leva la tête et réclama ses lèvres, bataillant avec sa langue, frissonnant au contact du bijou qui l’ornait. Il crispa plus encore sa main et attira le bassin d’Adam plus près du sien, dégageant la seconde pour la nouer dans les mèches noires de son amant, tremblant de désir lorsque leurs érections se frottèrent à travers la dentelle. Les anneaux ornant les tétons de l’autre Dieu frottèrent sur le torse d’Aaron, froids, érotiques, et il laissa échapper un gémissement.

            Se redressant légèrement, Adam lui jeta un regard interrogateur, et Aaron, cramoisi, grogna.

            ― Tu te comportes comme une pute.

            À nouveau, le plus vieux Dieu se contenta de sourire, penchant la tête de côté et haussant les épaules.

            ― Je te promets que pour toi ce sera gratuit.

            ― Mais tu vas la fermer !

            ― Pas avant que tu ne m’aies dit comment tu comptes me baiser, répliqua Adam, sans pitié.

            Il se redressa, passant les mains sur son corset, lascif, pornographique même.

            ― Tu veux me l’enlever… ?

            Il passa une main à l’intérieur de son string, caressant son sexe.

            ― Et lui… ?

            ― Arrête ! protesta Aaron, cramoisi, pas sûr de savoir s’il voulait qu’il arrête d’être indécent, ou qu’il arrête de faire mine d’enlever le sous-vêtement.

            Adam s’immobilisa, haussant un sourcil, et Aaron céda, grommelant, embarrassé.

            ― Garde-les.

            Le plus vieux des deux Dieux sourit, et acquiesça. Sans honte, sensuel comme jamais, il se pencha sur Aaron, s’appuya sur son épaule d’une main et, de l’autre, attrapa la ficelle du string entre ses fesses pour l’écarter. Puis, ses yeux fauves rivés sur Aaron, il se cambra, plaçant le sexe de son amant contre son anus dégagé et commença à s’empaler sur lui, soupirant, la lumière soulignant chacune de ses courbes, l’éclat des bijoux sur son torse, celui du satin autour de sa taille.

            N’y tenant plus, Aaron attrapa ses fesses, les écarta, souleva le bassin pour le pénétrer plus fort, plus vite, hypnotisé par la dentelle, par le sexe qui la tendait, par le corps félin de son frère tendu de plaisir alors qu’il le prenait de plus en plus profond, qu’il ondulait du bassin pour augmenter la friction, pour accentuer la puissance des coups de reins incontrôlés d’Aaron. Le jeune Dieu chercha la main de son amant, entrelaça ses doigts aux riens, engloba plus possessivement encore la fesse d’Adam, jusqu’à effleurer de l’index son propre pénis qui allait et venait en lui.

            Le sexe était toujours bon avec Adam, parce qu’Adam était tout simplement doué pour ça, mais cette fois c’était différent, c’était meilleur, c’était parfait, et franchement Aaron n’était plus un ado depuis longtemps, mais là il savait qu’il n’allait pas durer, il savait qu’il allait jouir, il savait qu’il en avait beaucoup trop envie et…

            ― Adam… Adam, je suis désolé, je vais…

            ― Vas-y, Aaron, fit l’autre homme avec un mélange de tendresse et de sensualité qui fut tout simplement trop pour le jeune Dieu.

            Avec un dernier coup de reins, ample, puissant, il s’enfonça profondément en Adam et se répandit, continuant à le pilonner tant que durait son orgasme, désespéré de le faire jouir, et lorsqu’enfin il sentit son amant trembler contre lui, lorsque le sous-vêtement se souilla de sperme, il se laissa enfin complètement aller, la jouissance réduisant ses pensées à juste lui et son amant, son âme sœur, son frère, qu’il serra contre lui, fort, parce qu’il ne voulait plus jamais le laisser partir.

            Une main caressante dans ses cheveux le ramena finalement à ses sens, et il entendit Adam murmurer.

            ― Moins fort, Aaron. Tu ne connais pas ta force…

            Rougissant, le jeune Dieu laissa un peu d’air à son frère, qui s’allongea à côté de lui, la tête sur son épaule.

            ― Joyeux anniversaire en avance.

            Aaron rougit, et, après une longue hésitation, demanda d’une toute petite voix.

            ― Dis… Tu le referas pour mon anniversaire ?

            ― Bien sûr, répondit Adam avec un sourire.

            Et il n’ajouta rien, et Aaron l’aima pour ça.

 

Chapter Text

            25 - Hair

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166775016937/kinktober-day-25-hair-featuring-sharhrys

            Très lointainement basé sur le setting et les personnages de RA Salvatore, tiré d’une partie de Donjons et Dragon où comme d’hab mes joueuses m’ont recruté des PNJ random qui étaient pas supposés rester, laaaargement adaptée, je crédite mais franchement le rapport est lointain ^^.

            TW : très légères mentions de violences sexuelles passées.

 

            Il y avait peu de choses qui dérangeaient Sharhrys : il était d’une nature accommodante, il le fallait quand on avait grandi à Menzoberranzan, au sein d’une famille qui avait été massacrée. Et lorsqu’on était mercenaire, on était, par nature, accommodant. Bon, d’accord, Sharhrys n’était plus exactement mercenaire, mais par contre il était toujours un Drow au milieu des Elfes de lune, et cela aussi nécessitait une nature très, très accommodante.

            Donc, Sharhrys était une personne franchement peu contrariante. Et pourtant, il y avait des choses qui ne cessaient de le contrarier. Comme le fait que Tarathiel ait peur du noir, ou tremble encore lorsque Sharhrys le prenait dans ses bras, s’il ne l’avait pas entendu et vu approcher. Oh, pas longtemps, et il se montrait ensuite très tendre, comme pour s’excuser.

            Tarathiel ne devrait pas avoir à s’excuser. Il devrait toujours être l’homme ouvert et amical que Sharhrys avait rencontré. Qu’il avait trahi… Bien sûr, Tarathiel l’avait pardonné, mais le Tarathiel qui l’avait pardonné avait été changé par Ombre Terre. Et ça, Sharhrys le regrettait. Et il n’aimait pas regretter. Il regrettait déjà T’risstree. Il n’aurait pas dû aller voir T’risstree.

            Lorsque, cette nuit-là, à la chiche lueur des feu-follets magiques, Tarathiel se dévêtit, Sharhrys se sentit un peu coupable. L’Elfe argenté ne devrait pas se sentir obligé de le faire, il ne devrait pas se sentir en concurrence avec un autre, surtout pas avec T’risstree. T’risstree était… Mauvais, vénéneux, toxique, tout ce que Tarathiel n’était pas, et c’était précisément pour ça que si la question lui était posée, Sharhrys choisirait l’Elfe argenté. Toujours. Quelles que soient les circonstances. Quelles que soient leurs difficultés.

            Il n’arrêta pas Tarathiel. Il n’osait pas. Son amant était fragile sur beaucoup de choses, et sa confiance en lui avait été détruite. À tort, parce qu’il était magnifique, il était parfait. Avec sa peau pâle et ses cheveux d’un noir de jais, comme un reflet déformé du Drow, son corps athlétique aux épaules larges, aux muscles bien définis, il était objectivement certainement l’être le plus beau qu’il ait été donné à Sharhrys de contempler. Et les Drows vénéraient la beauté.

            Il se contenta de tendre les mains, attendant que son amant les prenne, caressant les doigts calleux de l’Elfe. Le silence tomba sur leur modeste maison, presque tangible, et Sharhrys vit Tarathiel déglutir, le regard en biais, les joues un peu rouges.

            ― Tu es beau, fit finalement le Drow.

            ― J’essaie d’être bien pour toi. De te suffire.

             Tarathiel savait toujours quand Sharhrys allait voir T’risstree. Le Drow détacha les doigts d’une de ses mains de celle de son amant pour venir caresser sa joue, descendre le long de son cou pâle, se nouer dans ses cheveux épais, de ce noir si profond qu’il semblait absorber la lumière.

            ― Tu es parfait. Tu me suffis. Tu me suffiras toujours.

            Tarathiel ne dit rien, se força à sourire. Il ne prononça pas le nom de T’risstree, mais le mage drow était aussi présent que s’il était physiquement entre eux.

            Cette distance, cette froideur étaient insupportables et Sharhrys referma la distance entre eux, serrant son amant fort contre lui, enfouissant le visage dans les boucles soyeuses de sa chevelure.

            ― Je suis désolé… C’est moi qui…

            La main de Tarathiel était sur lui, sur son dos nu, tendre, réconfortante.

            ― Non. Non, ne t’excuse pas.

            Les doigts fins de l’Elfe remontèrent dans ses cheveux, massant sa nuque, s’enfonçant dans les mèches blanches. Il caressa du pouce l’oreille pointue du Drow avant de descendre vers sa mâchoire, d’en masser le coin, et finalement Sharhrys releva la tête pour chercher le regard de son amant. Il n’y avait pas une once de colère dans les yeux bleus de l’Elfe, simplement de la tendresse et un amour si grand qu’il effrayai le Drow. Un amour que T’risstree n’était pas – plus – capable de ressentir. Un amour qui avait poussé Sharhrys à trahir les siens.

            Il embrassa les lèvres de Tarathiel, simplement parce qu’il en avait envie, simplement parce que c’était la chose la plus naturelle au monde, et c’était peut-être ce qui le rendait plus heureux, la simplicité, au final, de leur relation. Il n’y avait aucun faux-semblant, ici, aucun double jeu.

            Tarathiel répondit à son baiser, avec chaleur, avec passion, et noua sa main libre autour du cou du Drow, gardant les doigts de l’autre entrelacés aux siens.

            ― Je t’aime, murmura-t-il, et Sharhrys frissonna.

            Il voulait lui répondre que lui aussi, mais, plus que tout, il voulait le lui montrer, il voulait vénérer chaque once de son corps parfait, il voulait qu’il sache que tout chez lui était spécial, faisait de lui la personne la plus importante du monde.

            Il embrassa à nouveau les lèvres de son amant, puis ses pommettes, son front, ses paupières, son nez droit, et à nouveau ses lèvres. Tarathiel pencha la tête en arrière lorsqu’il descendit sur son menton, et le Drow laissa une traînée de baisers le long de sa gorge, sur sa clavicule. Doucement, il poussa l’Elfe vers son lit, et, docilement, Tarathiel s’y assit, les joues embrasées, les lèvres entrouvertes, le regard profond et intense.

            ― Tu es beau, répéta le Drow pour la seconde fois, toujours aussi sincère, peut-être plus encore si c’était possible.

            Cette fois, Tarathiel sourit, vraiment. Sharhrys lui rendit son sourire, alors qu’il se mettait à genoux devant lui, laissant la lune qui passait à travers la fenêtre caresser la peau blanche de sa lumière.

            Doucement, tendrement, le Drow caressa les cuisses nues de son amant, sentant sa chaleur sous sa paume, et les doigts dans les siens l’étreignirent plus fort. La respiration de l’Elfe était plus courte, mais il ne semblait pas avoir peur, et c’était bien, c’était déjà un tel progrès que Sharhrys sentit son corps se gonfler de fierté.

            Il était beau, mais surtout il était fort, plus fort que T’risstree ne le serait jamais, plus fort que n’importe qui. Et les Drows ne se fiaient qu’à la force. Sharhrys n’était pas très porté sur la bagatelle, mais s’il y avait une chose qui pouvait l’exciter, c’était la force.

            ― J’aimerais te faire l’amour, Tarathiel… souffla-t-il, et cette fois c’était vrai.

            L’Elfe déglutit, le dévisagea longuement, comme s’il cherchait un mensonge, et il arrivait souvent que Sharhrys n’ait pas particulièrement envie de sexe, alors il ne pouvait pas l’en blâmer. Mais il avait envie de lui, vraiment, alors il ne détourna pas les yeux et soutint son regard jusqu’à ce que Tarathiel, rougissant, hoche la tête.

            ― Est-ce que tu en as envie, Tarathiel ?

            L’Elfe sembla hésiter à nouveau, mais hocha finalement à nouveau la tête. Sharhrys avait appris avec le temps que les Elfes mentaient peu, et cet Elfe-là ne mentait pas, alors il sourit.

            ― Merci… souffla-t-il doucement.

