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Kinktober 2017

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            30 - Punishment

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166946147092/kinktober-day-30-punishment-featuring

 

            Maalik savait que Lord Kristoffer allait être furieux. Et le fait qu’il soit contraint de juguler son irritation pour être quelqu’un de « détendu » pendant toute une soirée ne pouvait que l’avoir mis dans d’encore plus mauvaises dispositions.

            Mais ce n’était pas comme si l’ancien prostitué craignait vraiment ce qui pouvait se passer. Lord Kristoffer n’était pas vraiment dangereux, lorsqu’il était irrité. Tout au plus autoritaire, et Maalik devait concéder qu’il l’aimait autoritaire.

            Lorsque la porte s’ouvrit sur le noble, il prit sur lui de ne pas laisser voir son impatience, continuant à agir le plus naturellement possible jusqu’à ce que finalement la voix de Lord Kristoffer résonne sèchement dans le silence.

            ― Déshabille-toi.

            Maalik frissonna, et un autre jour il lui aurait peut-être dit d’y mettre les formes, mais cette fois il y renonça, et obtempéra sans discuter. Sa chemise, puis son pantalon glissèrent par terre, et il fit face à l’autre homme, nu comme au jour de sa naissance.

            Le visage de Lord Kristoffer était neutre, et le noble retira calmement manteau, veston et gants, défit ses boutons de manchettes et remonta sa chemise sur ses avant-bras, le tout sans jeter un seul regard à Maalik. L’ancien prostitué serra les poings, mais s’abstint de toute remarque, restant là à attendre le bon vouloir de son amant, qui s’installa finalement sur une chaise, les mains à plat sur les cuisses, dans une pause tellement relâchée qu’elle respirait la tension – chez lui.

            Cela fait, il jeta un long regard à Maalik, qui prit sur lui de ne pas prendre une pause défiante, et finalement tapota sur sa cuisse.

            ― Viens.

            Sans un soupir ou une marque d’agacement, que le noble aurait plus que mérités, l’ancien prostitué s’exécuta, faisant mine d’écarter les genoux de Lord Kristoffer pour s’agenouiller entre eux.

            ― Non, fit le noble.

            Incertain de la conduite à tenir, Maalik interrogea l’autre homme du regard, et, avec un soupir irrité, Lord Kristoffer ajouta.

            ― Allonge-toi.

            Et, tandis que le noble levait les bras, Maalik s’exécuta, s’installant en travers sur les jambes de son amant, le torse et le ventre en contact avec le tissu doux et coûteux de son pantalon.  

            Une main fraîche se posa sur son dos, caressant sa peau sensible, et il se crispa, parce que Lord Kristoffer était furieux, il le sentait à la tension dans chacun de ses muscles, et il n’était pas affectueux et tendre quand il était furieux. Il était froid et directif jusqu’à ventiler sa frustration dans la débauche et le sexe.

            Pourtant, pendant un moment, il n’y eut que les caresses distraites sur son dos, et Maalik se contenta donc de rester ainsi, immobile, inquiet, dans une position totalement soumise.

            Rapidement, cependant, il sentit le noble bouger derrière lui et se saisir d’un objet – probablement un livre dans la bibliothèque. La conjecture de l’ancien prostitué fut confirmée par le bruit de pages qui se tournaient tandis que la main fraîche continuait à flatter son dos, comme s’il était un putain d’animal domestique.

            Mais il resta là, immobile, tremblant dans l’air frais de la pièce, attendant que le noble lui témoigne son attention, et la paume était brûlante sur sa peau, exigeante, et il sentit son pénis commencer à se dresser lorsqu’un pouce délicat commença à tracer la ligne de sa colonne vertébrale, montant jusqu’à sa nuque, que Lord Kristoffer massa doucement, descendant ensuite pratiquement jusqu’à ses fesses. Son excitation grandit alors que le mouvement reprenait, régulier, d’autant plus excitant qu’il était peu appuyé, et, inévitablement, son pénis gonflé buta contre le tissu du pantalon de son amant, contre sa cuisse.