            Sans vraiment laisser le temps à son amant de répondre, il tourna la tête pour embrasser l’intérieur de sa cuisse, vénérant de ses lèvres la peau sensible, laissant une traînée de baisers le long de l’artère fémorale de son amant. Tarathiel n’avait pas lâché sa main, et ses doigts tremblaient dans ceux du Drow, qui leva les yeux vers son amant.

            Tarathiel ne souriait pas, mais il ne souriait jamais pendant le sexe. Peut-être cela changerait-il un jour, mais pour l’heure, il n’y avait pas de peur dans ses yeux, qui étaient même un peu voilés de désir, et cela suffisait à Sharhrys.

            Il savait qu’un jour les choses changeraient, il savait qu’un jour Tarathiel serait guéri, parce qu’il était l’homme le plus solide et le plus fort qu’il connaissait. Même s’il n’aurait jamais dû avoir à guérir. Même s’il aurait dû rester insouciant comme tous les membres de son peuple.

            Une pointe d’inquiétude le fit douter d’avoir bien interprété l’expression de son amant lorsque Tarathiel détacha ses doigts des siens, mais l’Elfe se contentait de repositionner son poignet plus confortablement, et attrapa la main de son amant, en caressant doucement, distraitement, le dos.

            Peut-être conscient d’avoir inquiété le Drow, Tarathiel le dévisagea un long moment, avec amour et tendresse, et caressa ses cheveux d’un geste rassurant. Il n’avait pas besoin de parler, et Sharhrys n’en demanda pas plus, il baissa à nouveau la tête et, fermant les yeux, embrassa la tête du sexe blanc de son amant. Il le sentit frémir contre lui, flatta sa cuisse d’un geste rassurant, entoura ensuite son sexe dans le cercle de ses doigts, avant de le prendre plus profondément dans sa bouche.

            L’Elfe ne grogna pas, ne gémit pas, tout au plus souffla-t-il. Mais il était très silencieux lorsqu’il s’agissait de sexe. Au début, il avait essayé de faire comme si, pour plaire à son amant, mais Sharhrys lui avait depuis longtemps dit que ce n’était pas la peine.

            Et il n’en avait pas besoin, alors que les doigts de l’Elfe se crispaient et ses décrispaient dans ses cheveux au rythme de ses allées et venues sur son sexe, alors que sa respiration se faisait plus courte, plus haletante, alors que ses doigts se faisaient étau sur sa main et qu’il frissonnait contre lui.

            Les yeux fermés, savourant la sensation du sexe de l’Elfe dans sa bouche, par respect, par amour pour lui, parce qu’il ne voulait penser qu’à lui, vénérer son corps et graver chaque sensation dans sa mémoire, il accéléra le rythme de ses allées et venues, le prenant au fond de sa gorge, caressant ensuite du bout des doigts la peau qu’il dévoilait pour mieux la reprendre, jusqu’à ce que les tremblements de Tarathiel se fassent incontrôlés, jusqu’à ce que l’étreinte sur ses cheveux se fasse douloureuse.

            Tarathiel grogna lorsqu’il atteignit enfin la jouissance, un bruit sec, brusque, mais plus parlant que tous les cris du monde, et lorsque Sharhrys releva la tête, son amant le regardait, les yeux débordant d’amour, voilés par le plaisir.

            Un pouce rendu calleux par le maniement de l’arc essuya la commissure des lèvres du Drow, une main blanche et tendre releva sa tête, l’incitant à se redresser, à se relever, et cette fois ce fut le sexe, à demi dressé, de Sharhrys, qui se trouva à hauteur de la tête de l’Elfe. Tarathiel ne recula pas, et leva les mains pour le caresser, lentement, presque avec révérence, du bout des doigts. Ce fut le Drow qui gémit, lorsque les doigts blancs se refermèrent sur la peau, noire et tendue, lorsque son pénis sombre disparut dans la bouche pâle de son amant. Tarathiel n’était pas très adroit, mais il compensait par l’enthousiasme, et ce fut au tour de Sharhrys de nouer sa main dans ses cheveux, de caresser les mèches soyeuses.

            Les yeux de Tarathiel étaient ouverts, rivés aux siens. Il n’avait pas peur. Il ne se sentait pas mal. Son regard était clair, tendre, amoureux, alors qu’il prenait le Drow plus vite, plus profond, avec application et amour, comme si la verge de Sharhrys était précieuse, digne de vénération.

            Avec un autre que lui, le Drow aurait pris les choses en main, il aurait imposé son rythme, mais il se contenta de caresser les mèches noires, le laissant creuser les joues pour accentuer la pression, le prendre à son rythme, peut-être pas jusqu’au fond de sa gorge, mais il caressait ce qu’il n’avalait pas du bout des doigts, avec application.

            Plus rapidement, plus sûrement qu’avec n’importe qui d’autre, peut-être à cause des sentiments, de cet amour qu’il n’avait découvert que si tard, Sharhrys sentait la jouissance monter en lui, et, se sentait sur le point de se répandre, il laissa tomber, haletant.

            ― Tarathiel… Tarathiel, je vais jouir.

            C’était toujours un moment difficile. Un moment que l’Elfe gérait mal.

            Tarathiel sourit autour du sexe du Drow, ferma les yeux d’un air paisible et les rouvrit rapidement, continuant à regarder Sharhrys, à stimuler son sexe, plus fort, plus vite, jusqu’à le faire jouir dans un cri étouffé.

            L’Elfe avala sans broncher. Sans trembler. Sans le quitter des yeux. Ils débordaient d’amour, de tendresse.

            Il était fort. Il était si fort.

            Ce n’était pas simplement la faiblesse dans ses jambes qui fit tomber le Drow sur les genoux de son amant, enlacer ses épaules larges, se blottir contre son torse solide.

            Il triompherait de son passé, comme il venait de triompher de ce blocage, comme il avait triomphé des précédent, parce qu’il était un battant, parce qu’il était plus fort que T’risstree le serait jamais.

            ― Je t’aime… murmura Sharhrys, et il lui sembla qu’une vanne venait de s’ouvrir, et il ne pouvait s’empêcher de le répéter. Je t’aime, je t’aime, je t’aime…

            Tarathiel rit. Un vrai rire, sincère, ouvert.

            Tarathiel ne riait jamais après le sexe.

            Mais Tarathiel se battait contre ses démons. Triomphait de ses démons.

            Sharhrys ne pourrait jamais aimer personne comme il l’aimait. Parce qu’il était sa force.

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            26 - Leather

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166814116157/kinktober-day-26-leatherlatex-featuring-horus

            Setting de Mutants and Mastermind à la base, mais franchement ça n’a aucune incidence sur la narration, et les personnages sont originaux.

           

            Horus passa le doigt dans le dos de Damian, remontant le long de sa colonne vertébrale et de la fermeture éclair qui s’y trouvait.

            ― C’est… intéressant, fit le Dieu autoproclamé.

            Damian grogna et se laissa aller en arrière, contre le torse large du… c’était sûrement un truc genre sirois, le masculin de sirène. Mais quel genre de gary-stu était l’unique représentant masculin d’une espèce de bombasses productrices de phéromones, et au passage le fils de l’un des mutants les plus puissants au monde, qui se prenait incidemment pour un Dieu ? Le mec de Damian, voilà quel mec, parce que Damian était ce genre de… Bref.

            Et manifestement, le sirois-mutant-dieu avait décidé de rester fixé sur cette foutue fermeture éclair, parce qu’il était en train de remonter celle du blouson (dans le dos, qui mettait une fermeture de blouson dans le dos) pour regarder celle qui était en-dessous. Sans doute pour trouver la glissière, qu’il ne risquait pas de trouver parce que Damian travaillait avec des monstres.

            ― Laisse tomber, grogna-t-il finalement. Je me suis fait troller par le département costume.

            Damian sentit Horus hausser un sourcil et tourna la tête, l’appuyant à l’épaule de son… Bref (non parce qu’il n’allait pas dire qu’Horus était son amant, Horus était un connard, et d’ailleurs, là, après… les trucs, il partirait et ce serait fini entre eux)… pour chercher son regard.

            ― Tu sais pas ce que veut dire troller, c’est ça ?

            Le sirois-mutant sourit, et même s’il avait des yeux flippants, genre ceux d’un faucon (le côté mutant, pas le côté sirois) (et c’était assez logique pour un mec qui s’était fait appeler le Dieu faucon) il était quand même vraiment canon. D’ailleurs il était tellement canon que Damian avait oublié de quoi il parlait (le problème d’être un speedster, parce que les speedster pensent très vite) (peut-être pas tous d’accord mais Damian oui en tout cas) mais heureusement, Horus, lui, même s’il avait des yeux de faucon, n’avait pas une cervelle de poulet.

            ― Je sais ce que veut dire « troller », j’utilise internet tu sais, et je ne suis pas vraiment une personnalité populaire.

            ― Moi j’oserais pas te troller…

            ― Tu parlais du département costume ?

            ― Quoi le département costume ?

            ― La fermeture éclair, Damian, fit doucement le sirois mutant  (sexy) (sirois mutant sexy même sans phéromones).

            ― Ah oui ! Les connards du département costume ! Oui, ils ont mis la glissière à un endroit trop débile ! Regarde, continua-t-il en se saisissant de la main du sirois mutant, c’est…

            Sa voix s’éteignit et il rougit en réalisant ce qu’il venait de faire, mais il était un brave, un vrai, alors il continua à guider la main de l’autre homme jusqu’à la coupable, juste sous son nombril.

            ― Là, termina-t-il d’un ton un peu piteux.

            ― C’est… original.

            Et évidemment, parce qu’Horus était ce genre de… d’obsédé du cul... il commença à faire coulisser la glissière, descendant lentement le long du sexe de Damian, qui était déjà en érection, ce sale traître ! Le speedster gémit, et se cambra lorsque la main du mutant se posa au creux de son dos, soulevant les fesses, ce qui faisait un peu feu au cul, mais il aurait été bien en peine de prétendre qu’il était une sorte de nonne, ou un truc du genre. Et même s’il essaya de garder sa dignité et tout, il laissa échapper un petit cri lorsque l’une des grandes mains de son mec (mince ! Non, pas son mec, le sirois mutant qu’il allait larguer dans quelques heures) se glissa dans son boxer (sous-vêtements invisible, obligatoire sous une combinaison moulante en cuir) (non parce que sinon tu passes vraiment pour un con) (et non mais franchement, pourquoi il pensait à ça maintenant ?) pour masser son sexe, et il faisait ça tellement bien que franchement c’était vraiment malhonnête ! Déconcentré, il glapit à nouveau lorsque l’autre main de son… du mutant se glissa entre ses cuisses pour aller chercher la glissière, la faire passer lentement contre ses testicules, le long de son sillon, remontant en suivant sa colonne vertébrale jusqu’au-dessus de ses reins.

            ― Aux dernières nouvelles, ce genre de combinaison se trouve plutôt dans des sex-shops, fit remarquer Horus d’un ton imperturbable.

            ― Je saiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis, confirma avec emphase Damian, avant qu’un nouveau coup de poignet, un peu sec, ne lui rappelle de la meilleure des façons la présence de la main de son amant (non du mutant !) sur son sexe.

            ― Ça ne me déplait pas… fit calmement Horus, et franchement, ce n’était pas juste qu’il soit aussi calme alors qu’il rendait Damian positivement dingue.

            Damian sentait d’ailleurs l’orgasme monter en lui en flèche, ce qui faisait un peu éjac précoce, mais l’inconvénient d’être un speedster c’était qu’on était fatalement éjac précoce (en tout cas dans le cas de Damian) (mais l’avantage c’était qu’on récupérait vite) (ce qui était bien quand on avait un futur ex avec une endurance divine) (à défaut d’avoir autre chose de divin) (peut-être son ego).

            Horus recentra le train de pensée de son amant, murmurant un mot de pouvoir en posant un doigt sur le boxer de Damian qui… disparut.

            ― Hey ! Pourquoi tu as fait ça ! J’ai pas envie de me balader à poil sous ma combi !

            ― Je te prêterai des vêtements.

            ― Ils sont trop grands !

            ― Personne ne te demande de les garder. Tu me les rendras.

            ― Je te les rendrai pas parce que là, c’est une partie de jambe en l’air d’adieu, après, toi et moi c’est fin… aaaah !

            Ni impressionné, ni convaincu par les paroles de Damian (mais ça ne convainquait personne) (même pas Richter) (qui devrait être un meilleur soutien, pas un faux-frère, ce connard) (mais cette fois c’était vraiment la dernière fois) Horus venait de passer un doigt, qu’il avait trouvé le moyen d’enduire de lubrifiant (sûrement quand Damian était en train de penser à autre chose) entre les fesses du speedster, taquinant son anus sans le pénétrer, mais c’était juste une petite distraction parce que les allées et venues de sa main sur le sexe de Damian s’étaient faites plus amples, plus rapides, plus appuyées, et Damian n’arrivait pas penser à autre chose qu’à l’orgasme qui se rapprochait, à une vitesse d’orgasme de speedster, comme un putain de mur dans lequel Damian se crasha comme un con, jouissant dans un cri sur le poing de son amant.

            Merde, merde, non, pas son amant !

            D’ailleurs ce mec abusait, parce qu’un mec bien l’aurait laissé se reprendre, mais lui non, il continuait à stimuler son sexe sensible, trop sensible, et même si ça ne prenait pas plus de quelques secondes à Damian de récupérer, c’étaient quelques secondes de trop, surtout qu’Horus venait de le pénétrer de son index lubrifié, et qu’il cherchait sa prostate, et bien sûr il la trouva vite, trop vite, et à nouveau le plaisir montait, trop rapide, toujours trop rapide…

            ― Arrête, gémit Damian. Tu vas trop vite…

            D’ailleurs, son amant venait d’ajouter un deuxième doigt, et il le stimulait en l’écartant, en le préparant, et c’était trop bon et Damian ne voulait surtout surtout pas jouir trop vite, parce qu’après il allait le faire trop souvent, et c’était désagréable s’il n’avait plus rien à… Bref.

            ― Est-ce que tu as mal ? demanda Horus.

            ― Non, non non…

            C’était bien, très bien, et Damian voulait plus, il ne voulait plus qu’il s’arrête, plus du tout, parce qu’Horus frottait sur sa prostate, sans merci, sans arrêt, et il était nul parce qu’il changeait tout le temps d’avis et quel genre de mec change d’avis comme de chemise…

            ― Alors nous allons continuer encore un peu, d’accord ?

            ― Oui… Oui oui oui oui OUI !

            Horus venait d’ajouter un troisième doigt, son pouce était passé sur la tête du sexe de Damian, qu’il caressait juste comme il fallait, pas trop fort, pas trop doucement, et c’était parfait, et Damian sentait qu’il allait jouir et…

            L’orgasme le frappa comme la foudre, le faisant trembler de tous ses membres, et se répandre sur le poing de son amant. Encore.

            Cette fois, Horus ne continua pas à le stimuler, il lâcha son sexe, retira ses doigts, et Damian le regretta presque mais quand même pas parce qu’il n’était pas une folle du cul comme ça. (Richter avait tort) (c’était lui la folle du cul.) Damian se laissa tomber en avant, s’appuyant sur les cuisses larges du mutant pour reprendre son souffle, récupérer un peu.

            Il sentit son amant s’allonger derrière lui, tourna la tête pour le voir défaire le machin qu’il portait autour de la taille et qui ressemblait à une serviette (qui portait encore des pagnes ?) (les gary-stu sirène mutants, voilà qui) pour dévoiler son sexe, massif, gorgé de sang, érigé. Damian se lécha les lèvres, parce qu’il le voulait, il savait que ce serait trop bien, un peu frustrant aussi, parce que forcément il jouirait encore avant son mec et sûrement plusieurs fois, mais il le voulait, et c’était encore pire lorsque le mutant saisit sa propre verge pour l’enduire de lubrifiant, se caressant lui-même, ses yeux aux pupilles fendues voilés de désir, les lèvres très légèrement entrouvertes.

            Lorsque, après beaucoup trop longtemps son amant lâcha enfin son érection, Damian était à nouveau dur comme la pierre, et quand des mains possessives, directives, se posèrent sur sa taille pour le faire reculer, le placer au-dessus du pénis gonflé du mutant, il s’exécuta sans discuter.

            Horus n’eut même pas à lui demander quoi que ce soit et Damian se laissa descendre sur son sexe, arquant le dos, rejetant la tête en arrière, fermant les yeux pour mieux savourer chaque millimètre de chair qui le pénétrait, tendu par le plaisir, et lorsque ses fesses touchèrent enfin le bassin de son amant, il était déjà au bord de la jouissance.

            Les bras puissants le soulevèrent, dégageant presque entièrement Damian de l’érection de l’autre homme, pour le faire descendre à nouveau, brutalement, et le speedster savait déjà qu’il ne tiendrait pas longtemps, pas plus que deux ou trois allées et venues, mais il les voulait, il les voulait plus fortes, plus rapides.

            ― Encore ! gémit-il. Encore, oui, encore ! Oui, OUI !

            Et c’était la troisième fois qu’il jouissait, et c’était épuisant, et c’était aussi bien, et bien sûr, Horus était encore loin de la jouissance, et il continua à le pilonner, et au début c’était désagréable, mais bientôt ce fut génial, surtout lorsqu’Horus se redressa, enveloppant Damian dans ses bras, le prenant plus vite, plus fort, plus profond, cherchant ses lèvres pour l’embrasser, un baiser passionné, brûlant, et le plaisir revenait, et Damian savait qu’il n’avait plus rien à donner, mais il jouit quand même, sans pouvoir se répandre parce qu’il l’avait déjà fait trois fois, mais se resserrant autour du son amant, sentant son sperme jaillir en lui, et c’était la meilleure des drogues même s’il était frustré de ne pas avoir pu le faire aussi.

            Il se laissa glisser contre le torse puissant du mutant, la respiration lourde, hachée. Doucement, Horus caressa ses flancs, embrassa son cou, avant de murmurer.

            ― Je vais te chercher à manger. Repose-toi.

            Damian se détestait un peu, surtout qu’il avait le cul à l’air sur les cuisses d’un mec qu’il allait larguer, c’était sûr, mais il demanda quand même.

            ― On recommence après ?

            Ça faisait vraiment chaudasse, mais là tout de suite il s’en fichait complètement.

            ― Oui, bien sûr. La nuit ne fait que commencer.

            Damian frissonna. De désir, c’était sûr.

 

           

Chapter Text

            27 - Polyamory

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166843098472/kinktober-day-27-polyamory-featuring

            Le setting est celui de Dragon Age, les personnages sont originaux. Spoilers pour Superbia puisque ce sont les personnages dont sont tirés les homonymes du dating sim.

            TW : Twincest

 

            Darethalin estimait être quelqu’un de simple, et de peu de besoin. Il se contentait de ce qu’il avait. Et manifestement, il y avait une forme d’équilibre étrange en ce monde, parce que ce qu’il avait présentement était plus que satisfaisant.

            Tranquillement installé dans son lit, appuyé contre des coussins confortables – il devait le concéder à Rufus – il était occupé à contempler le spectacle qui s’offrait à lui.

            Dans les premiers temps, si Anaris avait été parfaitement à l’aise à l’idée de partager leur couche avec une troisième personne – ce n’était pas la première fois que ça arrivait, avant l’exil ils l’avaient fait à plusieurs occasions – Rufus avait été un peu plus timide. Mais avec le temps, la timidité était passée, et le tévintide s’était accoutumé à la présence du jumeau de Darethalin.

            Avec des gestes lents, précis, étudiés, le jeune mage, déjà nu, défaisait l’armure d’Anaris. Docile, le Dieu se laissa faire et, lorsque les pièces de métal et de cuir lui furent ôtées, il se laissa également débarrasser de ses vêtements, le regard rivé à son jumeau qui souriait doucement, satisfait, heureux.

            Anaris n’avait pas besoin de plus, mais il était vrai qu’ils étaient si étroitement liés que Dareth pouvait presque sentir les émotions de son jumeau, et que l’inverse était tout aussi vrai.

            Son regard caressa le corps blanc d’Anaris, faisant trembler l’autre Dieu, avant de dériver vers la peau délicatement dorée du tévintide, remontant vers ses yeux ambrés. Il se sentait particulièrement privilégié d’avoir deux amants si beaux, si précieux, si parfaits. Et pourtant, il n’avait pas fait grand-chose de bien pour les mériter.

            La vie n’était pas juste, et il entendait bien en profiter.

            D’un imperceptible hochement de tête, il indiqua aux deux autres hommes qu’ils pouvaient continuer sans lui. Il doutait que s’il n’avait pas été là, il serait allés bien loin, mais ils ne semblaient pas non plus particulièrement réticents lorsque leurs lèvres se rencontrèrent, lorsque leurs langues se mêlèrent, lorsque leur baiser se prolongea, brûlant et passionné.

            Sensibles, experts, les doigts d’Anaris se mirent à courir sur le torse de Rufus, caressant, flattant, griffant, pinçant même un téton érigé, et le tévintide se laissa aller sur le torse du Dieu elfe, gémissant, haletant, tout son corps frissonnant de plaisir.

            Rufus avait mis du temps à concilier l’image qu’il souhaitait renvoyer au monde, une éducation moins qu’aimante, et son homosexualité, mais lorsqu’ils étaient, comme ici, au-delà du Voile, il se laissait plus volontiers aller, et son corps révélait enfin des tendances hédonistes auxquelles il méritait de s’adonner. Et les mains d’Anaris étaient les plus agiles, les plus douées sous lesquelles il avait été donné à Dareth de trembler, de plaisir, de désir. Il les voulait pour Rufus, parce que Rufus le méritait, parce qu’il méritait le meilleur. Et il voulait Rufus pour Anaris parce que son frère méritait aussi ce qu’il y avait de mieux, et que le tévintide, dévoué, appliqué, était certainement aussi l’un des meilleurs amants que Dareth avait connus.

            Une nouvelle fois, les lèvres, les langues des deux hommes se rencontrèrent, et alors même qu’il tremblait sous les caresses de l’elfe, les mains de l’humain se mirent à leur tour en mouvement, descendant le long des flancs puissants du Dieu pour venir flatter ses hanches, caresser ses fesses, taquiner l’intérieur de ses cuisses du bout de ses doigts. Anaris frissonna distinctement lorsque l’index du mage tévintide traça une ligne tout le long de son sexe, qui se dressa de curiosité. Il gémit lorsque sa verge fut enfermée dans la paume de l’humain, accentua ses caresses sur le corps de ce dernier lorsque la main brûlante commença aller et venir, caressant longuement la peau sensible de son pénis, lorsqu’un pouce rendu agile et précis par l’usage de la magie caressa la tête de son sexe.

            Dareth sentit sa propre verge se dresser alors que la vision réveillait son désir et, paresseusement, se caressa, laissant monter lentement le plaisir. Sa respiration se fit plus courte, plus hachée, et Anaris, qui s’en rendit compte – bien sûr qu’il s’en rendit compte – tourna les yeux vers lui alors même que sa main trouvait le sexe de Rufus, lui réciproquait la caresse. Le tévintide, lui, perdu dans son plaisir, la tête enfouie dans le cou d’Anaris, se laissait dominer par les sensations, et c’était tant mieux, c’était ce qu’il méritait, ce qui faisait de lui la personne qu’il était.

            Le regard d’Anaris était brûlant, ses lèvres entrouvertes étaient une invitation à la débauche, mais Dareth tint les rênes à son désir de les rejoindre, se contentant de caresser son propre estomac, son torse, de taquiner un mamelon durci, pour le provoquer autant que parce qu’il en avait envie, qu’il en ressentait le besoin.

            Anaris grogna, et ses caresses sur le sexe de Rufus se firent plus pressantes, plus brusques, jusqu’à ce que le tévintide, haletant, relève la tête pour chercher, puis suivre le regard du Dieu qui lui donnait du plaisir. Le mage passa sa langue sur ses lèvres, lascif, magnifique, et, doucement, se dégagea d’Anaris pour s’allonger sur le lit, les cuisses, largement écartées, face à Dareth, et la tête entre celles de son jumeau.

            Ce fut au tour de Darethalin de s’humidifier les lèvres, et il laissa ses yeux embrasser le corps étendu devant lui, offert, pour remonter sur celui, tendu de désir, de son frère, qui lui jeta un regard interrogateur.