            Lord Kristoffer s’immobilisa, et Maalik gémit – il le regretta immédiatement. Le noble ne lui avait pas dit de parler.

            Il le sentit, l’entendit poser son livre, et toute la langueur qui l’avait pris sous les caresses de son amant le quitta, remplacée par une tension presque insupportable, presque plus excitante.

            Il laissa échapper un petit cri, de surprise, de douleur aussi, lorsque la main de Lord Kristoffer s’abattit sur ses fesses nues, brutale, sans merci.

            ― Qui t’a autorisé à te frotter sur moi ? fit la voix froide, coupante du noble.

            Comme s’il n’avait pas attendu que ça, à exciter Maalik. Il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il voulait l’exciter. Il voulait que son érection frotte contre lui. Parce qu’il voulait punir l’ancien prostitué, et pas pour une raison aussi futile qu’un rendez-vous manqué.

            ― Pardon, souffla Maalik, parce que c’était ce que son amant attendait et qu’au fond il aimait lui faire plaisir.

            Une nouvelle fois, la main du noble s’abattit, et au-delà de la douleur, présente mais largement ignorable, ce fut le plaisir qui fit trembler Maalik, qui gonfla plus encore son sexe tendu. Et à nouveau, son érection frotta sur le pantalon du noble, et il gémit.

            ― Tu te comportes comme un animal, laissa froidement tomber l’aristocrate.

            Parce que Lord Kristoffer le traitait comme un putain de chat… L’ancien prostitué ne répondit pas, se contenta de laisser échapper un petit cri lorsque la main de son amant frappa à nouveau ses fesses, de plus en plus brutale, sans passer le seuil d’une forme d’érotisme que Maalik était supposé connaître par cœur.

            Ça n’aurait pas dû l’exciter, mais son sexe était rigide, douloureux de tension, et le frottement contre la jambe de son amant à chaque claque était divin. Réduit à l’état de victime gémissante, Maalik ferma les yeux, se prit la tête dans la main, se faisant violence pour ne pas réclamer plus, pour ne pas se frotter à son amant comme une bête en rut.

            Lord Kristoffer frappa à nouveau et Maalik trembla de plus belle, grogna de plaisir.

            ― Et ne salis pas mon pantalon, fit l’aristocrate d’un ton aussi excitant qu’il était glacial.

            Facile à dire, avec la stimulation sans merci contre l’érection de l’ancien prostitué, intensifiée par les claques, l’autre main de son amant, possessive, crispée sur son dos, et la position vulnérable dans laquelle le noble avait mis Maalik, aussi humiliante qu’excitante. Ce dernier savait qu’il ne pourrait pas indéfiniment retarder l’orgasme, et encore moins empêcher quelques gouttes de son sperme couler si le plaisir se faisait trop fort, et il ne pouvait pas bouger, pas alors que la main du noble s’abattait sans merci sur ses fesses.

            ― Pardon… gémit-il. S’il vous plait, pardon…

            Lord Kristoffer le frappa encore. Une fois, deux fois, trois fois.

            ― Pourquoi devrais-je te pardonner alors que tu agis toujours comme un animal en chaleur ?

            Et les claques reprirent.

            ― Je vais vous donner du plaisir. S’il vous plait. S’il vous plait… gémit Maalik sans dignité.

            Un coup. Un deuxième. Un troisième. Le sexe de Maalik était tendu comme jamais, le besoin de jouir s’accumulait, douloureux, dans ses reins.

            ― Et comment envisages-tu de faire ça ?

            L’aristocrate ne cessa pas de frapper, et rassembler ses esprits pour répondre devenait presque impossible pour l’ancien prostitué, qui se fit violence.

            ― À genoux devant vous, comme il se doit, Lord Kristoffer.