            À nouveau, Dareth hocha la tête et, d’une main ferme, Anaris guida son sexe vers la bouche de Rufus qui cambra le dos, pencha la tête en arrière pour le prendre, enroulant la langue autour du gland gonflé de désir avant de l’avaler, se soulevant pour en prendre plus, pour aller et venir malgré sa position inconfortable, avec application, avec cette parfaite dévotion qu’il mettait en toute chose.

            C’en fut trop pour Dareth, qui se redressa sur ses genoux et s’avança, écartant plus les cuisses de Rufus, saisissant son mollet lorsque l’autre homme releva la jambe pour mieux se cambrer, pour prendre plus du sexe d’Anaris dans sa bouche, rougissant, concentré.

            Du bout des doigts, Dareth caressa la peau dorée, avant de se pencher pour poser une main sur l’épaule d’Anaris, qui chercha son contact de l’autre, posant la sienne sur son flanc, les joues aussi empourprées que celles de Rufus.

            ― Magnifique… murmura Dareth en souriant.

            Rufus frémit, gémit, toujours aussi sensible aux compliments, et Anaris détourna le regard vers lui, rougissant de plus belle.

            ― C’est bien, Rufus, continue… le complimenta Dareth, avant de chercher les  lèvres d’Anaris et de l’embrasser à pleine bouche.

            Contre lui, la jambe du tevintide trembla, et le Dieu caressa doucement son mollet, laissa courir ses doigts à l’intérieur de sa cuisse, taquina l’extrémité de son sexe dressé sans cesser de batailler avec la langue de son jumeau, ne le laissant finalement se séparer de lui qu’à bout de souffle, et pour remplacer sa bouche par ses doigts.

            Sans broncher, sans discuter, Anaris les suça, prenant visiblement sur lui de ne pas s’enfoncer dans la bouche de Rufus d’un grand coup de reins, retardant son plaisir pour s’aligner à celui de son frère, comme toujours.

            Parfois, Dareth se disait qu’il avait trop de chance. Et pas assez de morale pour ne pas en profiter.

            Tandis qu’Anaris humidifiait ses doigts avec application, il tourna son attention vers l’humain entre eux.

            ― C’est parfait, Rufus. Continue comme ça. Tu es magnifique.

            Le mage trembla, grogna, et Anaris jura, nouant une main dans les cheveux du mage pour le ralentir.

            ― Regarde comme tu l’excites, Rufus… Et tu m’excites aussi, tu es parfait.

            La jambe de l’humain se noua autour de sa taille, l’attirant plus près, et avec un rire tendre, Dareth l’obligea, enlevant ses doigts de la bouche d’Anaris qui lui jeta un regard hagard, brouillé de désir, avant de le saisir par la nuque et de l’embrasser violemment.

            Dareth le laissa faire, répondit même, et fit descendre sa main entre les cuisses de Rufus, introduisant un doigt copieusement enduit de salive dans l’intimité de son amant humain, qui poussa un cri étouffé sur le sexe d’Anaris.

            Haletant, le Dieu détacha ses lèvres de celles de Dareth, laissant échapper d’une voix rauque.

            ― Doucement…

            ― Il va jouir trop vite, si tu continues comme ça, Rufus. Parce que tu es parfait.

            Les gémissements de Rufus semblaient ne plus vouloir s’arrêter, et Dareth introduit un deuxième doigt en lui, stimulant sa prostate, écartant les parois sensibles pour le préparer, le lubrifier. De sa main libre, il saisit celle d’Anaris et la posa sur le torse doré, humide de sueur du mage, guidant les doigts experts de son jumeau sur un mamelon dressé, jusqu’à ce que, comprenant l’ordre muet, Anaris le stimule du pouce et de l’index. Dareth détacha alors sa paume du poignet de son amant et s’attela à stimuler l’autre téton. Les gémissements de Rufus se transformèrent en cri et Anaris grogna.

            Le sentant proche de la jouissance, Dareth, sans cesser de caresser Rufus d’une main, attrapa la nuque de son jumeau de l’autre et l’attira à lui, joignant ses lèvres aux siennes et pénétra le tévintide d’une ample poussée, le faisant ouvrir les yeux sur le spectacle des langues des deux Dieux jumeaux bataillant l’une contre l’autre.

            Délaissant la bouche de son frère sans lâcher sa nuque, appuyant son front au sien, Dareth baissa les yeux vers l’humain, souriant, alors qu’il commençait à aller et venir en lui avec des mouvements de reins secs et précis.

            ― Cambre plus le dos, Rufus. Oui, comme ça, c’est bien, le complimenta-t-il alors que le mage s’exécutait. Tu peux prendre Anaris plus profondément.

            L’intéressé grogna alors que Rufus, s’appuyant sur ses coudes, pliait la tête dans un angle difficilement tenable pour le prendre entièrement, jusqu’au fond de sa gorge.

            ― Parfait, le complimenta Dareth. Tu es parfait. Bouge les hanches, maintenant. Je veux que tu viennes à ma rencontre. Et continue comme tu le fais avec Anaris.

            De nouveau, le mage humain s’exécuta, de son mieux, et son mieux était divin, alors qu’il ondulait du bassin pour rendre ses coups de reins à Dareth, accentuant la pression, la friction, le plaisir, faisant hurler ses muscles pour prendre Anaris, plus fort, plus vite.

            ― Il est parfait, n’est-ce pas, Anaris ?

            ― Oui, haleta l’autre Dieu. Oui, c’est bien.

            ― Tu vois, Rufus. Tu es parfait.

            ― Tu es parfait, répéta Anaris en écho, et un long frisson secoua Rufus qui se répandit dans un cri.

            Les vibrations autour de son sexe suffirent à provoquer un orgasme chez Anaris également, et il se répandit dans la bouche de Rufus, étouffant un cri sur celle de Dareth.

            La vision était si parfaite, si excitante, la réalisation complète de tous les désirs de Darethalin, que le Dieu elfe gémit à son tour, se laissa posséder par la jouissance, grognant en s’enfouissant profondément dans le corps de son amant humain.

            Ils restèrent quelques instants les uns contre les autres, dans un méli-mélo de membres et de peau couverte de sueur, jusqu’à ce que, avec égard, Dareth ne se dégage, et ne dégage un Anaris grognant de l’humain, plus faible, pour le serrer contre lui, tandis que, comme à son habitude, Anaris nouait une jambe entre les siennes, se collant à lui de l’autre côté.

            Définitivement, Darethalin n’avait rien fait pour mériter une telle félicité, mais il entendait bien en profiter.

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            27 - Polyamory

            Source : eldarianne-art.tumblr.com/post/166906856037/kinktober-2731-polyamory-a-threesome-from

            Le setting est celui de Scion, les personnages sont originaux. Le dessin n'est pas de ma femme (encore une fois) mais 1/3 des personnages est à moi ^^ (le reste est à Cahethel et Eldarianne)

            TW : Inceste

           

            ― Tu es sûr de toi ? demanda Aaron, peut-être pour la soixante douzième fois de la soirée, mais bon, on n’était jamais trop sûr.

            Noah soupira, et Aaron supposa qu’il allait hocher la tête, comme les soixante et onze autres fois, aussi poussa-t-il un petit cri surpris lorsque le japonais s’avança sur lui et plaqua ses lèvres sur les siennes. Le fils d’Horus hésita un instant, puis noua ses bras derrière le cou de l’autre homme pour approfondir le baiser.

            C’était un peu bizarre. Bizarre plutôt bien, mais bizarre quand même. Habituellement, il fallait Adam et beaucoup de cajoleries de sa part pour qu’ils en arrivent là. Mais là, pas d’Adam, et c’était précisément le but, d’essayer sans lui, pour voir.

            Et ce n’était pas si horrible. En fait, ce n’était pas juste pour Noah de dire ça : c’était même plutôt bien. C’était juste… Oui, étrange. Parce qu’il n’y avait pas le regard d’Adam, la voix d’Adam, les encouragements d’Adam.

            Lentement, avec précautions, Aaron passa les mains sous le T-shirt de Noah. Sa peau était chaude, douce, et ça ne devrait pas être comme une découverte : il avait déjà caressé la peau de Noah. C’était juste… Là ça avait une sorte de… sentiment d’interdit. Un truc comme ça.

            Même si Adam se fichait qu’ils aient des relations sans lui. Il avait toujours été limpide sur le sujet, dès le début. C’était juste…

            Les mains de Noah étaient sur son T-Shirt et le lui soulevaient d’un geste brusque, alors Aaron leva les bras, en protestant un peu pour la forme, mais il n’était pas vraiment offusqué au final que l’asiatique envoie balader le vêtement. C’était juste… Un peu bizarre, toujours. Surtout que Noah avait les yeux baissés, et qu’il était cramoisi jusqu’aux oreilles, et c’était juste trop mignon.

            ― Je suis pas en sucre, fit le japonais d’un ton brusque, qui masquait une gêne plus qu’autre chose, avant de s’extirper de son propre T-Shirt.

            Une fois torse nu, et toujours aussi rougissant, il se saisit des mains d’Aaron et les plaqua sur la ceinture de son pantalon, avant de lui-même s’attaquer aux rivets du jean du fils d’Horus.

            Les choses devinrent vite confuses, un entremêlement de membres un peu maladroits, de mouvements gênés et de soupirs surpris, mais bientôt ils étaient tous les deux sur le canapé, nus, Noah sur les genoux d’Aaron, et ils s’embrassaient encore, et ce n’était plus bizarre, c’était juste… sympa.

            La porte s’ouvrit sans discrétion, les faisant tous les deux sursauter d’un air coupable tandis qu’Adam apparaissait dans son encadrement.

            Il n’eut pas de mouvement de recul, pas de geste de colère, tout au plus un léger haussement de sourcils.

            ― Je ne vous dérange pas, je vais juste dans ma chambre.

            Et, le plus naturellement du monde, comme si c’était normal de trouver ses deux mecs en train de se rouler des patins à poil sur le canapé, et d’ailleurs comme si c’était normal d’avoir deux mecs, et puis au passage comme si c’était normal de se balader en pagne comme il le faisait au XXIe siècle, Adam commença à traverser le salon.

            ― Non reste là !

            ― Tu ne déranges pas !

            Les deux réponses fusèrent en même temps, et le regard ambré de l’aîné des dieux se posa sur ses deux cadets, à la fois amusé, attendri, et peut-être aussi un peu concupiscent.

            ― Vous n’êtes pas obligé de m’attendre. Au contraire, je suis très content de voir que vous avez passé outre vos réticences…

            Noah était cramoisi, et ses yeux avaient recommencé à fixer le tapis, et Aaron imaginait qu’il devait rougir un peu aussi mais, d’un ton brusque, il lança.

            ― Tu vas pas attendre qu’on te supplie, non plus ? Bouge ton cul et viens ici !

            Cette fois, Adam fit une révérence exagérée, et, après avoir détaché son pagne d’une main légère et experte, s’avança vers eux, nu et aussi à l’aise que s’il portait une doudoune, sensuel et félin – et il le savait, et il le faisait exprès et…

            ― Et arrête de rouler du cul !

            Non seulement la remarque d’Aaron n’était pas de première délicatesse, mais en plus elle n’eut strictement aucun effet sur la démarche du plus âgé des dieux, qui ne cessa de balancer indécemment le bassin que lorsqu’il enjamba le dossier du canapé, parce qu’il ne pouvait pas faire comme tout le monde et faire le tour.

            Et parce qu’il était, genre, trop bien pour poser son cul sur ce foutu sofa, il s’assit sur le dossier, dans l’angle, les coudes nonchalamment posés sur ses cuisses, les mains pendant entre ses jambes écartées, laissant voir son sexe qui commençait à se dresser de curiosité.

            ― Vraiment, je ne voulais pas vous interrompre, vous pouvez continuer ce que vous faisiez.

            Un peu gêné, Aaron regarda Noah, puis Adam, et Noah à nouveau, et vit distinctement l’asiatique hausser les épaules et marmonner quelque chose qui ressemblait à « Et puis merde ! » avant de chasser les mains d’Adam et de prendre son sexe dans ses mains, puis d’en lécher l’extrémité.

            Aaron eut la satisfaction de voir son aîné émettre un soupir un peu surpris, mais rapidement il se reprit et passa une main à la fois tendre et possessive dans les mèches noires, soyeuses, un peu trop longues de Noah. Curieux et un peu excité, Aaron imita le mouvement, caressant à son tour la chevelure noire d’encre, et il entendit Noah grogner, ce qui était plutôt sexy comme bruit, et fit sourire Adam, et il avait vraiment un beau sourire.

            Et maintenant Aaron était là comme un con, et il ne savait plus trop quoi faire, mais ce qu’il savait, c’était que voir Noah sucer Adam était toujours aussi bizarrement excitant, et que son érection devenait vraiment présente, et pressante.

            Cette fois, c’était à lui que Adam souriait, à lui qu’il s’adressait, alors même qu’il continuait à caresser tendrement les cheveux de Noah, massant doucement sa nuque, ne cherchant pas à maîtriser les légers tremblements de ses cuisses.

            ― Vous avez pensé au lubrifiant ?

            ― Bien sûr qu’on y a pensé ! aboya Aaron, embarrassé à l’extrême. Tu nous prends pour des cons ?

            Adam ne se formalisa pas de son éclat, et se contenta de répondre d’un ton qui ne devrait pas être si calme, mais qui laissait quand même deviner une respiration un peu haletante, une excitation conséquente.

            ― Alors je suppose que vous aviez des projets que tu peux mettre en pratique. Ne t’embête pas pour moi.

            ― Mais… Occupe-toi de ton cul !

            La main libre d’Adam, hâlée, délicate parcourut le dos pâle et musclé de Noah, descendant le long de sa colonne vertébrale dans une caresse sensuelle jusqu’à venir flatter ses fesses, possessive, et il répondit d’un ton cette fois clairement haché, rythmé par les mouvements de tête de l’asiatique sur son sexe.

            ― D’accord… Mais occupe-toi du sien.

            Aaron rougit et Noah gémit, clairement de désir, c’était un bruit tellement animal qu’il se logea directement dans les reins du plus jeune des fils d’Horus.

            Après avoir gratifié son frère d’un rictus qui ne sembla pas beaucoup l’affecter, Aaron attrapa le flacon de lubrifiant et en versa sur son érection, l’étalant rapidement, mais pas trop, parce que sinon il allait jouir dans sa main comme un gosse, ce qui était nul.

            Au lieu de ça, il laissa son regard suivre les doigts d’Adam qui remontaient sur le dos de Noah, et, sans y réfléchir, suivit leur trajet de ses lèvres, jusqu’à la nuque trempée de sueur du japonais, animée de mouvements qui devenaient indécents quand on savait ce qu’il faisait.

            Il sentit la main d’Adam quitter la peau de Noah, venant flatter ses cheveux comme il caressait ceux de l’asiatique, tendre et possessive. Mais même s’il les jugulait, Aaron pouvait sentir les tremblements de leur aîné, et s’il le savait capable de retarder sa jouissance, il n’était pas non plus complètement de marbre, et il finirait par se faire submerger par l’orgasme, et ce ne serait pas vraiment bien si Noah était le seul à…

            Aaron posa ses mains sur les hanches de l’asiatique et, d’un mouvement fluide des hanches, le pénétra. Il entendit Noah grogner, le sentit trembler, et embrassa sa peau blanche, si blanche, si belle, et crispa les mains dans ses cuisses pour le posséder plus, plus vite, plus fort, parce qu’il avait envie de lui comme jamais.

            Et ça n’avait rien à voir avec Adam, réalisa-t-il, il l’aurait fait même si Adam n’avait pas été là. C’était mieux avec son grand frère, mais il était plus que temps d’admettre qu’il avait Noah aussi dans la peau, ce qui faisait un peu feu aux fesses – comme Adam – mais il pouvait vivre avec ça.

            La main de l’aîné dans ses cheveux s’étaient faite plus pressante, et Aaron leva les yeux vers lui pour le voir, paupières closes, un léger sourire aux lèvres, rejeter la tête en arrière. Faisant descendre son regard, il vit le torse d’Adam se soulever à un rythme infernal alors qu’il tentait de repousser l’orgasme, et sa main imposer une cadence plus lente à Noah. Il était à bout, il n’allait pas durer.

            Aaron accentua ses coups de reins, plus vite, plus fort, plus profond, et il entendit les cris de Noah s’étouffer sur le sexe d’Adam, qui ne cherchait lui-même plus à retenir ses gémissements, et en soit rien que de les entendre était terriblement excitant.

            Il détacha une de ses mains des hanches de Noah pour venir la poser sur son érection, et commença à le stimuler, sans merci, au même rythme que ses allées et venues, et il sentit distinctement le japonais se resserrer autour de son pénis alors que la jouissance le frappait, et ce dernier cri fut de trop pour Adam, dont le corps tendu fut secoué d’un long frisson, dont le dos s’arqua alors que, sans aucun doute, il se répandait dans la bouche de Noah.

            L’orgasme s’abattit sur Aaron par surprise, puissant lui faisant oublier jusqu’à son nom alors que le corps de Noah recevait, accueillant, brûlant, parfait, sa semence.

            Pas uniquement par réflexe, mais aussi parce qu’il en avait envie, il prit Noah contre lui pour le soutenir, embrassa paresseusement sa nuque avant de venir s’échouer, sans lâcher l’asiatique, contre l’une des cuisses d’un Adam qui semblait avoir décidé que, finalement, le canapé était assez bien pour son auguste postérieur, et s’appuyait lourdement au dossier.

            Aaron grogna un peu en sentant la main de son frère dans ses cheveux, lui signalant qu’il n’était pas un putain de chat, mais finalement, ça aussi c’était bien. Noah, bien sûr, ne disait rien, peut-être occupé à être mortifié, alors Aaron embrassa à nouveau sa nuque.

            ― En fait tu devrais te sentir menacé, grogna-t-il à son frère, parce que Noah au moins se sent pas obligé d’ouvrir sa gueule tout le temps.

            Adam rit, ne se sentait clairement pas du tout menacé, mais Aaron vit sourire Noah.

            Et ça, c’était génial.

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            28 - Begging

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166876657787/kinktober-day-28-begging-featuring-rafn-and

           

            Les bras du Vane était croisés, son visage sévère marquant une profonde désapprobation. Ce n’était pas pour autant que cela allait donner envie à Rafn de s’excuser. Il ne s’estimait pas en tort, et ce n’était pas parce que, en vertu d’une quelconque règle tacite qui voulait que les Vanes se comportent tous comme des cons, c’était, dans la tête de Sombre Lame, à l’Humain de céder, que Rafn allait dire « amen » à toutes les conneries que pouvait parfois débiter son amant.

            L’affrontant du regard, il ne cilla pas, et finalement, Sombre Lame sembla décider qu’il en avait assez, et il lâcha, d’un ton rauque, menaçant, et en même temps vraiment excitant.

            ― Déshabille-toi.

            Rafn envisagea de lui dire d’aller se faire foutre, mais décida qu’il avait atteint le quota d’ego froissé de Vane pour la journée, abdiquant cette fois et s’exécutant, avec, tout de même, un soupir agacé.

            Une fois cette petite victoire obtenue, Sombre Lame détourna enfin ses yeux rouges, intenses et toujours un peu dérangeants lorsqu’il était fâché, de ceux de l’Humain. Faisant comme s’il se fichait de ce que Rafn pouvait bien faire – ce que l’intéressé savait totalement faux, il avait appris à comprendre le Langage Viril Du Vane Qui N’A Jamais Tort – il lui tourna le dos pour se dévêtir à son tour, dévoilant son dos puissant et large, viril, et dont Rafn admettait ne pas se lasser de la vue – parce que lui il était honnête.

            Il s’attaqua de plus belle aux sangles de sa ceinture, jeta sa chemise et s’extirpa de son pantalon, terminant de se déshabiller sous le regard brûlant du Vane, qui s’était paresseusement étendu dans le lit.

            Envoyant finalement valser les protections de ses bras, il l’y rejoignit avec une certaine presse. Il était toujours très irritant de se fâcher avec Sombre Lame, mais la réconciliation sur l’oreiller, par contre, il ne s’en lassait pas.

            Comme il n’était pas un con de Vane, il ne prit pas la peine de rouler des mécaniques et de faire comme s’il ne le voulait pas, enjambant sans vergogne la taille large de son amant pour embrasser son cou musclé, sa mâchoire virile, traçant de ses lèvres les lignes sinueuses qui allaient de sa gorge à son menton pour finalement l’embrasser.

            Posant des mains possessives sur les fesses de l’Humain, le Vane plaqua son bassin contre le sien et prit possession de sa bouche, dominateur, conquérant, et renversa Rafn dos au matelas, s’imposant, massif, puissant, entre les cuisses blanches du guerrier du nord.

            Les lèvres de Sombre Lame descendirent ensuite le long du cou de Rafn et, fouillant rapidement dans la commode d’une main distraite, il entreprit de sucer la peau de l’Humain, mordant même parfois, manifestement décidé à laisser une marque monstrueuse. Avec un rire amusé, Rafn tenta de repousser le Vane, qui gronda.

            ― Oh, ce n’est pas parce que tu en as la carrure que tu dois te prendre pour un ours, espèce de barbare !

            Cela ne tira qu’un nouveau grondement au Vane, qui toutefois se redressa et, ayant manifestement trouvé le flacon de lubrifiant qu’il cherchait, s’en versa une généreuse quantité sur les doigts, n’ayant pas la courtoisie d’étendre les préliminaires avant d’introduire deux doigts en Rafn, qui protesta d’un cri étouffé en envoyant son poing dans l’épaule de Sombre Lame, qui ne broncha pas.

            ― Doucement !

            ― Si tu n’es pas content, tu n’as qu’à le dire…

            Rafn grogna mais n’ajouta rien, cambrant au contraire le dos pour venir à la rencontre des doigts de son amant, inclinant le bassin pour le faire frotter sa prostate, plus fort, plus vite, et il gémit lorsque, après l’avoir à peine suffisamment lubrifié, Sombre Lame retira ses doigts pour se placer à nouveau entre ses cuisses, guidant son propre pénis luisant de liquide glissant à l’entrée du corps de l’Humain.

            Il le pénétra d’une poussée, et Rafn poussa un petit cri de protestation.

            ― Doucement, j’ai dit ! haleta-t-il, alors que le Vane commençait à le pilonner, brutal, puissant, animal, les mouvements de ses hanches violents et inexorables.

            Et pourtant, le plaisir montait en lui, rapidement, aussi bestial et vigoureux que son amant, alors que la verge gonflée, imposante de Sombre Lame frottait de tout son long sur sa prostate, dans un rythme infernal.

            ― Sombre Lame, haleta-t-il, Sombre Lame, je vais…

            Le Vane se retira. Entièrement. Comme ça, sans prévenir. Rafn lui envoya un nouveau coup de poing de frustration, qui ne fit même pas flancher Sombre Lame, qui se contentait de le couver de son regard rouge, difficile à interpréter.

            ― Mais bouge ton cul, feignasse ! gronda Rafn.

            ― Si tu le prends sur ce ton, tu peux toujours attendre.

            Avec un soupir, Rafn ravala ses protestations et caressa les épaules de son amant, relevant le torse pour venir murmurer à son oreille.

            ― C’est parce que j’ai tellement envie de toi que je vai… AH !

            Sombre Lame l’avait pénétré à nouveau, d’une ample poussée, et il avait recommencé à le posséder à son rythme infernal, stimulant son amant comme une bête, sans merci, sans retenue, et à nouveau Rafn ne mit à trembler contre lui, gémissant son nom, demandant plus, plus fort, plus vite.

            Et le Vane se retira. Encore. Tendu comme un arc, Rafn gémit à nouveau, cherchant à le retenir, à le ramener contre lui, nouant les jambes contre son bassin pour le faire revenir, sans résultat, sans réussir à ébranler la montagne de muscles du plus petit millimètre.

            ― Sombre Lame… laissa-t-il tomber d’une voix un peu plaintive, même à ses propres oreilles. Je peux savoir ce que tu fai… AH !

            Et à nouveau, le sexe de son amant était entré en lui, plus facilement encore que la fois précédente, comme une épée qui n’attendait que son fourreau, et la stimulation devenait trop forte, trop rapide, trop brutale, et Rafn se prit à espérer que son amant arrêterait d’être un connard et finirait ce qu’il avait commencé histoire d’être un mec correct et putain de décent.