            Des claques s’abattirent encore. Trois. Lord Kristoffer était une créature de routine, d’habitudes. Puis les coups cessèrent, et Maalik gémit lorsque les deux mains quittèrent son corps.

            ― Fais-le.

            Maalik ne se fit pas prier. Ses fesses étaient douloureuses, sa peau le brûlait, mais ce n’était rien de grave, l’inconfort serait bref et dès le lendemain il n’y paraîtrait plus. C’était très supportable, même lorsqu’il s’agenouilla entre les jambes du noble, s’asseyant sur ses talons.

            Il ouvrit le pantalon coûteux, sortit le sexe déjà tendu de son amant, et cette simple vision suffit à faire couler le long de sa verge ces quelques gouttes de sperme qu’il avait jusque-là réussi à retenir.

            Ça n’avait manifestement pas échappé à Lord Kristoffer, et le pied nu de l’aristocrate se posa sur l’érection douloureuse de Maalik, exerçant une pression douloureuse.

            ― Tu jouiras quand je te le dirai, fit froidement Lord Kristoffer.

            Maalik gémit mais ne protesta pas, il se contenta d’avancer la tête, de saisir le pénis de son amant entre ses mains et d’en lécher le dessous, sur toute la longueur, tirant un grondement encourageant au noble. Avec tout le brio et toute la virtuosité dont il était capable, il passa la langue, à plat sur la veine pulsante caressant des doigts le dessus du sexe tendu. Se redressant un peu, pressant plus encore sa verge contre le pied de Lord Kristoffer, il insinua sa langue dans la fente à l’extrémité du pénis du l’aristocrate, qui gémit et avança les hanches.

            Docile, Maalik avala le gland, le suça avec application, avec délice même puis, lorsque la main de son amant se noua dans ses cheveux, l’encourageant à faire plus, il le prit de tout son long dans sa bouche, jusqu’au fond de sa gorge.

            Si à une époque il avait pu trouver ça vaguement désagréable, pour l’heure il trouvait ça tout bonnement divin. Mais la nécessité de plaire à son amant – et celle de respirer – le poussèrent à reculer la tête pour mieux le prendre à nouveau, et il s’employa à lui pratiquer la fellation la plus décadente et la plus parfaite qu’il puisse faire, gémissant à chaque fois que le pied contre son pénis tremblait ou se crispait.

            Lorsque la tension se fit manifeste dans le corps de son amant, il se garda bien de reculer la tête : il n’allait certainement pas risquer de souiller le pantalon de Lord Kristoffer.

            Stoïquement, et sans vraiment parvenir à ne pas trouver cela excitant, il avala la semence de son amant lorsque celui-ci atteignit l’orgasme, gardant les lèvres scellées sur son sexe pour ne rien laisser échapper.

            Tremblant, la respiration haletante, l’aristocrate se laissa aller en arrière, ôtant son pied du sexe de Maalik.

            ― Tu peux jouir, fit-il d’un ton indifférent.

            Il n’en fallut pas plus à Maalik, qui saisit sa chemise pour y enfouir son sexe, évitant de souiller le tapis ou le pantalon de son amant.

            L’indifférence du noble, pourtant, était totalement feinte, puisqu’il se leva, prit Maalik dans ses bras, le souleva – avec un certain effort, mais si contenu et contrôlé que son visage ne laissait rien paraître – et le porta jusqu’au lit, où il le couvrit de la couverture.

            Après une tendre caresse sur les cheveux noirs de l’ancien prostitué, Lord Kristoffer se redressa, ferma son pantalon et s’installa à son bureau. L’aristocrate avait construit sa fortune à force de travail, et il veillerait sûrement tard. Maalik était se laissa aller sur les coussins, attendant que le sommeil le gagne.

            Lord Kristoffer le réveillerait s’il avait besoin de lui, mais pour l’heure, il profita de l’endorphine dans ses veines, et du bruit paisible de la plume de son amant sur le papier.

            Heike ne devait jamais apprendre ce qui venait de se passer.