            Mais dès que les cuisses de Rafn se mirent à trembler, Sombre Lame se retira à nouveau, parce que c’était un monstre !

            ― Mais tu peux arrêter, oui ?

            ― C’est ce que j’ai fait.

            ― Mais non putain ! Arrête d’arrêt… AH !

            Encore une fois, le Vane était en lui, le pilonnant brutalement pour mieux se retirer dès que l’orgasme de l’Humain se fit proche.

            ― Sombre Lame ! protesta Rafn, dont le corps commençait à devenir beaucoup, beaucoup trop sensible.

            ― Apprends à demander les choses gentiment.

            ― Espèce de connard, on est censés se réconcilier, sur l’oreiller, pas continuer la dispute ! Surtout que là j’ai un sérieux désavanta… AH !

            Bien inutilement, à bien y réfléchir, Rafn noua son bras dans le dos de son amant, qui l’avait à nouveau pénétré, comme s’il pouvait le retenir, l’empêcher de se retirer à nouveau, et il se saisit aussi de l’une des fesses musclées, pour lui donner envie de rester là, comme ça, profondément enfoui en lui, et de ne pas se retirer, et le plaisir montait, et il ne voulait pas qu’il se retire à nouveau, et c’était trop bon, et il le sentait sur le point de…

            ― Oh ! gémit-il alors que le sexe énorme butait sur le nœud de nerfs qui lui envoya des ondes de plaisir, et il crispa la main sur les fesses du Vane en le sentant partir. Ne t’arrête pas ! protesta-t-il. S’il te plait… Sombre Lame, s’il te plait, termina-t-il dans un gémissement.

            Le Vane ralentit, bougeant à un rythme si lent qu’il était une torture, mais au moins cette fois-ci ne se retira-t-il pas. La stimulation devenait de plus en plus pressante, mais trop lente pour faire monter suffisamment l’excitation de Rafn, pour lui permettre de jouir, quoique trop pressante pour permettre à son désir de retomber. C’était trop bon. C’était une torture.

            ― S’il te plait… gémit Rafn. Sombre Lame, s’il te plait… Sombre Lame…

            Il n’arrivait plus à empêcher la litanie de supplications de lui échapper, il s’entendait supplier et là tout de suite il s’en fichait parce qu’il voulait que Sombre Lame le prenne, plus fort, plus vite et plus profond, il le voulait maintenant, il le voulait plus brutal, il était au bord des larmes, il voulait…

            ― Sombre Lame… Sombre Lame, s’il te plait, s’il te… Aaaaaah !

            Les mouvements de reins du Vane s’étaient fait plus violents, plus secs, plus rapides aussi, et c’était parfait, c’était divin, c’était ce que Rafn voulait depuis trop longtemps et il se sentait sur le point de jouir, et il ne voulait surtout, surtout pas que Sombre Lame se retire encore une fois.

            ― Encore, s’entendit-il crier. Oui, encore, comme ça, oui, oui, OUI !

            La jouissance fut puissante, parfaite, lui faisant tout oublier sauf le souffle de son amant contre son oreille, son corps puissant sur lui et sa semence qui se répandait en lui, c’était la meilleure chose au monde et il voulait que ça dure éternellement.

            Il se laissa aller à la félicité post-coïtale, à moitié étouffé sous le poids de son amant, et resta incapable de réfléchir pendant de longues minutes.

            Et lorsqu’enfin son cerveau se décida à fonctionner à nouveau, il repoussa sans ménagement le Vane.

            ― Tu n’es qu’un connard !

            Sombre Lame rit et Rafn ne parvint pas vraiment à lui en vouloir.

           

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            29 - Cosplay

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166910890337/kinktober-day-29-cosplay-featuring-our

            Le setting est celui du RPG Shadowrun, les personnages sont originaux.

           

            ― Est-ce que je peux voir maintenant ? monta la voix du hacker, venant de la chambre à coucher.

            ― Non, tu restes où tu es et tu ne bouges pas, grogna Luka.

            Le shaman se trouvait vraiment très patient. Franchement, il ne comprenait toujours pas comment il supportait ce fichu geek assisté. Il prenait de la place, il était bruyant, il était toujours sur son dos…

            Bon, quoiqu’il en dise, Luka devait avoir un faible pour les idiots. Sinon il ne traînerait pas avec LogiK. Ou avec Kitten.

            ― Lukaaaaaa ! s’éleva la voix plaintive du hacker.

            L’intéressé eut un soupir agacé et, finalement, plaça les fichues… barrettes ? dans ses cheveux. Il se contempla d’un œil critique. Ouais. Pas ce qu’il y avait de plus seyant, mais mieux que rien. De toute façon, il n’avait pas l’intention de garder ces fripes très longtemps.

            Ajustant les plis du vêtement peu flatteur, il sortit finalement de la salle de bain… et se fit accueillir par un silence étonné, puis par un sifflement. Il leva les yeux au ciel, après avoir tout de même fusillé l’occupant du lit du regard.

            ― Oh, je t’en prie Kitten… Un peu d’élégance ! grogna Luka.

            Le hacker rit, mais ne montra pas le moindre signe de repentir, se contentant de tapoter le matelas à côté de lui, ses implants ridicules se dressant sur sa tête, sans doute un signe d’intérêt dans le langage bizarre que pratiquaient les nerds et autres glaireux. Néanmoins, d’humeur généreuse, Luka obtempéra.

            Pour la soixante douzième fois rien que ces dernières heures, Luka se demanda ce qu’il pouvait bien trouver à ce fichu hacker. Et Kitten lui sourit, et une fois de plus la réponse lui apparut clairement. Il n’y avait pas une once de méchanceté chez lui, et il était entièrement, sincèrement amoureux de Luka. Etre vénéré quoiqu’on fasse avait clairement ses avantages.

            ― J’aurais préféré Rei… fit Kitten avec une moue boudeuse.

            Non, en fait, il n’était pas du tout gentil. Il était juste odieux, et envahissant, et pénible, et Luka s’apprêtait à s’en aller lorsqu’un bras se passa autour de sa taille, l’empêchant de laisser le hacker seul avec son comportement inapproprié et certainement de sérieux problèmes de priapisme.

            ― Asuka c’est bien aussi ! corrigea Kitten, semblant estimer que « bien aussi » était un compliment.

            ― J’ai regardé sur la Matrice, et donc, tu es en train de me dire que tu aurais préféré que je sois un légume ? fit Luka d’un ton acide.

            ― Je parle d’un point de vue esthétique. De toute façon Evangélion c’est pourri et tous les personnages craignent. C’est trop bien pour toi. J’aime le costume, cela dit !

            Luka leva les yeux au ciel, incapable de s’habituer à cette manie qu’avait son amant de mêler aussi étroitement les remarques désagréables et les compliments dans une même phrase.

            Il envisageait sérieusement la possibilité de chasser l’insupportable hacker de sa chambre à coucher lorsque les mains cuivrées de l’amérindien se posèrent sur sa taille, le guidant doucement jusqu’à ce qu’il se trouve à califourchon sur les hanches de son amant – et puisse constater directement l’effet considérable qu’il lui faisait, malgré ses remarques discourtoises – avant de descendre caresser ses cuisses blanches, se glisser sous la jupe du costume, possessives et taquines.

            ― Merci… souffla le hacker en souriant, et presque contre son gré, Luka lui rendit son sourire, caressant son épaule d’un geste affectueux.

            ― Tu rends difficile de trouver la motivation de te faire plaisir, tu sais ?

            ― Fais Greta la prochaine fois ?

            ― Pas question ! Et je ne suis même pas sûr qu’il y ait une prochaine foi-ah !

            Les mains de son amant étaient remontées sous la jupe, et un pouce aventureux s’était posé sur son pénis, massant la chair qui gonfla sous la caresse, et Luka maudit son propre corps de réagir si bien aux caresses du hacker. C’était sûrement la vraie raison pour laquelle il le gardait en fait : le sexe.

            ― C’est une petite culotte ! s’exclama Kitten.

            Luka rougit et lui frappa l’épaule, à la fois embarrassé et flatté par la note de satisfaction dans la voix de son amant.

            ― Evidemment ! Tu penses que je suis du genre à faire les choses à moitié ?!

            Kitten se contenta de sourire bêtement, et de passer les pouces sous l’élastique du sous-vêtement, tirant sur le tissu qui fit pression sur l’érection de Luka, lui tirant un gémissement entre le plaisir et la protestation.

            ― Doucement, grogna-t-il.

            À nouveau, le hacker sourit, mais il cessa de tirer et, au lieu de ça, passa une main sur le coton fin du sous-vêtement pour poser la paume sur le sexe de son amant, la massant doucement. Soupirant de plaisir, Luka se laissa faire de longs instants, avant, finalement, de se pencher pour attraper le flacon de lubrifiant.

            ― Donne-moi… ah… Donne-moi ta main, fit-il d’un ton qui aurait été autoritaire si le hacker le laissait se concentrer.

            Pourtant, docilement, toujours souriant, l’amérindien détacha celle de ses paumes qui n’était pas occupée à caresser la verge de Luka de la cuisse du shaman et la tendit vers le haut. Rassemblant ce qui lui restait de dignité malgré la stimulation sans merci, Luka ouvrit dans un « pop » sonore le récipient et versa une importante quantité de son contenu sur les doigts fins et agiles de Kitten, et le reste sur sa propre main, avant de jeter la bouteille et de se redresser sur ses genoux.

            Passant l’avant-bras entre ses propres cuisses écartées, il se saisit de la verge du hacker et commença à la masser, l’enduisant de liquide glissant. Kitten, pour une fois, n’eut pas besoin qu’on lui explique ce qu’il devait faire et il cessa de masser le sexe de Luka pour attraper l’élastique de sa culotte, sur ses fesses, et l’écarter sur le côté, dévoilant le sillon entre elles. Le coton recommença à faire pression sur l’érection de Luka et, même si elle dépassait maintenant un peu du sous vêtement, la stimulation restait forte, trop forte pour que ses cuisses, que sa main sur le pénis de son amant, ne tremblent pas un peu.

            ― Tu pourrais l’enlever, grogna le shaman.

            ― Pas question ! protesta Kitten. C’est bien trop sexy que tu sois en cosplay jusqu’aux sous-vêtements.

            ― Ce n’est pas un cospla… ah !

            Deux doigts, glissants de lubrifiant, venaient de s’introduire en lui, et c’était peut-être beaucoup, mais il n’était que vaguement dérangé par l’intrusion, et il voulait déjà plus. Rapidement, et avec une dextérité remarquable – soi-disant due à l’usage des decks, consoles de jeux vidéo et autres antiquités dépassées – le hacker trouva la prostate du shaman et commença à la masser, légèrement, juste assez pour que ce soit agréable, pas assez pour que le plaisir monte trop vite.

            Les yeux clairs de l’amérindien étaient assombris par le désir, et dévoraient Luka avec une faim et une vénération qui, au moins autant que ses doigts en lui, firent frissonner le jeteur de sorts. Arquant le dos pour mieux prendre les phalanges qui s’agitaient en lui, Luka s’appuya sur l’une des cuisses nues de son amant afin de se donner de l’équilibre, et de stimuler son sexe plus fort, plus vite, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus uniquement ses gémissements qui brisent le silence, mais aussi ceux du hacker, jusqu’à ce que Kitten aussi se mette à trembler, et c’était parfait mais en même temps insuffisant, et Luka en voulait plus, plus vite, maintenant.

            Comme s’il avait lu dans son esprit, le hacker ôta ses doigts et, sans cesser d’écarter le coton de la culotte, guida d’une main poisseuse de lubrifiant sur sa hanche – heureusement que Luka n’avait aucune intention de porter à nouveau ce costume ridicule – le shaman au-dessus de son sexe érigé.

            Luka, impatient, se servit de sa prise sur la verge de son amant pour le guider en lui et, d’un mouvement fluide, s’empala dessus, parce que c’était toujours bon, c’était toujours parfait, et l’expression de pure félicité sur le visage de Kitten effaçait à cette instant toutes ses offenses.

            Une fois le jeteur de sort assis sur son bassin, son pénis entièrement en lui, le hacker lâcha enfin sa petite culotte pour repasser la main en-dessous, mais à l’avant, sur son sexe, reprenant les caresses interrompues plus tôt.

            Luka gémit, arqua le dos, et commença à onduler des hanches, un tout petit peu, imperceptiblement, et déjà les très légers mouvements de la verge de son amant en lui étaient divins, lui envoyant des ondes de plaisirs dans tout le corps. Le plaisir semblait partagé, puisque Kitten aussi se mit à gémir, tentant de bouger le bassin pour augmenter le mouvement, la friction, et si Luka avait été d’humeur taquine, il aurait fait durer les choses, mais il en voulait plus aussi.

            Il se pencha en avant, s’appuya sur les épaules de son amant, admirant un instant le contraste entre sa peau blanche et celle, cuivrée, de l’amérindien, puis souleva les hanches. Il sentit le sexe glissant de Kitten frotter contre les parois sensibles de son intimité, et c’était parfait, et il gémit, mais bientôt il se sentit vide, trop vide, alors il le reprit à nouveau.

            La pression de la paume du hacker sur son sexe prisonnier se fit plus importante, plus pressante, l’autre main de Kitten se crispa sur sa hanche, et il le fit remonter sur sa verge, puis descendre, répétant le mouvement, soutenant Luka, encore et encore, de plus en plus vite, de plus en plus fort, sa main sur l’érection du shaman suivant le rythme de ses poussées, ses hanches venant à la rencontre de celles du jeteur de sorts.

            Luka ne sut pas vraiment quand il se mit à crier, mais il cria, le nom de son amant, et des « encore », des « oui plus fort » manquant de dignité mais là tout de suite il s’en foutait tant que Kitten continuait à caresser son sexe, tant qu’il le pilonnait plus fort, oui, comme ça, c’était parfait, c’était divin, et il jouit dans un cri, souillant le poing de son amant et le costume ridicule, entraînant le hacker avec lui, qui grogna à son tour, emplissant le shaman de sa semence.

            Toute prétention d’élégance et de retenue oubliées, Luka se laissa tomber contre le torse de son amant, soupirant lourdement, épuisé mais satisfait, et il sentit l’une des mains du hacker se glisser dans ses cheveux, et c’était parfait, jusqu’à ce que Luka ne réalise avec horreur que non, ce n’était pas parfait du tout.

            ― C’est du sperme ou du lubrifiant que tu es en train de m’étaler dessus là ? fit-il d’un ton acide.

            Il y eut un silence incrédule, puis Kitten éclata de rire.

            ― Tu es parfait !

            ― Pardon ? grogna le shaman offensé.

            ― Je te laverai les cheveux, promis…

            Soupirant, Luka renonça à obtenir une réponse et, de toute façon trop fatigué pour discuter, se laissa aller à profiter de l’instant.  

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            30 - Punishment

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166946147092/kinktober-day-30-punishment-featuring

 

            Maalik savait que Lord Kristoffer allait être furieux. Et le fait qu’il soit contraint de juguler son irritation pour être quelqu’un de « détendu » pendant toute une soirée ne pouvait que l’avoir mis dans d’encore plus mauvaises dispositions.

            Mais ce n’était pas comme si l’ancien prostitué craignait vraiment ce qui pouvait se passer. Lord Kristoffer n’était pas vraiment dangereux, lorsqu’il était irrité. Tout au plus autoritaire, et Maalik devait concéder qu’il l’aimait autoritaire.

            Lorsque la porte s’ouvrit sur le noble, il prit sur lui de ne pas laisser voir son impatience, continuant à agir le plus naturellement possible jusqu’à ce que finalement la voix de Lord Kristoffer résonne sèchement dans le silence.

            ― Déshabille-toi.

            Maalik frissonna, et un autre jour il lui aurait peut-être dit d’y mettre les formes, mais cette fois il y renonça, et obtempéra sans discuter. Sa chemise, puis son pantalon glissèrent par terre, et il fit face à l’autre homme, nu comme au jour de sa naissance.

            Le visage de Lord Kristoffer était neutre, et le noble retira calmement manteau, veston et gants, défit ses boutons de manchettes et remonta sa chemise sur ses avant-bras, le tout sans jeter un seul regard à Maalik. L’ancien prostitué serra les poings, mais s’abstint de toute remarque, restant là à attendre le bon vouloir de son amant, qui s’installa finalement sur une chaise, les mains à plat sur les cuisses, dans une pause tellement relâchée qu’elle respirait la tension – chez lui.

            Cela fait, il jeta un long regard à Maalik, qui prit sur lui de ne pas prendre une pause défiante, et finalement tapota sur sa cuisse.

            ― Viens.

            Sans un soupir ou une marque d’agacement, que le noble aurait plus que mérités, l’ancien prostitué s’exécuta, faisant mine d’écarter les genoux de Lord Kristoffer pour s’agenouiller entre eux.

            ― Non, fit le noble.

            Incertain de la conduite à tenir, Maalik interrogea l’autre homme du regard, et, avec un soupir irrité, Lord Kristoffer ajouta.

            ― Allonge-toi.

            Et, tandis que le noble levait les bras, Maalik s’exécuta, s’installant en travers sur les jambes de son amant, le torse et le ventre en contact avec le tissu doux et coûteux de son pantalon.  

            Une main fraîche se posa sur son dos, caressant sa peau sensible, et il se crispa, parce que Lord Kristoffer était furieux, il le sentait à la tension dans chacun de ses muscles, et il n’était pas affectueux et tendre quand il était furieux. Il était froid et directif jusqu’à ventiler sa frustration dans la débauche et le sexe.

            Pourtant, pendant un moment, il n’y eut que les caresses distraites sur son dos, et Maalik se contenta donc de rester ainsi, immobile, inquiet, dans une position totalement soumise.

            Rapidement, cependant, il sentit le noble bouger derrière lui et se saisir d’un objet – probablement un livre dans la bibliothèque. La conjecture de l’ancien prostitué fut confirmée par le bruit de pages qui se tournaient tandis que la main fraîche continuait à flatter son dos, comme s’il était un putain d’animal domestique.

            Mais il resta là, immobile, tremblant dans l’air frais de la pièce, attendant que le noble lui témoigne son attention, et la paume était brûlante sur sa peau, exigeante, et il sentit son pénis commencer à se dresser lorsqu’un pouce délicat commença à tracer la ligne de sa colonne vertébrale, montant jusqu’à sa nuque, que Lord Kristoffer massa doucement, descendant ensuite pratiquement jusqu’à ses fesses. Son excitation grandit alors que le mouvement reprenait, régulier, d’autant plus excitant qu’il était peu appuyé, et, inévitablement, son pénis gonflé buta contre le tissu du pantalon de son amant, contre sa cuisse.

            Lord Kristoffer s’immobilisa, et Maalik gémit – il le regretta immédiatement. Le noble ne lui avait pas dit de parler.

            Il le sentit, l’entendit poser son livre, et toute la langueur qui l’avait pris sous les caresses de son amant le quitta, remplacée par une tension presque insupportable, presque plus excitante.

            Il laissa échapper un petit cri, de surprise, de douleur aussi, lorsque la main de Lord Kristoffer s’abattit sur ses fesses nues, brutale, sans merci.

            ― Qui t’a autorisé à te frotter sur moi ? fit la voix froide, coupante du noble.

            Comme s’il n’avait pas attendu que ça, à exciter Maalik. Il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il voulait l’exciter. Il voulait que son érection frotte contre lui. Parce qu’il voulait punir l’ancien prostitué, et pas pour une raison aussi futile qu’un rendez-vous manqué.

            ― Pardon, souffla Maalik, parce que c’était ce que son amant attendait et qu’au fond il aimait lui faire plaisir.

            Une nouvelle fois, la main du noble s’abattit, et au-delà de la douleur, présente mais largement ignorable, ce fut le plaisir qui fit trembler Maalik, qui gonfla plus encore son sexe tendu. Et à nouveau, son érection frotta sur le pantalon du noble, et il gémit.

            ― Tu te comportes comme un animal, laissa froidement tomber l’aristocrate.

            Parce que Lord Kristoffer le traitait comme un putain de chat… L’ancien prostitué ne répondit pas, se contenta de laisser échapper un petit cri lorsque la main de son amant frappa à nouveau ses fesses, de plus en plus brutale, sans passer le seuil d’une forme d’érotisme que Maalik était supposé connaître par cœur.

            Ça n’aurait pas dû l’exciter, mais son sexe était rigide, douloureux de tension, et le frottement contre la jambe de son amant à chaque claque était divin. Réduit à l’état de victime gémissante, Maalik ferma les yeux, se prit la tête dans la main, se faisant violence pour ne pas réclamer plus, pour ne pas se frotter à son amant comme une bête en rut.

            Lord Kristoffer frappa à nouveau et Maalik trembla de plus belle, grogna de plaisir.

            ― Et ne salis pas mon pantalon, fit l’aristocrate d’un ton aussi excitant qu’il était glacial.

            Facile à dire, avec la stimulation sans merci contre l’érection de l’ancien prostitué, intensifiée par les claques, l’autre main de son amant, possessive, crispée sur son dos, et la position vulnérable dans laquelle le noble avait mis Maalik, aussi humiliante qu’excitante. Ce dernier savait qu’il ne pourrait pas indéfiniment retarder l’orgasme, et encore moins empêcher quelques gouttes de son sperme couler si le plaisir se faisait trop fort, et il ne pouvait pas bouger, pas alors que la main du noble s’abattait sans merci sur ses fesses.

            ― Pardon… gémit-il. S’il vous plait, pardon…

            Lord Kristoffer le frappa encore. Une fois, deux fois, trois fois.

            ― Pourquoi devrais-je te pardonner alors que tu agis toujours comme un animal en chaleur ?

            Et les claques reprirent.

            ― Je vais vous donner du plaisir. S’il vous plait. S’il vous plait… gémit Maalik sans dignité.

            Un coup. Un deuxième. Un troisième. Le sexe de Maalik était tendu comme jamais, le besoin de jouir s’accumulait, douloureux, dans ses reins.

            ― Et comment envisages-tu de faire ça ?

            L’aristocrate ne cessa pas de frapper, et rassembler ses esprits pour répondre devenait presque impossible pour l’ancien prostitué, qui se fit violence.

            ― À genoux devant vous, comme il se doit, Lord Kristoffer.

            Des claques s’abattirent encore. Trois. Lord Kristoffer était une créature de routine, d’habitudes. Puis les coups cessèrent, et Maalik gémit lorsque les deux mains quittèrent son corps.

            ― Fais-le.

            Maalik ne se fit pas prier. Ses fesses étaient douloureuses, sa peau le brûlait, mais ce n’était rien de grave, l’inconfort serait bref et dès le lendemain il n’y paraîtrait plus. C’était très supportable, même lorsqu’il s’agenouilla entre les jambes du noble, s’asseyant sur ses talons.

            Il ouvrit le pantalon coûteux, sortit le sexe déjà tendu de son amant, et cette simple vision suffit à faire couler le long de sa verge ces quelques gouttes de sperme qu’il avait jusque-là réussi à retenir.

            Ça n’avait manifestement pas échappé à Lord Kristoffer, et le pied nu de l’aristocrate se posa sur l’érection douloureuse de Maalik, exerçant une pression douloureuse.

            ― Tu jouiras quand je te le dirai, fit froidement Lord Kristoffer.

            Maalik gémit mais ne protesta pas, il se contenta d’avancer la tête, de saisir le pénis de son amant entre ses mains et d’en lécher le dessous, sur toute la longueur, tirant un grondement encourageant au noble. Avec tout le brio et toute la virtuosité dont il était capable, il passa la langue, à plat sur la veine pulsante caressant des doigts le dessus du sexe tendu. Se redressant un peu, pressant plus encore sa verge contre le pied de Lord Kristoffer, il insinua sa langue dans la fente à l’extrémité du pénis du l’aristocrate, qui gémit et avança les hanches.

            Docile, Maalik avala le gland, le suça avec application, avec délice même puis, lorsque la main de son amant se noua dans ses cheveux, l’encourageant à faire plus, il le prit de tout son long dans sa bouche, jusqu’au fond de sa gorge.

            Si à une époque il avait pu trouver ça vaguement désagréable, pour l’heure il trouvait ça tout bonnement divin. Mais la nécessité de plaire à son amant – et celle de respirer – le poussèrent à reculer la tête pour mieux le prendre à nouveau, et il s’employa à lui pratiquer la fellation la plus décadente et la plus parfaite qu’il puisse faire, gémissant à chaque fois que le pied contre son pénis tremblait ou se crispait.

            Lorsque la tension se fit manifeste dans le corps de son amant, il se garda bien de reculer la tête : il n’allait certainement pas risquer de souiller le pantalon de Lord Kristoffer.

            Stoïquement, et sans vraiment parvenir à ne pas trouver cela excitant, il avala la semence de son amant lorsque celui-ci atteignit l’orgasme, gardant les lèvres scellées sur son sexe pour ne rien laisser échapper.

            Tremblant, la respiration haletante, l’aristocrate se laissa aller en arrière, ôtant son pied du sexe de Maalik.

            ― Tu peux jouir, fit-il d’un ton indifférent.

            Il n’en fallut pas plus à Maalik, qui saisit sa chemise pour y enfouir son sexe, évitant de souiller le tapis ou le pantalon de son amant.

            L’indifférence du noble, pourtant, était totalement feinte, puisqu’il se leva, prit Maalik dans ses bras, le souleva – avec un certain effort, mais si contenu et contrôlé que son visage ne laissait rien paraître – et le porta jusqu’au lit, où il le couvrit de la couverture.

            Après une tendre caresse sur les cheveux noirs de l’ancien prostitué, Lord Kristoffer se redressa, ferma son pantalon et s’installa à son bureau. L’aristocrate avait construit sa fortune à force de travail, et il veillerait sûrement tard. Maalik était se laissa aller sur les coussins, attendant que le sommeil le gagne.

            Lord Kristoffer le réveillerait s’il avait besoin de lui, mais pour l’heure, il profita de l’endorphine dans ses veines, et du bruit paisible de la plume de son amant sur le papier.

            Heike ne devait jamais apprendre ce qui venait de se passer.

Chapter Text

            31 - Romance

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166975861917/kinktober-day-31-romance-featuring-lauwen-and

            Personnages originaux, dans le setting du RPG Earthdawn       

            TW : très très légères mentions d’abus passés.

 

            ― … Tu sais pas où est Risza ? demanda Idris à l’autre voleur.

            Lauwen le regarda comme s’il était un peu débile, et répondit sur un ton dubitatif.

            ― … Dans sa chambre ?

            ― Non, justement, elle y est pas. Tu penses qu’elle est avec Lir ?

            ― Qu’est-ce que ça peut me foutre de savoir qui dort avec qui ? Je m’en bats la couenne, et tu devrais aussi.

            Idris prit un air dégagé, et Lauwen fronça les sourcils, estimant que c’était louche, comme à peu près tout ce que faisait l’autre Elfe, du reste.

            ― C’est juste que comme Dorelei est pas là… fit finalement Idris.

            Lauwen soupira et leva les yeux au ciel.

            ― OK, j’arrive, c’est bon, je vais dormir avec toi.

            Comme l’autre Elfe restait là à le regarder, et que c’était franchement pénible, Lauwen se leva finalement en soupirant.

            ― D’accord, d’accord, on y va.

            Idris sourit et Lauwen grogna, mais au moins l’autre voleur ne chercha-t-il pas à s’incruster dans sa chambre, et le précéda-t-il vers la sienne qui, comme d’habitude, était en bordel et donnait l’impression qu’un putain de cyclone avait fait la java dedans.

            Lauwen ne commenta pas. Ce n’étaient pas ses affaires. Il se contenta de se débarrasser de ses vêtements et de les jeter… quelque part, ce n’était pas comme si le « où » importait beaucoup ici, impression confirmée par le fait qu’Idris avait adopté sensiblement la même stratégie, et il se laissa tomber dans le lit, le regard rivé au plafond – et même là il y avait du bordel.

            ― Tu es chiant, lâcha-t-il lorsqu’Idris attérit à côté de lui.

            ― Je t’ai rien demandé, fit remarquer Idris.

            Lauwen grogna.

            ― De rien, répliqua-t-il d’un ton acide.

            Un rire de l’autre voleur lui répondit, et Idris se retourna, grimpant sur Lauwen pour s’installer à califourchon sur sa taille, avant de se pencher sur lui et d’embrasser ses lèvres, d’abord doucement, puis brutalement, forçant de la langue le passage entre ses dents pour venir caresser la sienne.

            Lauwen envisagea un instant de se laisser faire passivement, mais Idris était vraiment trop un connard pour ça, alors il releva la tête, tentant de prendre le contrôle du baiser, de retourner Idris, mais les mains de l’autre voleur étaient sur ses poignets et le plaquaient sur le matelas.

            Le cœur de Lauwen manqua un battement, il sentit la panique monter, mais il se fit violence et fixa les yeux d’Idris, se concentra sur leur couleur.

            Verts. Ils étaient verts. Tout allait bien.

            Il prit une grande inspiration, réalisant qu’Idris avait fait une pause, attendant qu’il se calme sans poser de questions, sans porter de jugement, sans regarder Lauwen comme un freak comme tant d’autres avant lui.

            ― Ça va, fit-il doucement, et Idris sourit, avant de se pencher pour l’embrasser à nouveau, et sans libérer ses poignets, hein.

            Lauwen envisagea un moment de lui envoyer son genou dans les parties, mais il était à peu près sûr que l’autre homme s’y attendait, et esquiverait, alors il se contenta de se tortiller sans dignité pour essayer de se dégager, plus par fierté que par réel besoin de prendre le contrôle. OK, Lauwen était pas le mec le plus confiant du monde – il était même plutôt méfiant – mais on s’habituait à tout, et il s’était habitué à Idris, et c’était même plutôt facile, parce qu’Idris le comprenait et qu’il avait l’habitude de le voir faire… ses trucs. Et il s’en foutait.

            Comme Lauwen se foutait des problèmes d’Idris. Enfin pas il s’en foutait comme il s’en battait l’œil, il s’en foutait comme ça le dérangeait pas. De toute façon il fallait bien quelqu’un d’aussi cassé que lui pour comprendre Idris, et vice versa.

            Bref. Il fallait qu’il arrête de cogiter, parce que la cuisse d’Idris s’était insinuée entre les siennes, et non seulement il ne pouvait même plus se tortiller comme un con avec dignité, mais en plus elle frottait contre son sexe, et ça commençait à l’exciter, et ça non plus ce n’était pas très bon pour sa dignité.

            Il grogna et fusilla du regard un Idris qui lui rendit un grand sourire.

            ― T’inquiètes, moi aussi, souffla l’autre voleur et se penchant pour lui murmurer à l’oreille, et effectivement Lauwen le sentait, dur, contre sa cuisse.

            ― T’es un animal, fit-il donc remarquer d’un ton plat.

            ― Et ça fait de toi quoi ? répliqua Idris en faisant pression de sa cuisse sur l’entrejambe de l’autre voleur.

            Lauwen grogna à nouveau, échafauda quelques plans irréalisables pour lui écraser les burnes, et opta finalement pour hausser les épaules d’un air indifférent.

            ― Le mec qui va te baiser, fit-il de son ton le plus dégagé.

            Bon, d’accord, dans sa position actuelle c’était peut-être pas le truc le plus évident du monde, mais il estimait qu’il fallait être ambitieux, des fois, dans la vie.

            Idris pencha la tête sur le côté avec un haussement de sourcil amusé, avant de demander, avec une pointe d’incrédulité dans la voix.

            ― Le mec qui va me baiser ?

            ― C’est ce que j’ai dit, oui. L’âge te fait pas du bien, tu deviens sourd.

            ― Je vois, oui. Et tu comptes me baiser comment ?

            ― C’est simple : tu vas te remettre à califourchon sur moi, et tu vas t’asseoir sur ma bite. C’est pas la position la plus compliquée du monde, même toi tu devrais y arriver. Et n’oublie pas de te lubrifier, conclut-il en essayant de mettre plus de condescendance et moins d’ironie amusée dans son ton.

            Idris le dévisagea un long moment, vraiment incrédule, cette fois, mais éclata finalement de rire, et relâcha une des mains de Lauwen.

            ― Tu sais où est l’huile…

            Hochant la tête, Lauwen chercha à tâtons dans le bordel à côté du lit, tombant finalement sur le petit flacon, qu’il ouvrit du pouce pour en déverser une partie du contenu sur la main tendue d’Idris, et le reste sur son propre sexe.

            Il se retint de glapir au contact du liquide froid parce que, quand même, il avait un fond de dignité (tout au fond), et Idris se montra beaucoup plus stoïque. D’un autre côté, les doigts, c’était beaucoup moins sensible que la bite… Bref ! En ricanant sans charité face à la déconfiture de son aîné – à qui il devait donc respect et… respect – Idris passa un bras derrière son propre dos et, à en juger par ses ondulations à peine perceptibles du bassin, commença à se préparer.

            Ce qui était très sexy, et qui fit oublier à l’érection de Lauwen le mauvais traitement qu’elle venait de subir, ça et le fait que Lauwen s’était mis à la masser, mais pas trop vite quand même pour ne pas jouer les adolescents, parce que bon, c’était quand même… Bref.

            Rapidement, le plus vieux des deux voleurs estima qu’il était assez prêt, et apparemment Idris était du même avis, puisqu’il dégagea sa main, attrapant à nouveau le poignet libre de Lauwen – qui cette fois se laissa docilement faire – pour le plaquer au-dessus de sa tête. S’appuyant lourdement sur les articulations prisonnières de l’autre Elfe, Idris s’abaissa ensuite lentement sur son sexe.

            Il y eut une légère résistance contre le gland, mais Idris insista, et le prit en lui, et il était étroit, et brûlant, et délicieux, et il continuait à descendre, et c’était parfait, et Lauwen chercha ses yeux, pour se concentrer sur lui, pour rester là, parce que c’était important, des fois, d’être normal, et les yeux verts étaient là, et il s’y accrocha.

            Idris releva les hanches, se désengageant presque entièrement. Lauwen grogna de frustration, arqua son bassin, mais Idris imita le mouvement en riant, et Lauwen ne parvenait pas à lui en vouloir, surtout lorsqu’il s’abaissa à nouveau, et c’était bien, oh, c’était parfait, et il en voulait plus, et, merde, il en réclamait plus, et ce n’était pas très digne, mais tant pis, il haletait et il réclamait, et il appelait le nom d’Idris.

            Et Idris ne faisait plus trop le malin, non plus, et il avait accéléré le rythme, il ondulait des hanches comme… un mec franchement indécent, et c’était magnifique, et très très excitant, et Lauwen sentait le plaisir s’accumuler dans ses reins, mais comme il était un mec sympa, il demanda quand même.

            ― Idris… Idris, ça ira ?

            Et l’autre voleur le fixa de ses yeux verts, troublés par le désir, et il répondit.

            ― Oui, oui, OUI !

            Sa semence était chaude lorsqu’elle s’écrasa sur l’estomac de Lauwen, qui s’en foutait pas mal parce qu’Idris se crispait contre son sexe, et c’était parfait, c’était génial, et en fait il était occupé à jouir, et il se répandit dans un cri.

            Le sourire d’Idris était revenu lorsqu’il se laissa tomber à côté de Lauwen et chercha à nouveau sa main.

            ― Merci, souffla-t-il.

            Lauwen ne répondit pas, mais il resta allongé à côté de lui, jusqu’à ce que la respiration de l’autre homme se régularise et qu’il sombre dans le sommeil. Il se tourna, essayant de se dégager pour se lever, mais Idris se tourna en grognant et passa un bras sur ses épaules.

            Lauwen n’aimait pas dormir avec les gens. Il préférait rester seul. Il n’était pas le genre de mec qu’on câline, il était le genre de connard qui se barrait après le sexe.

            Il aurait aisément pu se dégager de l’étreinte de l’autre voleur, et sans le déranger.

            Il soupira et entrelaça ses doigts à ceux de la main qui pendait devant son torse.

            La respiration d’Idris était calme et régulière, et il se dit que, pour une fois, il pouvait bien faire une entorse à ses règles et s’endormir avec lui.

            Le sommeil ne fut, en fait, pas si difficile que ça à trouver.